Avr 242017
 

Paul oh Paul,!, tu en avais assez et tu t’en vas ? 

Merde, mon cher vieux comédien-resté-enfant, où donc iras-tu installer ta flamme ? Tu brulais. Sans cesse. Avec discrétion. 

D’où sortais-tu, ivre de scène, certains soirs, mon cher Paul Hébert, toi, jadis, en jeune homme aux perpétuelles sourires de bons jocrisses ? Tu avais des manières étranges et neuves, des sortes de poses modestes. Avec une distinction rare, aristocrate théâtreux toujours déguisé, personnage bizarre, intrigant, surprenant, inédit, étonnant, tu m’offrais, décorateur, un Shakespeare au Chantecler-Hotel. Premier théâtre d’été. …. 1er patron donc, comme un faux-boss, discret, retranché, prudent, méfiant aussi, tout enfoui de la tête aux pieds dans tes secrets, avec tes sourires crasses, tes mines de chat malin, ta voix de velours.

Tu étais bienvenue en métropole, cher Hébert venu de la Vieille Capitale, fantôme parmi nous les bohémiens de Montréal, on te disait « oui », on te disait bienvenu, tout le clan métropolitain. Oui à ce grand déglingué, ce Québécois de Québec aux gestes d’un fieffé ratoureux ! Ta voix comme grincharde (sic), engin curieux, voix de grinçements mais si chaude aussi. Ton bizarre accent bien à toi, séduisant. On saluait ce « retour au pays », ce revenu du prestigieux « Old Vic » d’Angleterre. ! 

Ainsi, tu t’en es en allé. Ainsi ?

Adieu donc. Parti: vite, drette, sec, net…Oh Paul, merde, on va s’ennuyer de toi. Dès ton arrivée à Montréal, on avait bien  senti, nous tous dit du « milieu », ce nouvel apôtre fou, allumé, malin, bourré de dons et on t’ouvrait bien grands les bras alors !

À te revoir camarade Hébert ! Haut.

(30)  

Oct 292016
 

 

par Claude  JASMIN

«  Entre dans la lumière Richard Martin, ta mort  toute récente t’indique le passage. Richard, ancien gamin de Notre-Dame du Rosaire, tu lorgnais longuement, la vitrine du pâtissier français en face de l’église, rue Villeray. Je te voyais, tu sais, le fou des milles-feuilles. Tu disais: « Chez nous, on a pas les moyens, ça fait que je les mange des yeux ! »

Un jour, tu était devenu riche, connu, célèbre, toi le petit noiraud fringant, ex-élève chez de Sita Riddez, commandant désormais des textes —dont mon « Procès devant juge seul »— organisant des troupes, mettant souvent à l’horaire du prestigieux « Téléthéätre », des spectacles étonnants. Reviendras-tu en cachette pour nous en causer ? Car, là-bas, dans la splendeur des lumières du pays des morts, on t’invite sans doute à produire des spectacles comme tu les aimais. Avec des textes et des acteurs solides, des décors épatants, des costumes brillants ?

En ce vaste paradis promis, Richard Martin, garde-nous des places et réserve-nous au moins un petit banc, un tabouret, on verra de nouveau de tes mise en scènes originales. Oui, mon Richard, chaud camarade, je t’imagine en des chantiers hors-temps, comme tu étais dans les studios d’ici : l’œil bien allumé, tes gestes d’amour fou du métier, avec ton chiffon de pages écrites que tu agitent.

Entre mon grand mort dans « l’espace-temps » indicible, tuas, n’est-ce pas, gardé ta foi vive, ta dense ferveur, tes élans pleins de génie, tes précises indications au bec, tes regards inflammables, tes décrets de directeur, criés ou susurrés, c’est vrai hein ?, tu as repris ton métier adoré et des anges découvrent ce Richard Martin, dément heureux, au milieu de ces chers comédiens.

Adieu Richard, salut !

(30)

(mon ange Angela) CHAPITRE 9 (?) – C’te lundi 22 déc.

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Déc 222014
 

Notes : vu hier un navet total : « Le maitre de suspense », une horreur de niaiserie visuelle. Des cons, avec nos économies publiques ont financé cette cochonnerie de scénario débile. Puis un bonheur : jacasser avec ma fille. Comme si j’y étais, au soleil, à un rivage de l’Atlantique, en Floride. Surgit soudain à l’écran de mon ordi, merci la technologie actuelle !,le beau jeune prof de musique, Gabriel, petit-fils bien aimé. Et vu aussi mon webmestre, mon gendre. À la télé, vu hier soir, le beau fracas musical de Dan Bigras, le fils de mon ami, feu l’audacieux psychiatre Julien Bigras, le doc et écrivain Ferron me l’a dit : Bigras osait soigner de très dangereux aliénés qu’aucun toubib n’osait approcher ! Ce fut encore un show au dynamisme total. Mais là, faut revenir à ma première blonde.

Notes : ce temps, dit des Fêtes, m’embarrasse. Des cadeaux à faire. Des repas à organiser ? Oui, non ? Inviter, être invité. Ma chère Raymonde devenue très jongleuse : Jacques Boucher, un de ses deux frères, a été hospitalisé et il va pas mieux. Va être ré-opéré peut-être. Pour ses poumons. Téléphones sans cesse. Il y a Marielle, ma quasi-jumelle, ce matin,on l’a libérée de Hochelaga-Maisonneuve. Annulation subite d’une opération. Remis à on ne sait quand, merde. Son désespoir. D’autres téléphones croisés donc. Une étrange préface à ces Fêtes !

Monique Miller, amie de R., distribue des copies de mon compliment écrit pour son anniversaire. J’en suis flatté. Ne pas oublier d’aller voir en 2015, bientôt quoi, cette grande expo sur la Grèce antique et qui « tournera » après Montréal, dans tous les grands musées aux USA. Je lis la vie de Cohen (Léonard), grand et respecté poète et chanteur, né à Montréal. On ira bientôt à un CHSLD de St-Jérôme, pour une sorte de banquet « des pensionnaires », avec la maman de ma bru, Lynn Lapan. J’aime bien cette Denise qui rit volontiers (bon public !) à toutes mes anecdotes, facéties et potins sur les temps de jadis, son monde enfui à elle aussi.

Mon précieux fils de Val David est encore venu ce matin, lundi, mettre à jour mon ordi. Je me demandais ce qu’il ferait depuis qu’il a abandonné sa carrière ( 29 ans !) de designer (de Jeux de société), vaincu par les maudits Jeux Vidéos), Lynn me souffle : « Papi, votre gars s’est mis à la rédaction d’un roman… Oh, oh !

 

Déc 172014
 

 

notes : lectorat cher , pas facile de continuer ce récit. Sans cesse je cherche des…situations ? un lieu, un fait…amoureux, comment « continuer » Ma grande peur de l’échec. De devoir abandonner ANGELA, ce serait quoi ? un avorton de plus. Car il y en a eu en cours de carrière.

Ce tout premier amour, adolescent, en une contrée, le Québec de 1947, en un temps plein de puritanisme ambiant. Triste époque. Bien savoir aussi, et bien me souvenir, des prudences obligées pour ne pas trahir las vérité. Ne pas oublier ce strict moralisme chez les Canadiens-français catholiques (comme on s’appelait) du temps. Une morale omniprésente. Une dictature du clergé présent partout. Une censure (et autocensure donc) fort capricieuse. Avouer aussi ma crainte du péché. Ma crainte d’entrainer celle que « j’aime comme un fou » dans le péché. Mais oui, c’était cela jadis. La découverte inopinée des sens s’imposait comme malgré moi. Oh, le bonheur anticipé —si coupable—, de s’y laisser prendre. Songer en cachette à passer à l’acte. Cela, oh oui ! La masturbation, honte solitaire, onanisme détesté, en compensation adolescente. Envie forte donc de transgresser les tabous répandus, le prêche perpétuel dans nos entourages contre « la chair ». Envie chaque fois, à chaque rencontre, de casser le diktat convenu. « Pas avant le mariage ! »

Août 122014
 

La semaine de « la fierté gaie » s’est terminé et on peut voir le film «  Yves St-Laurent », couturier célèbre, avec droit à mainte séances « physiques » entre des défilés de mode. Les temps changent. Les homos, c’était tabou il y a pas longtemps. EN 1956, Rentrant (pour trente ans ! ) à la scéno de Radio Canada, deux choses. 1-c’est une mini-ONU : deux Russes (dont Nicolas Sologoub qui vient de mourir), deux Allemands, un Hongrois, un Roumain, un Polonais. 2 : J’y découvre une quinzaine d’homosexuels (souvent surdoués) et s’ensuivent des amitiés. Avec confidences, aveux, confessions. Dès 1960, je rédige « le roman d’une passion homosexuelle et je le titre : « Délivrez-nous du mal » —toujours trouvable en biblio.

Je ne suis ni André Gide —« Coriolan »— ni Marguerite Yourcenar —« Mémoires d’Hadrien »— mais je lis dans une revue parisienne, Arcades : « Enfin un tout premier roman franchement homosexuel et, étonnante surprise, il est signé par un jeune canadien-français-catholique du Québec ! »

Les critiques, dont les deux « papes du temps » —J.Éthier-Blais et G.Marcotte— le louangent fort mais l’éditeur René Ferron se désole de voir revenir des boites « non ouvertes » avec : « Nous ne vendons pas cette sorte de littérature ! »

Avant publication, des journaux ébruitent : « Un roman de Jasmin portera sur la question homosexuelle ». Aussitôt des camarades s’inquiètent : « Merde, qu’est-ce tu oses raconter sur nous ? ». Je les rassure. Mon manuscrit fut offert d’abord à Pierre Tisseyre, mon éditeur de « La corde au cou ». Ce dernier le refusa. « Ah non Jasmin !, non, c’est à réécrire, il n’y a pas de chair, on ne les voit pas vraiment en action ! » Étonnement vu que ce Tisseyre « paraît » son jury —oui, oui— d’un aumônier.

« Délivrez-nous du mal » connut un fort bon succès. Tellement qu’un tout jeune cinéaste —Jean-Claude Lord, avec hélas des moyens de fortune en fit un (bien) long métrage Ses deux homos ? Yvon Deschamps —oui, oui !— et Guy Godin. Plus tard, Alain Stanké le rééditera « en poche ». En 2014, « Délivrez-nous du mal » relu, il semblera très éloigné du « brutal » actuel, du vulgaire scandaleux de tant de « quasi-pornos » à la mode. Cela au ciné comme à la télé. Les amateurs de crudités le jugeront trop nuancé car mon roman n’a rien à voir avec le « hard » et fait plutôt voir des sentiments humains avec nuances et délicatesses. Oui, les temps changent.

Dans ma jeunesse, il y avait des sortes de « grandes folles ». Certes rares. Dans mon quartier Villeray un bizarre travesti, au coin de la rue Bélanger, habitait derrière le cinéma Château, un certain Julien dit Juju. Il faisait des « sorties » fulgurantes tous les dimanches après-midi, ricanant, se dandinant dans les files de spectateurs, ultra maquillé, vêtu d’une robe rouge, d’un chapeau rouge, de souliers rouges, muni d’un sac à main… rouge. Silhouette rubescente, toute écarlate et cramoisie et qui surprenait grandement les loustics rue St Denis. Mon père l’avait comme fidèle client de sa gargotte. Je l’entendis un jour, paternaliste naïf : « Juju, Juju, qu’est-ce que ça vous donne de vous déguiser en femme comme ça ? Rien ! Promettez-moi d’arrêter ça, ces folies-là. » Et j’entendis la fausse femme : « Vous avez raison, m’sieur Jasmin, ça me donne rien et on rit de moé, m’en va vous arrêter ça, c’est promis ! » Et le dimanche suivant il remettait ça bien entendu. Oh !, dire encore sur ce sujet, qu’au cinéma Pine, les deux acteurs jouant le couple homo parisien emblématique (dont Galienne en Pierre Berger) dans le film biographique,  « Yves St-Laurent » est vraiment, mais absolument, extraordinaires.

Juin 192014
 

M’imaginerez-vous, amis lecteurs, par ce beau jour de fin de printemps bien installé dans un très « vert jardin ». Un tableau de Gauguin, du célèbre Facteur-Cheval, vrai, présent rue Chambord à Ahuntsic. Oui, un jardin « extraordinaire », cher Charles Trenet. Que de bosquets, d’arbustes, de fleurs, etc. Un patient ouvrage de ma fille Éliane, surdouée ma foi (pas comme son paternel) en botanique urbaine. J’y joue, ravi, ému, le doyen des invités, le pater noster de juin.

C’est la « fête des pères ». mais oui, une convention, pour certains une obligation quand on a tant de griefs —fondés parfois, infondés aussi — avec celui qui « jouait » malgré lui, vaniteux, le pater familias. Juste un paquet de souvenirs pour tant de vieux ou jeunes… orphelins. Ce triste mot. Orphelins volontaires parfois, assumés, suites à une bête chicane ou à une querelle grave. Cela peut survenir dans les meilleurs familles et, alors, triomphe le cri du célèbre inverti, André Gide :« Familles, je vous hais… portes closes, etc. »

En somme, c’est aussi un jour très ordinaire. Un peu tragique, par exemple, si le père est resté dans la patrie d’origine. Réalité, un fait fréquent en nos temps d’émigrations plurielles, si variées. Songe-t-on assez à ces familles cassées, dispersées, réfugiées de mille sortes ?

Eh bien, pour votre chroniqueur favori ce dimanche, rue Chambord, fut chaud et doux. Malgré mes oreilles (pires que faiblardes) j’ai écouté (oui, moi le bavard intempestif) les potins, les rumeurs, les échos…papotages divers communs à ces rassemblements familiaux. Marco, gendre et webmestre, avait cuisiné sur son BBQ, une bouillabaisse de son art (canard et poulet). Le vin rouge, mon copain cher, coulait aux gosiers et le soir se montra avec, hélas, l’heure du départ.

Bon. À quoi ça sert ? À rien. Juste un banal et annuel rappel. Nécessaire. Occasion d’en profiter. J’imaginais en ce si doux dimanche, un peu partout, dans tant de territoires de notre planète, ces millions et millions de petits et grands caucus, lourds ou légers. Avec des millions de « papas » fêtés le plus souvent maladroitement tant, par ici, hélas, les épanchements sont toujours comme encombrants, mal venus. Oui, particulièrement au Québec, au pays des hommes-de-peu-de-mots. Des « taiseux ».

Il y eut l’échange de cartes de bons vœux. Les clichés-mots « imprimés » d’avance et les souhaites écrits, plus sentis. Échange de cadeaux. Alors, dans l’air aimable du soir, entourés de tant de verdures, fusèrent des mots ordinaires, des paroles chaudes, des regards croisés sur des sourires. Des souvenirs nostalgiques. Quelques rires un peu forcés. Quoi ? Eh oui. L’amour par ici souvent bégaie, bafouille, cherche ses mots, Quand ces aveux doux sont des sortes d’obligation dont on n’a à vrai dire, aucun mérite. La réalité : On a pas choisi ses parents ! Il n’en reste pas moins que ces réunions rituelles, imposées, mais oui— sont une belle occasion de rencontres vivantes. Car je connais de « vieux » enfants, qui sont allés voir un très vieux papa, pas en bien bonne santé, à la mémoire (tragédie) enfuie…dans un refuge hospitalier. J’en connais qui sont allés faire un p’tit tour dans… un cimetière !

Je ne l’ai dit à personne mais j’ai eu une pensée attendrie pour celui-là que je fus, ce papa d’ il y a bien longtemps. Un grand con. Avec un grand cœur. Qui ne savait pas trop comment « être un bon père ». Pas d’école, ni manuel pour ce rôle si grave. Aussi, je garde pour moi mes regrets et maladresses de jadis. J’aimais. C’est tout. Cela a servi sans doute à amoindrir mes failles, mes bévues, mes erreurs. J’aimais.

Fév 272014
 

Ouf !, mars et du temps un peu plus doux, malgré tes giboulées habituelles, viens cher mars, installe-toi ! Mais frissons quand je lis mon camarade Foglia : « Quand je me souviendrai plus de mon nom, ni de celui de mes enfants, quand je ne saurai plus quel jour on est, en quelle année, si c’est l’été ou l’hiver, qu’il faudra me faire manger à la petite cuillère, que je passerai mes journées devant la télé, sans être conscient que je la regarde, quand il faudra me mettre une bavette, des couches …j’aimerais qu’on m’aide à mourir ! »

Lire ça et,oui, frissonner si tu as 83 ans. Voilà mon toubib —à qui j’ai donné du sang et de la pisse— au téléphone : « Bravo, j’ai reçu tes résultats; « Impeccable ! » Impeccable mes deux fesses cher Saint-Pierre qui ignore mes satanées courbatures chaque matin. Ensuite lire le brillant cinéaste Costa-Gravas : « Plus de film en marche, non, je tiens à consacrer du temps à mes petits-enfants; tout va tellement vite maintenant et personne ne sait trop où va le monde ni quel genre de vie auront ceux que j’aime qui grandissent aujourd’hui. » Des « papis » inquiets pour ceux qui viennent, je connais bien ça.

Frissonner encore face à ces enfants juifs qui grandissent dans leur ghetto juif sinistre., ici, à Sainte Agathe comme à Montréal où l’État soutient —avec notre argent public— ces misérables « abuseurs liberticides d’enfants juifs impunis. État mou, le Québec, face à ces rabbins juifs fanatiques et irresponsables.

Ai raté, hélas, l’acteur surdoué, Guy Nadon, ses angoissants trous de mémoire face à tout. Face à l’informatique envahissant, dans « Tu te souviendras » d’ Archambault. Et quoi encore ? Voilà l’État (via Hydro) qui veut raser les arbres d’une jolie colline à Saint Adolphe (lâchons ce « d’Howard », Seigneur) pas loin d’ici. Et à St Faustin du Lac Carré (Mont Kaaikop), vouloir détruire une sapinière (de 68 hectares !) raser des arbres de 90 ans ! » Saloperie d’État, d’Hydro !

Me calmer ? Viens beau mars ! Des gens dans mon genre (dont la précieuse Frédérique David) jamais d’accord « avec tout le monde », hein ? Déjà, collégien, quand tout le monde autour de moi (et mon pauvre père) vénérait ce despote, Duplessis, moi et mes amis on le détestait à mort ce tyranneau catholicard aux favoritismes dégueulasses. Aussi avoir voulu m’exiler, à vingt ans, à Pittsburg-la-céramique. Plutôt avoir choisi d’aller divertir les enfants des parcs (de Claude Robillard) avec mon cher Paul Buissonneau; 37 piastres par semaine.

Maintenant, en mars 2014, bien conscient de notre américanisation galopante… brrr ! À notre français « bin magané ». Débat actuel, avec Denise Bombardier, le chroniqueur Benoit Aubin, l’auteur Jacques Godbout, de quoi donc ? Cela : est-ce toujours la faute des « maudits anglais », notre pitoyable français ? Ou bien « NOTRE » faute : crasse paresse, parents et éducateurs mollassons, indifférence suicidaire, ignorance de notre Histoire (enseignée ?) des luttes passées, du bafouement de nos résistances historiques ? Ou ce monde dit « numérique et « mondialiste » ?

Maman jadis nous répétant déjà : « Parlez donc français comme du monde » ! En 1940, le mal était dans le fruit et cela se poursuit : nos humoristes —et autres vedettes du jour— émaillent leurs propos de « tabarnak-d’hostie-de ciboire-de calice ». Démagogues vicieux. Pour faire rire la foule. Je frémis, vous ?

Bon, étale tes jours mon cher mars pour calmer ma douleur.

 

 

Fév 192014
 

Avec une liseuse électronique c’est le vaste choix de lectures et moi qui ignore tout du monde commercial, des affaires, j’ai lu trois « récits de vie » en ce milieu. Cela m’a plu. Je ne veux pas mourir idiot, je lis sur tout, sur la science souvent, je lis même les cahiers «  Affaires ». Ah ! « la vie » de trois célébrités « affairistes », ce fut passionnant.

D’abord Marcel Chaput, fier millionnaire et qui va virer un jour en ultra populaire conférencier; de type jovialiste ! Chaput —un p’tit gars de la rue Masson à Rosemont— m’a captivé par sa franchise, ses succès et aussi ses échecs. Paresseux collégien (chez les Eudistes)et puis, brièvement, élève aux HÉC (édifice situé rue Viger, devenu magnifique biblio des Archives Nationales), le tout jeune Marcel obtiendra d’étonnants succès. Vieilli, il m’a ému : une générosité inouïe pour ses grands enfants entreprenants, un cœur immense.

J’ai lu aussi la biographie de l’un des « Dragons », une étonnante émission de télé, Gaétan Frigon. Des capacités renversantes. Le succès. Il se raconte : d’abord un « p’tit gars » de Saint Prosper (région Trois-Rivières) où le classique « magasin général » de son papa sera son lieu heureux pour s’initier au commerce. Ce gamin surdoué s’y montrera un brillant collaborateur. Apprécié par le papa-proprio. On sait que Gaétan Frigon sera « un as administrateur ». D’abord, en matière de supermarchés —« Provigo »—, puis à la SAQ, machine d’État qu’il transformera radicalement. Frigon ira aussi gérer la « Loto-Québec ». Comme Chaput, il sait raconter avec une verve enjouée et son livre en devient un vrai roman.

Ma troisième lecture : la découverte d’une Gaspésienne hors du commun. Une certaine Cora. Qui ne connaît pas ce prénom célèbre inscrit en lettres solaires aux marquises de plus d’une centaine de restaurants –qui sont de joyeuses échoppes pour « sains » petits déjeuners. Et « goûteux ». Cora est une battante rare. D’abord jeune mère monoparentale, sans aide aucune, d’une résilience exemplaire, Cora débute avec un petit caboulot de 29 places ! Beaucoup d’amour, des talents de cuisinière, une volonté d’acier, rapidement ce sera deux, puis cinq, puis neuf « Cora » qui s’ouvrent.

Lire sa prose enjouée stimule, cette grouillante « mamma » fera aussi les éloges de ses rejetons grandis. Devenus des adjoints précieux. Cette Cora de la Gaspésie est une captivante histoire-de-réussite.

Non, je ne mourrai pas idiot et mes trois bouquins (merci Kindle) m’ont appris sur le réel, le « terre à terre », un monde. Parlant « business », je fais « un appel à tous ». Près de moi, David Jasmin Barrière —petit-fils de votre chroniqueur préféré— se cherche un emploi.  David a étudié la traduction et l’histoire et est fou de poésie. Il a séjourné en Colombie et au Mexique. Son dernier recueil de poésie terminé, il a besoin d’un salaire. Comme recherchiste, rédacteur, traducteur, n’importe quoi. Ami lecteur, engagez-le!  M’envoyer un petit mot à claudejasmin@cgocable.ca. Merci.

 

 

Déc 282013
 

En janvier, au TNM, il y aura, hélas, des « vues » aussi ! Vous avez lu l’article-annonce de la venue, en janvier, d’un nouvel « Icare ». Où ? Au cher vieux théâtre de la rue Sainte- Catherine. Pas encore ça ? Oui, il y aura sur la noble scène des Gascon-Roux-Groulx, des écrans de projection. Une maudite mode et, « littéralement », déplacée. Hue et sus !

Ohé, les Pilon et Lemieux de ce monde : allez donc faire du cinéma ! Débarrassez le théâtre ! Le théâtre est « le » lieu de la pensée et de la parole.

À l’aide de ces écrans, sorte de cinéma (mineur) « décoratif », ce genre de créateur —pas à sa place— montre qu’il méprise l’imagination des spectateurs. Installant son écran sur les planches théâtrales, il fait voir, impose, « son » imaginaire à lui. De tels créateurs, prétentieux et dominateurs, empêchent le libre imaginaire du public, qu’ils bafouent au fond.

Vous jouez dans la mauvaise cour, vous tous, les Lemieux et Pilon. Verrait-on, s’étant rendu dans un salle de cinéma, surgir soudain un pan de décor réel, des acteurs en chair et en os venus se mêler aux propos tombés d’un écran aux images ? Une bêtise, non ?

 

Claude Jasmin,

Écrivain, Sainte-Adèle

Oct 072013
 

Je l’observe de ma longue galerie qui brandit sa scie, si habile de ses mains. Chanceux. Jaloux, je suis. Dès potron-minet, mon Jean-François, juché haut sous la canopée des arbres, « démanche » tout un mur de très vieilles planches. Il les a remiser en ordre, au sol et il grimpe et regrimpe sur son échafaudage, installant de l’isolant. Contracteur fameux retraité (ouvrageant de Baie Comeau à Sorel !), mon voisin Maurice supervise et moi, je reste sidéré par le ballet des mains « ouvrières » de Jean-François. Des mains magiques. Isolation terminée, il a remis en place ce mur « patrimonial », celui du grenier mansardé de cette demeure —selon la rumeur— qui fut la maison du « notaire Le Potiron de l’avare Séraphin selon Grignon.

Je suis toujours épaté quand, dans les rues de mon village, je croise un de ces solides gaillards capables de redresser, d’élaborer, de réparer, de rénover du vieux; ou de construire du neuf, d’ajouter un appentis quelconque, bref, de transformer des « matériaux de construction » en quelque chose qui est utile, parfois essentiel ! Combien sommes-nous dans mon genre, à ne pas trop savoir comment bien réparer une simple clôture, à ne pas savoir ajuster une fenêtre déglinguée ? Autrement dit, à avoir les mains pleins de pouces ?

L’autre midi, chez Rona, cherchant un bout de moulure, je veux expliquer « mon cas » au vendeur… qui me dira : « Suivez-moi en arrière, « votre cas » c’est que vous êtes pas bien équipé ». Je me suis sauvé. Je raconte dans mon tout récent récit, « Anita… » (j’insiste, un « chef d’œuvre » selon Le Devoir) mon admiration de gamin pour Monsieur Lorange qui menuisait des tables et des bancs dans ma cour (pour le futur resto paternel). Dès lors, vouloir devenir —non pas pompier—menuisier. Les mains de M. Lorange, celles d’un : prestigitateur. Mon père qui voulait toujours tout réparer était un misérable bricoleur; les « pattes » cassées se re-brisaient sans cesse et ma mère chialait, écoutant à la radio : « Ah, quel bonheur d’avoir un mari bricoleur ! »

Ces Jean-François —d’ici ou d’ailleurs—, sont précieux à ceux qui entreprennent le moindre des travaux, ils sont d’indispensables collaborateurs. Il y a des matins où je peux percevoir au très loin les bruits des rénovateurs, —oui, moi, le demi sourd.

Ah !, le chant rugueux des scies qui scient, des marteaux qui martèlent, vivants, bruyants concertos « en la-très-majeur ». À chaque visite dans nos parages du Jean-François —qui est un Chartrand de la rue Sigouin— ma Raymonde l’apercevant, va l’alpaguer pour négocier « un prix ».

Travail… bien entendu toujours urgent, que son fainéant de compagnon, moi, ne se décide pas à entreprendre. Je ne joue au paresseux (singe), non, non, la vérité : je suis, comme feu mon papa, un piètre rénovateur, je suis tout juste bon à « menuiser les mots », quoi, chacun son métier, non ?

P.S. : En passant, J.-F., redis à ton jeune, Matisse, qu’il est —je l’ai constaté au bout du quai— « le champion » à la pêche-à-filet. Pour les ménées.

 

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