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L'un des auteurs québécois parmi les plus connus, Claude Jasmin est (ou a été) céramiste, acteur, marionnettiste, critique d'art, professeur d'histoire de l'art (moderne), pamphlétaire, chroniqueur de radio et de télé, peintre (aquarelliste), illustrateur, scénographe de télévision, etc.

Photo Éliane Jasmin

Claude Jasmin fait tout d'abord des textes dramatiques pour la radio, puis pour la télé et pour le cinéma. Il a fait beaucoup de journalisme et il publie un livre nouveau chaque année. Depuis 1960, Jasmin a donc publié plus d'une cinquantaine de livres, des romans et des récits surtout.

Jasmin poursuit encore et toujours l'expérience d'écrire avec ses journaux intimes chaque semaine en publiant depuis plus de sept ans un blogue (carnet) dans son site Web . On trouve ici son avis, ses opinions sur les actualités, des critiques de spectacles, de théâtre, de films ou de télé. En somme, il raconte son quotidien. Il parle de lui mais aussi des autres. Jasmin ne laisse personne indifférent, admirateurs ou contempteurs.

Ici, un grand nombre de textes publiés au fur et mesure: lettres ouvertes, projets de romans, humeurs, portraits, extraits... Voici un raccourci vers la liste de tous les textes publiés dans ce site Web. Vous pouvez aussi laisser traces, les commentaires sur les textes de Jasmin sont acceptés et publiés en autant qu'ils s'en tiennent au sujet et demeurent respectueux.

De passage sur cette page ou de retour, pour le plaisir ou pour le travail (l'école), bonne lecture et bonnes découvertes!

1-Tout, LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 12 octobre 2009

CHATS, AIGLES ET TÉLÉ À TREMBLANT

Me voilà, fin d’un jour, soleil timide et bas, en chemin pour l’Excelsior de l’obligeant Jacques Allard, sa baignoire d’eau « au brome », chauffée… bon, rue Henri-Dunant puis rue Archambault, juste avant de descendre vers le magasin de fer Théoret du Boulevard, à ce carrefour, un chat ! Puis deux, puis trois ! Diable, c’est le spot aux félins ma foi. Je ralentis et cherche des yeux la mère-Michelle de la comptine ! Quoi cela ? Tant de minous en ce secteur ? L’Hallow’een d’avance ! Rue Beauchamp, revenant de ma chère « École-des-p’tits-chefs » je vois souvent le vrai chat. Le simple chat. Celui de nos manuels scolaires de première année à l’image « chat ». Le blanc. Le banal. Ses taches noires aux pattes, au cou, sur la tête. Classique, universel chaton banal comme anonyme. Je le regarde gambader dans les parterres, autour des maisons. Le mage de l’innocence, de l’insouciance aussi car je sais qu’un jour je le verrai écrasé mort en pleine rue.
Mon bain dehors. Je fais la planche et nage « mode renverse ». Dernières saucettes en plein air, je le crains car les haies de l’Excelsior s’assombrissent. Cèdres ou sapins. J’aime, sur le dos dans l’eau, regarder le ciel  et que vois-je, très haut, un oiseau de proie ? Rapace laurentien, croix noire planante au firmament. Pygargue, urubu, crécerelle, effraie des clochers (mots appris à une expo récente là-haut). Non, illusion, je regarde mieux : serai-ce une simple libellule et bien plus proche de mon nez que je crois ? Non plus. Ah !, un vrombissement se fait entendre, c’était un petit avion venant du nord, de type cessna. Comme les aéroplanes de mon enfance, années 1930, traversant le ciel de Villeray. Gamin, rêver d’y monter un jour.
Le lendemain matin, départ pour Tremblant. On m’offre 30 minutes de télé communautaire sauce Cogeco. Raymonde et moi d’abord épatés par les abrupts paysages « au nord de notre nord ». Vives couleurs hissées partout, les Japonais sourient! Là-haut, on tourne en rond, pas d’affiches claires. On  ne verra pas ce neuf Casino où nous aurions risqué quelques « trente sous ». Tant pis. Roulons.  On m’attend dans le (désormais) « quartier » de Saint Jovite. Revoir au soleil d’octobre  la si jolie vivante rue-principale-de-magasins. À une extrémité, le centre culturel et de loisirs pour l’Interview. Hélas,  haute palissade et ruban jaune : Attention ! Travaux, danger ! Entrons. Local lumineux agréable. Rosette Pipar, animatrice accorte et qui écoute bien, c’est rare, m’offre le fauteuil de son confessionnal. Alerte causerie avec trois caméras comme témoins. Le jour de diffusion ? Pas encore fixé. Cette télé modeste est sans carcan aucun ! Bon. Terminé et je sors. Le soleil arrose une jolie cascade, un parc-amphithéâtre comme celui de Sainte-Adèle, à énormes pierres et gazon. Une colline et la rue animée saintjovitienne (sic) avec des allures de fête. ET pas de tIt-minou, nulle part ! Aucun. Même pas le blanc tacheté si banal…

LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 4 octobre 2009

SALUT L’AUTOMNE !

Nous voici donc dans octobre…Mais pourquoi donc tant d’écureuils qui courent d’un trottoir l’autre ? Je les vois traverser sans cesse nos rues ? Si pressés, où vont-ils donc ? J’en vois tous les matins maintenant quand je descend la côte Morin pour acheter chez mon homonyme (Jasmin du IGA) mes gazettes du jour.

J’ai vu d’abord voisin-Jodoin, Jean-Paul, assis (un gamin de 80 berges), par terre, devant chez lui; la chaudière de peinture entre les pattes, brassant sa crème bien beige. Dernière couche sur le déclin de bois pour protéger ses murs des froids mordants qui vont nous siffler dessus ? Dans la rue du Parc-de—la- Famille, revoir cette vieille bellement ridée (c’est beau les rides des femmes !) marchant avec son chien fou, son sac d’épicerie plein. Aussi, qui grimpe la Morin, ce ventru dodu, longue queue de cheval sur le dos ! Le faux cow-boy, faux Clint Eastwood du Sergio Leone. Ne se presse point, regarde partout. Autre matineux re-croisé, Beaupré, descendant en ville, nerveux avec des mines de détective privé, il fume à grosse boucane.

Mes gens. Mon monde familier. Mon village aimé.

Ainsi, ces beaux écoliers, sacs aux dos, qui attendent leur bus jaune au bord du trottoir pas loin du bar La Cachette. La vie de chaque jour. Revoir le chat d’ardoise qui pisse sur un bouleau près du Café à mi-côte. Avec son chien barbet excité au fond des bras, revoir ce jovial nabot, petit colosse roux aux pas agiles. Un matin chasse l’autre et le temps passe.

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Poing-comme-net | 30 septembre 2009

VIVE MIMI PINCEAU !

Êtes-vous, nombreux, de ceux qui, tous les matins, descendent en ville par Christophe Colomb ? Et qui en remontent chaque fin de journée ? Bon. Alors, arrêtez-vous un peu au coin de Marie-Anne. Facile de se stationner par là. Vous ne regrettez pas d’avoir vu ces carreaux de lumière, ces toiles peinturées, grattées, révélées, osées et qui font « chanter la matière » (aurait dit Claude Gauvreau).
Rue Marie-Anne, jeudi, au vernissage, je me suis souvenu d’une autre jeune femme (en une vie antérieure) professeure au collège Marie-Victorin. Elle avait invité à raconter un roman, l’auteur de « La sablière » (« Mario » au ciné de Beaudin) et j’avais aimé voir, constater tant de passion. Maintenant, retraitée de l’enseignement, Lépine, libérée de ses élèves, pinceaux aux doigts, traque ses images. Fenêtres où l’on peut apercevoir des silhouettes humaines dans une nature surréaliste se livrant à des jeux lumineux qu’un Chagall aurait apprécié.

Bravo Mimi !

Il n’y a pas si longtemps, elle installait sur la toile des jardins, pleins de bouquets aux couleurs d’une variété archi généreuse. Mimi Lépine s’enterrait alors volontiers dans une riche flore et cela relevait en effet d’une sorte d’enfermement. Bien que fort décoratif, joli naturalisme, sa manière pouvait déborder en maniérisme car à force de couleurs, on arrivait à l’annulation des couleurs.

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Souvenirs | 29 septembre 2009

ELLE FAIT LE PLUS VIEUX MÉTIER ?

Non, non, elle fait pas le trottoir rue Morin, la petite Turgeon, une sainteeustachoise (sic), maus non, elle fait des céramiques. Métier très vieux. Vieux comme l’histoire du monde, le four, puis le tour du potier, les cuissons des argiles… Oui, un des premiers métiers sur cette terre. D’abord je vois, pas loin de chez moi, une affiche modeste qu’on va suspendre, je suppose, qui traîne par terre. Affiche où je lis :poterie ! Ah, ce mot.

Il y a un demi-siècle j’avais accroché, par ici, devant mon atelier-écurie, une affiche semblable dans la rue du Chantecler. En 1951. Ce fut une banqueroute totale. Et mon retour en ville. Le choc donc. Un l’involontaire retour dans le temps. Et puis me voilà bien content, me disant : cette fois, ça va fonctionner. On est en 2009. Il y a eu évolution. Il y a progrès. Il y a davantage de connaisseurs, non? Je touche du bois pour la jeune Turgeon.

Là, où je vois maintenant des tablettes, un four, des moules, c‘était une boutique où faire dresser son chien, « Bon chien ». On en voyait de toutes les sortes. Des éleveurs promenaient des bêtes marmottant des ordres. Cette petite école de chiens ouvrait (et fermait) selon des horaires fort capricieux et je vois ben qu’il n’en va autrement avec cette boutique-atelier nouvelle venue. J’en ai comme un mauvais présage. Des dilettantes, Marie-Joël Turgeon et Cie ? Artisans-du-dimanche ? Pourtant, me raconte un feuillet, dès l’école secondaire (dans Deux-Montagnes ?) elle gagne une bourse via « arts plastiques ». Mieux : voilà l’élève Turgeon qui a une forte envie d’un tour et d’un four ! Diable : une vraie vocation !

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Requiems, DEVOIR DE MÉMOIRE | 28 septembre 2009

DEUX MORTS TRÈS DIFFÉRENTES

Qui cogne ainsi à ma porte ces jours-ci ? Qui vient troubler la paix des vieillards tranquilles comme moi. Elle, avec sa sale gueule. Elle, la sordide camargue. Elle, et sa grande faucille de merde ! La mort. Elle, avec son lugubre drapeau noir, sa tête de crâne nue, ses os croisés. La putain-pirate des existences. Chaque fois qu’elle vient roder dans nos parages, on se hérisse et on la maudit quand on sait bien qu’elle est la loi. La loi même de la vie. Mais mourir si jeune dans le cas de cette mignonne névrosée, la petite Isabelle Fortier venue de Lac Mégantic, alias Nelly (nom de pouliche !) Arcan. Se pendre ? Se tuer ? Geste fatal, à mon avis, d’un égoïsme total. Lourd mystère pour les gens dans mon genre. Si contents, un matin, d’une modeste fleur sauvage, mauve dense, poussée dans la nuit. Ou du vivant bruissement d’une jolie mésange énervée.

Pourquoi se tuer ? Se taire et compatir, songer à la peine douloureuse des parents. Se tuer dans son chic appartement du Plateau Mont-Royal, tout à l’ouest, côté portugais. Cette jeune fille des Cantons de l’Est, montée en métropole, étudiante en littérature à l’Uqam de jour, call-girl sordide par les soirs, —déjà des besoins pour le bien paraître ?—qui racontera sa chute dans un roman dit d’autofiction, où elle fait des signaux un peu incestueux à son manquant. Ce récit-roman, narré avec un bon talent, va vite s’attirer les voyeurs. De France et de Navarre. Et a fait d’abord s’ouvrir (par l’impudeur, le risque) les portes d’un éditeur parisien prestigieux. Très grand succès de librairie. « Putain » québécoise authentique, hen, alors « Tout le monde monde » en parlera. Ensuite ? Hum… ça roulera moins fort pour les deux autres pontes, « Folle », « À ciel ouvert ». Un troisième ouvrage (« Paradis… ») sortira chez un éditeur d’ici. Sujet : « suicide ». Avec le vieillissement, un sujet de hantise chez elle, disaient des amis attristés. Adieu Paris-prestige? Est-ce la cruelle loi du monde des autosconfessionné(e)s ? Oui.

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Poing-comme-net | 28 septembre 2009

UNE VILLE, LA NUIT

Ma tristesse. Une belle jeune femme, douée pour écrire, éditée au Seuil à Paris, Isabelle Fortier, venant de Lac Mégantic en Estrie, s’enlève la vie ! Tristesse infinie. Couché, j’écoutais le défilé des interminables trains de marchandise derrière ma rue tout au nord d’Outremont. Sorte d’halètement à cadence trop régulière. Dans leurs châteaux du nord, Chemin Ste-Caherine, les grands bourgeois n’entendent pas ça. Que la chouette au chic cimetière dans leur voisinage chéri, les chanceux.

J’était rentré dans Outremont, revenant emballé (et moins riche, c’est cher !) du très fou « concert de mots » (au Monument National). Récital surréaliste de Fabrice Lucchini. Cet acteur parisien, inspiré, lit Baudelaire, ou Rimbaud —n’importe quel auteur— de façon lumineuse. Hypnotisant Lucchini ! Lecteur surdoué de paroles chantées, criées, susurrées, jetées, crachées. Toujours envoûtant, ce bonhomme. À la fin, fracassante ovation, unanimité totale. Le comédien danse, s’incline, se redresse et parade autour de sa salle comblée.

Salle remplie de bons bourgeois bien cultivés. J’étais bien. Ma compagne aussi. Mes voisins d’allée de même. On y est si satisfaits, si proches des Valéry, Hugo, Lafontaine, fantômes aux divers génies, tas de citations emmêlées, la jouissance.

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1-Tout | 14 septembre 2009

CACA-CACO-CACOPHONIE !

Ça va faire dix ans bientôt. Oui, dix ans qu’on a installé partout un mode de communication moderne, foisonnant, éparpillant, démographique. Et démagogique ? Que vous viviez à Sante-Adèle ou à à Milliy-la-forêt ou à Marne-la coquette ( ah ces jolis noms en France !), à Los Angeles ou à Verdun, en un tournemain, un clic de souris, vous voilà à l’écoute d’un autre, connu, inconnu, méconnu) à l’autre bout du monde. Ou dans la rue voisine. Voici venu le règne de l’informatique, tic tic ! De l’étonnant réseau universel…où règne une étrange liberté. Internet. Web. Réseaux. Machine à courriels. Peu importe le nom, s’agrandit davantage chaque jour ce filet (ce « net »), autour de la planète.

L’hiver dernier, je composais un nouveau roman sur un dénommé « Jésus ». À coups de clics —rapides, inouîs, furtifs j’eus des moyens d’apprendre des détails sur son temps, sa géographie, les fruits et légumes, moeurs et coutumes, us et pratiques en cette Palestine. Un clic sur Google ou Wikipédia, incroyables sources, encyclopédies inépuisables. J’étais bien loin de mes pauvres tomes de « L’Encyclopédie Grolier de la Jeunesse », en 1940. Un monde nouveau. Ainsi, une jeunesse (au moins occidentale) n’a plus aucune raison (économique) de se plaindre sur ce rapport. Le savoir. L‘instruction. Servez-vous, ouvrez ce léger portable, cette mallette à écran. allumez. Écran magique avec mille millions de millions de renseignements.

Et puis il y a autre chose encore à l’orée de 2010. Mon sujet justement : désormais tout le monde peut y participer. Ajouter son fion, son avis, une opinion personnelle. À tout propos. L’ouvrière de Saint Jérôme ou l’agent d’immeubles de Mont Tremblant. Des sites « perso » s’ouvrent sans cesse, n’importe qui peut se joindre au chœur. Juger. Complimenter ou maudire. Commenter l’incendie du coin ou l’écrasement d’un avion détourné. Docteur en linguistique, ouvrier sans spécialité, voici venu l’égalité « sur la place publique » tant rêvée par des révolutionnaires. On dit que des amateurs enragés consacrent des heures et des heures chaque jour à jaser, à twitter, à tenter de communiquer. Un vaste balcon de méméring ouvert sur la terre. Un parloir foutoir. Une gigantesque foire d’empoigne. Un marché idiot de commérages. Inépuisable. Ragots, diffamations, hommages, insultes, en vrac ! Certains en sont enchantés : ils ont droit à leur espace enfin, on va les entendre, enfin ils sont édités. Que devient l’importance, l’utilité de cette parole sans contrôle offerte à tous ? De ces avis et conseils venus de vrais génies ou bien d’authentiques crétins ? Impossibilité de vérifier justement la qualité « de celui qui écrit » ? Parole libre donnée aux limiers de l’information comme aux coquins de la désinformation, écervelés.

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES | 8 septembre 2009

AUX PORTES DE « CHEZ SAINT-PIERRE »

Il y eut un matin, comme dit la Bible, où l’on vit Mordorée 1er, mon chat-roi, s’installer droit comme un chat égyptien, à mi-terrain, sur une dalle, pour contempler le paysage. Classe ! Puis, il y eut un mati où Donalda-marmotte se trémoussa sous nos cèdres, cherchant l’Alexis ? Sais pas. Face à ces écureuils, menaces des mésanges innocente, ma Raymonde, Acadienne par sa mère, a pris les grands moyens. La déportation ! À Maurice-Voisin, elle a emprunté son piège-cage. Une noix en guise d’appât, ajustage des portières…et bang ! Le lendemain, une première victime poilue affolée. Au petit matin, on l’a libéré chez Rona-Riopelle. Là, j’ai revu la belle fougueuse Rivière-aux-Mulets. M’sieur le maire, faudrait faire voir mieux ce si beau trésor d’eau, rare en pleine ville, faire enlever ces HÉNAURMES pesées de béton sur le petit pont.

Nous en sommes déjà au cinquième écureuil ! Mésanges ravis. Autre ouvrage : comment corriger l’inclinaison inouïe d’un sorbier qui penche sans cesse vers le sol tout garni de ses petits fruits orangés. Il y eut un matin : je descend la Morin, marchant vers l’entrée d’autoroute pour l’annuel examen-bilan du vieil homme. « Comment vont vos écureuils ? », me jette une dame sur sa galerie. Je raconte la cage. Madame Patry est « de souche » par ici : « Mon père a beaucoup construit un peu partout dont ce resto Quidi Vidi, fraîchement démoli ». On jase au soleil.

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1-Tout, Souvenirs | 4 septembre 2009

UN FANTÔME À OUTREMONT ?

J’aime revenir dans ce quartier d’Outremont que j’ai longtemps habité, rue Querbes et Saint-Viateur. Ce matin-là, je marche dans le parc, ma blonde est à ses courses chez Cinq-Saisons. J’observe les ronds futiles — des gamins qui me fuient — dans l’eau du joli bassin du grand parc.
Ce jour récent, ô canicule terrible !, qui j’aperçois sur un banc ? Lui ? Claude M. Le nez en l’air, sa grosse canne le long de sa jambe, le crâne sous l’abri de paille d’un petit chapeau comique. Lui ? Oui, lui, je ne rêvais pas.
Il y a bien longtemps que je ne crois plus aux revenants. J’avais aimé cet homme, mais il y a si longtemps de ça.
Là, m’installant carrément à son côté, je pouvais revoir, en chair et en os, un disparu. Un mort ! La berlue. Je rêve. Je dis au petit vieillard qui, pas trop surpris, m’examinait en souriant comme jadis : « Veuillez m’excuser de tant vous examiner, m’sieur, mais il y a que vous ressemblez comme deux gouttes d’eau (c’est bien ce qu’on dit, non ?) à un homme à qui je dois beaucoup. Il se nommait Claude Melançon. »

Le petit vieillard retire son chapeau, le pose sur le banc, me fait un sourire tout chaud et, guilleret, me déclare : « Mais je suis Claude Melançon, cher ami. Et je vous reconnais.»

C’était impossible, le père de notre jeune camarade des beaux-arts, Malou, était certainement enterré depuis des décennies. Ce personnage (longtemps haut cadre du CN) était un naturaliste émérite qui publia sur « Les oiseaux de nos arbres » et « Les poissons de nos eaux arbres ». Ce papa de Malou rue Querbes, nous accueillait tous (les aspirants artistes d’une folle bohème) avec une vraie chaleur humaine. Nous l’aimions.

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1-Tout, Poing-comme-net | 27 août 2009

UN JOVIALISTE DÉCONNECTÉ, JOYAL

Cré Serge Joyal, va ! C’est un ex-politicien très ancré fédéraliste, un rare député-ministre car très cultivé, courtois et tout, lisse comme un marsouin quoi. Il lui arrive, retraité d’Ottawa, de pousser un fion, de lancer des idées saugrenues. Ainsi, il faudrait dire de gros  »Mercis » à nos protecteurs-du-français, les anglos! Ainsi, selon le jovialiste [...]

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