Août 032016
 

 

La comédienne Louise (Miller) Rémy, vient de nous quitter pour un autre monde (de lumière). Elle était une permanente incarnation de « la douceur », avec ses allures discrètes et pleines de tendresse, avec sa voix, si douce et d’une vraie sérénité, Louise nous faisait entendre une subtile musique.

Comme Monique, sa célèbre sœur, comédienne émérite, Louise est née et a grandi dans le vieux Rosemont d’abord et puis au bord de la Des Prairies dans Ahuntsic. C’était un être discret, parfois timide même, toujours curieuse face à la vie. Questionneuse et à l’écoute généreuse des autres, cela avec une attention bienveillante, solidaire et humaine sans cesse.

Je l’ai côtoyée dans les studios de télé. Très assidument durant deux ans —septembre 1980-juin 1982— puisqu’elle incarnait ma mère, ma chère Germaine. Mon feuilleton « Boogie-Woogie », beaucoup grâce à Louise Rémy, connut un vif succès, un million et demi de spectateurs les jeudis, « mauvais soir » disait-on.

J’offre ici mes sincères condoléances à Monique —sa voisine « d’en bas »(la sœur unique), à ses autres parents, amis, voisins, et à Claude avant tout —un caméraman expert— son fidèle compagnon de vie.

Claude Jasmin

Sainte-Adèle.

Sep 092015
 

Le temps s’avance… le si beau vitrai des feuilles mourantes vient, le froid d’octobre vient lui aussi et ne plus pouvoir nager jusqu’au quai de l’ami. Fini de commérer et de…radoter (?) sur habitus, us et coutumes observés des laurentidiens (sic) des alentours. Cet autre voisin et ses yeux si malades, la jeune femme d’en haut de la côte qu’on entend pleurer sobrement car elle a perdu son emploi, ce gaillard musclé qui part concourir avec espoir, cet enfant —pas noyé au rivage de la mer Égée mais— hospitalisé, à cinq ans ! Cette fillette adoptée qu’on a vu rire hier matin les bras chargés de jouets neufs. La vie, la vie…
Le temps s’avance…Ce cher vieux voisin « à quai », 89 ans, toujours admirateur fou de nos collines, qui perd la voix on dirait, qui cligne des yeux et qui me confie : « J’ai eu une belle vie, mon Claude, et ça me fait rien de m’en aller ! » Pars pas Jean-Paul ! Avec qui irais-je jacasser ? À qui j’irais me confier. À propos d’un frère cadet soudain disparu de nos radars, mystère, qui ne veut plus parler (ni voir) avec personne de ma petite tribu. De ma grande —et vieille— soeur, notre deuxième mère, rue Saint-Denis dans La petite patrie, devenu inapte à tant et qui refuse d’aller en Résidence. Petit drame courant…n’est-ce pas ? Aimer tant notre village ici que ma compagne de vie et moi éprouvons la même hantise: il faudra bien y aller un de ces jours, non ? Oh merde !
Le temps s’avance… les neiges vont redescendre du ciel et nous reverrons ces hordes de jeunesses glissantes, bâtons sous les bras, vêtus d’habits multicolores. Il y a un plus d’un demi-siècle, nous n’avions, enfants Montréalais, que le Mont-Royal —tramway à sept cennes pour un aller-retour, que la Côte des Hirondelles à l’est d’Ahuntsic.
Le temps s’avance, nos testaments sont faits, tout est en ordre pour « ceux qui viennent » mais je garde l’espoir de mourir…à cent ans, riez ! Ou même un peu plus, quoi ?, les nouvelles médicales sont si prometteuses dans nos gazettes, pas vrai ? Un parent cher et très proche —60 ans— m’écrit qu’il s’arrangera pour « partir », avec sa dulcinée du même âge, rendu à 70 ! Oh, ma peine ! J’ai vite expédié un long courriel : « …que je te vois pas, mon sacripant, tu verras, la vie livre encore de sacrés bons moments, malgré tout, malgré les douleurs de dos, ou le souffle devenu rare, où ce coeur qui bat des chamades bêtes, ou l’arthrose qui s’épand partout…et le reste. Oui, l’existence ne cesse pas de nous épater tout jeune ou devenu tout vieux. Des riens : un beau matin clair, un étonnant soir de lumière rare, un petit resto gouteux découvert mal caché entre deuz de nos collines, un oiseau qui reste encore avec nous. Cardinal, hier, ce matin colibri et deux tourterelles tristes. Aussi : un ami oublié qui surgit, un livre épatant ou un film de grand talent, un documentaire étonnant à la télé, à la radio, hier, entendre, surprise, une musique exotique enchantée…
Le temps s’avance… face aux horreurs, réfugiés sans nombre en Proche Orient, au Moyen Orient, face à ce célèbre gamin noyé, non, pas le droit de toujours chialer, de râler. C’est une insulte grave à tous ces malchanceux du sort (géographique) de jouer l’accablé… pour des sottises. Je me suis promis, j’ai pris la résolution de rester optimiste, d’afficher l’appréciation de vivre par ici, de tenter de partager ma joie de vivre avec tout le monde.
Quoi ? Mais oui le temps d’avance et il en est ainsi pour tous, pour l’ado dans sa petite détresse, pour le bambin inconsolable d’un jouet cassé, pour ce vieillard cacochyme qui peste, ne trouvant plus sa belle canne ciselé à pommeau d’ivoire ! Face au bambin couché à jamais sur la grève…silence au moins —pudeur, une p’tite gène essentielle— silence les grogneurs perpétuels ! Vos gueules !

Angela. chapitre 21 (dim. 11 janv)

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Jan 112015
 

notes : il me reste 2 ou 3 chapitres je crois bien. Je songe à tuer Enzio, je songe à un retour en Italie, la mètre veuve mais acoquinée avec ce el Émilio… Angela…il y a que je ne sais trop ce qu’elle devenue. Il y a qu’un jour, les Fasano déménageraient et que ni Angela et bien sûr ni moi, considérés à cette époque, comme des enfants insignifiants, n’avons rien su du projet parental…Ce sera vrai.
Je jongle, je cherche… je suis dérangé, distrait il y a eu cet attentat des désaxés musulmans à Paris. Je songe à la honte des musulmans. La majorité si correcte. Comme on doit songer à notre honte catholiques quand on saigna tant de gens via les inquisitions. Les croisades cathos où on allait, massacrer Maures et Sarrasins, tous des mécréants.
Cela, ces tueries me dérange. à la télé voir ces ces foules en silence…tristesse. .
Je dis à R : « les excessifs attitrent les excessifs !, elle est pas contente , quoi6, il y avait des grossièretés ignobles dans ce magazine que je n’aimais ;pas du tout.
Vrai ou non. Leur « Histoire de la naissance de Jésus » m’avait écoeuré. Bon, je me tais, Raymonde me gronde. TU NE TUERAS PÄS… Ça, c’est certain. Au récit mon vieux, au récit que j’achève.
Mon éditrice Marie- Pierre Barathon chez XYZ-hier : « Claude, si hâte de lire ça votre ANGELA ! Oh !

Juin 192014
 

M’imaginerez-vous, amis lecteurs, par ce beau jour de fin de printemps bien installé dans un très « vert jardin ». Un tableau de Gauguin, du célèbre Facteur-Cheval, vrai, présent rue Chambord à Ahuntsic. Oui, un jardin « extraordinaire », cher Charles Trenet. Que de bosquets, d’arbustes, de fleurs, etc. Un patient ouvrage de ma fille Éliane, surdouée ma foi (pas comme son paternel) en botanique urbaine. J’y joue, ravi, ému, le doyen des invités, le pater noster de juin.

C’est la « fête des pères ». mais oui, une convention, pour certains une obligation quand on a tant de griefs —fondés parfois, infondés aussi — avec celui qui « jouait » malgré lui, vaniteux, le pater familias. Juste un paquet de souvenirs pour tant de vieux ou jeunes… orphelins. Ce triste mot. Orphelins volontaires parfois, assumés, suites à une bête chicane ou à une querelle grave. Cela peut survenir dans les meilleurs familles et, alors, triomphe le cri du célèbre inverti, André Gide :« Familles, je vous hais… portes closes, etc. »

En somme, c’est aussi un jour très ordinaire. Un peu tragique, par exemple, si le père est resté dans la patrie d’origine. Réalité, un fait fréquent en nos temps d’émigrations plurielles, si variées. Songe-t-on assez à ces familles cassées, dispersées, réfugiées de mille sortes ?

Eh bien, pour votre chroniqueur favori ce dimanche, rue Chambord, fut chaud et doux. Malgré mes oreilles (pires que faiblardes) j’ai écouté (oui, moi le bavard intempestif) les potins, les rumeurs, les échos…papotages divers communs à ces rassemblements familiaux. Marco, gendre et webmestre, avait cuisiné sur son BBQ, une bouillabaisse de son art (canard et poulet). Le vin rouge, mon copain cher, coulait aux gosiers et le soir se montra avec, hélas, l’heure du départ.

Bon. À quoi ça sert ? À rien. Juste un banal et annuel rappel. Nécessaire. Occasion d’en profiter. J’imaginais en ce si doux dimanche, un peu partout, dans tant de territoires de notre planète, ces millions et millions de petits et grands caucus, lourds ou légers. Avec des millions de « papas » fêtés le plus souvent maladroitement tant, par ici, hélas, les épanchements sont toujours comme encombrants, mal venus. Oui, particulièrement au Québec, au pays des hommes-de-peu-de-mots. Des « taiseux ».

Il y eut l’échange de cartes de bons vœux. Les clichés-mots « imprimés » d’avance et les souhaites écrits, plus sentis. Échange de cadeaux. Alors, dans l’air aimable du soir, entourés de tant de verdures, fusèrent des mots ordinaires, des paroles chaudes, des regards croisés sur des sourires. Des souvenirs nostalgiques. Quelques rires un peu forcés. Quoi ? Eh oui. L’amour par ici souvent bégaie, bafouille, cherche ses mots, Quand ces aveux doux sont des sortes d’obligation dont on n’a à vrai dire, aucun mérite. La réalité : On a pas choisi ses parents ! Il n’en reste pas moins que ces réunions rituelles, imposées, mais oui— sont une belle occasion de rencontres vivantes. Car je connais de « vieux » enfants, qui sont allés voir un très vieux papa, pas en bien bonne santé, à la mémoire (tragédie) enfuie…dans un refuge hospitalier. J’en connais qui sont allés faire un p’tit tour dans… un cimetière !

Je ne l’ai dit à personne mais j’ai eu une pensée attendrie pour celui-là que je fus, ce papa d’ il y a bien longtemps. Un grand con. Avec un grand cœur. Qui ne savait pas trop comment « être un bon père ». Pas d’école, ni manuel pour ce rôle si grave. Aussi, je garde pour moi mes regrets et maladresses de jadis. J’aimais. C’est tout. Cela a servi sans doute à amoindrir mes failles, mes bévues, mes erreurs. J’aimais.

Sep 022013
 

J’ai un voisin —et ami— Jodoin. Il a été un grand commis-voyageur (une firme en alimentation) et cela, toute sa vie active. Retraité, le voilà métamorphosé en sage philosophant. En autodidacte. Orphelin de père à douze ans, l’adèlois a dû aller sur le marché du travail à seize ans. Il n’a pas pu s’instruire dans nos écoles prestigieuses alors il me parle sans le vocabulaire abscond. Avec son cœur. Il parle vrai. Émergeant du lac en fin d’après-midi, j’aime aller grimper sur son quai de planches pour bavarder avec cet ex-skieur. Sur quoi ? Tout et rien.

Ex-voyageur donc—un million de kilomètres ?— mon Jean-Paul connaît les Laurentides comme le fond de sa poche. Moi l’implanté « dans le nord », je me renseigne. Ses trois enfants grandis et partis du foyer depuis longtemps, il est un esprit libre. Oui cher Vigneault : « tous les humains sont de sa race ». Sa sagesse bonhomme m’est une récréation. Potinage ? Oui mais il arrive que Jodoin aborde des sujets graves : l’horrible corruption, « le » curieux projet Valeurs Q., ce Proche-Orient ensanglanté; son spectre d’intérêts est large dont Paris (tout comme Berlin) s’américanisant avec complaisance, nos jeunes et certains us et coutumes. Si Jodoin est parfois sévère, c’est jamais à outrance, faisant voir la tolérance de ceux qui ont « du vécu ».

Il finira par avoir cent ans et s’il en a vu des « vertes et des pas mûres », il a vécu aussi des joies fécondes comme des chagrins profonds. Héliotrope comme moi, la nature par ici le fait s’exclamer, bronzé, mon Gandhi local, presque tout nu dans sa chaise me répète: « Claude nous avons dans nos collines la chance d’habiter un petit « paradis terrestre » ! Jadis, il a milité pour la cause sacrée c’est à dire « obtenir une patrie pour notre nation » mais, fier patriote, son nationalisme n’empêche pas ses cruels verdicts. Le fanatisme lui répugne. De sa petite voix, (moi, à demi sourd, j’en bave) il peut être cinglant ou doux mais lucide, il se sait « en fin de parcours humain ». Alors, il reste un « spiritualiste » athée (ça existe). La rage ostentatoire d’un certain « clergé d’incroyants » l’ennuie.

Son enfance s’est déroulé, à l’est de la rue Laurier puis à Ahuntsic, dans l’épouvantable religiosité du tyranneau Maurice Duplessis, dans la bigoterie ultra-puritaniste qui —avant 1960— empoisonna nos sources de vie avec le triomphalisme des « rongeurs de balustres ». De nos Pharisiens —condamnés par le prophète Jésus, Jodoin assistera donc à la disparition brutale des « grenouilles de bénitier ». Son sens de l’humour tempère ses colères. Un vrai sage. Si j’aime écouter les enfants, j’estime nos « conversations-sur-le-quai ».

Existe donc un vaste sénat de « vétérans-de-la-vie » et ils sont gardés toujours loin des micros et caméras; les médias, accaparés par les gueulardes tonitruantes éphémères de l’actualité, ignorent les sages. Hélas, à ne regarder que RDI ou LCN on nous plonge dans le radotage, redites et étirages. Par exemple ? le « cas-Mégantic ». Écoeurant de redondances. La plaie des « nouvelles continues » conduit à cela, assommants radotages.

Mais « au bout du quai… » de mon ami Jean-Paul Jodoin, c’est vif, neuf, inédit !

 

 

Fév 272013
 

Une jolie jeune fille (Sarah), vive, piquante, intelligente, une bonne amie de mon petit-fils Gabriel, se trouve à une fête au beau jardin d’Éliane, ma fille, un dimanche à Ahuntsic. Ce fut un choc !, et la voyant s’animer, observant chez elle tant de grâce et de bagout…je me suis souvenu d’il y a plusieurs décennies, d’une autre jolie jeune Juive, Anita fille numerotee_C1Anita. Ma « première blonde », une camarade de cours en céramique.
J’y pense comme ça parfois, car j’éprouve des remords de l’avoir rejetée.
Elle état juive elle aussi, et, bien plus grave, réchappée du premier et du plus grand camp nazi polonais, Auschwitz
Je l’aimais très fort et elle aussi m’aimait, cela dura une dizaine de mois —j’étais interdit d’entrer chez elle, rue Clark et St-Viateur, mystère.
D’autre part tout mon entourage (parents, voisins, amis) me déconseillait de la fréquenter. Race, religion.
À cette époque (1948) un antisémitisme « soft » régnait au Québec comme ailleurs.
J’ai coupé avec elle. Bêtement.
Lâchement même.
Mon livre, « Anita, une fille numérotée » me sert de honte avouée, de défouloir, de regrets. De confession aussi sur ce temps maudit.
J’en ai profité pour narrer « la bohème » de ces années d’avant la Révo Tranquille.
Aussi pour faire connaître cet art méconnu, la céramique. Pourtant métier vieux comme le monde.

 


Fév 022013
 

La lune, je ne l’ai jamais tant vu depuis que je vis « dans l’nord ». Je ne compte plus les soirs, les nuits — et sur les quatre saisons où la charmeuse m’a montré ses charmes, sa blanche lumière. Pourtant la lune se montre partout. Eh bien, mystère, je l’ai vu bien rarement quand, plus jeune, j’ai habité ma vieille rue St Denis, Ahuntsic et puis Bordeaux, enfin, rue Cherrier et rue Querbes. C’est rue Morin que je peux la contempler tant que je veux. Le ciel fascine, c’est entendu et j’ai eu un télescope qu’hélas je n’ai jamais su manœuvrer !
Plus loin que la lune, accès au cosmos bientôt ? Oui et j’i hâte. Écoutez bien ça : il n’y a pas très longtemps, des hommes de science viennent d’envoyer un message vers… Disons, le lointain. Expédié de Porto Rico (à côté !), notre message est parti vers trois soleils proches dans cette constellation. Pourquoi cet envoi ? C’est que nous avons reçu un message, nous, d’abord et, on ne savait pas trop comment réagir, impolis que nous sommes ! Ce message sonore nous arrivait de la constellation du Sagittaire ! Clair que c’est bien éloigné de ma chère lune ! Ce signal venait de gens —humains de quelle sorte, êtres vivants évolués de quelle espèce ?— qui vivent donc hors des planètes de notre galaxie. Un astronome, Jerry Ehman, prof à l’université de l’Ohio, dit que le message a duré 72 secondes. C’est bref mais, attention, Ehman dit qu’il état trente fois (30 ) plus fort que tous les signaux du cosmos de jadis.
Restons aux aguets bien que ce signal envoyé va mettre entre 50 et 150 ans avant de parvenir chez « madame Sagittaire » ! De quoi est-il fait ? Trois choses : 1- 10,000 Twitts, 2- des documents de Geographic magazine, 3- des vidéos de vedettes d’Hollywood ! Afin que nos amis inconnus sachent que ce stock est « intelligent », il ont encodé à répétitions. De ces trois soleils en Sagittaire, il faut savoir que les astrophysiciens —télescope Arecibo— ont pu cibler des planètes habitables comme la terre. Vu ce fort signal de 72 secondes, certains savants espèrent que cette nouvelle tentative —notre 10 ième— sera la bonne. Un rabat-joie parle d’un message venu « d’un trou noir », issu donc d’une collision entre galaxies. Zut
Amis lecteurs, vous avouer que de 1970 à 1975, je fus grand amateur de mondes parapsychologiques. Une passion brève qui m’apportait du plaisir. Le peu de matière « en cette matière »…car on raconte sans cesse les mêmes phénomènes m’éloigna de ces curiosités. Ce signal reçu —hors-notre-galaxie— de 72 secondes, c’est pas rien, m’a comme réanimé un brin ! En attendant un écho venu de Sagittaire, dans nos jolies collines, je me couche très rarement sans regarder le ciel pour saluer dame-lune dans mon coeur, tout reconnaissant pour sa lumière envoûtante. Elle m’est un vrai baume quand un ami meurt. Tel, cette semaine, l’époux de « la grande Françoise », mon vieil ami du Lac Marois, Jean Faucher. Que « La lumière des Lumières » reçoive son âme !

Mai 012012
 

 

 

Il n’avait pas vingt ans en 1963 ce jeune blond trouble-fête venu d’Ahuntsic qui jouait au pitre populaire dans la dernière rangée de l’amphithéâtre de l’Institut des Arts appliqués. Là où je tentais d’enseigner l’Histoire de l’art moderne. Partout on entourait ce brillant trublion, on l’admirait et je devrai reconnaître ses talents le jour où je le surprendrai à m’imiter cruellement dans un couloir juste avant mon cours. J’avais ri.

Tout jeune, Jean-Guy Moreau —qui vient de partir pour rejoindre Serge Grenier au Paradis promis— voulait se faire potier ! Il était donc à l’IAA, étudiant en céramique. On pouvait déjà prévoir un jeune artisan « comique » dans son futur atelier de tourneur de pots. On sait bien qu’avec ses amis d’Ahuntsic (Charlebois et d’autres), Moreau abandonnera vite l’argile pour plutôt « modeler » d’étonnants portraits.

Ses dons, parfois renversants, vont le conduire à une puissante renommée, incontestée, dans le domaine de l’humour québécois. Sa galerie de figurines bien vivantes —hors de la glaise cuite et figée— lui mérita, et très rapidement, une très solide réputation. Une gloire même et qui va durer longtemps.

Ensuite Moreau, sorte de prestigitateur renversant à l’occasion, marionnettiste épatant, traversera, les décennies défilant, des hauts et des bas. De jeunes bougalous le bousculeront, c’est fatal. Peu importe, ce « sculpteur en éphémérides » —et c’est la cruelle loi du genre— restera dans les mémoires. Moreau a su dépasser l’imitation étant très capable de créer, d’articuler, de mettre e scène, de brèves pièces dramatiques autour de ses « personnages ». Ses « victimes », dont l’ex-maire Drapeau, étaient flattés alors de faire partie d’une vaste galerie bien désopilante, aux sketches intelligents allant bien au delà de la simple caricature.

Claude Jasmin

(écrivain et ex-prof à l’IAA)

Déc 112010
 

Lettre ouverte publiée dans La Presse, 11 décembre 2010

TOUTES LES SOUTANES DANS LE MÊME SAC ?

          Les curés, les « frères », tous les ensoutanés de jadis : des pervers sexuels, pédophiles dangereux ? Bon, bon. Ça suffit les zélotes du fondamentaliste athéiste, chers anticléricalistes aveuglés, acharnés, repos ! La vérité : collectivement nous devons manifester aux enseignants de jadis une immense reconnaissance. En toute justice, sans aucune honte

        Officiellement on fit qu’il y a eu 7 % de pédophiles, donc, il y a eu 93 % de prêtres et de religieux enseignants qui se sont dévoués généreusement à ce vaste ouvrage pédagogique, mal payés, sans vrai prestige le plus souvent. Certes avec plus ou moins de talent pédagogique. Ces innombrables vaillantes troupes d’hommes en soutanes sont ces temps-ci collectivement salies par ce malheureux 7 %. Le temps est donc venu de stopper la diffamation généralisée des enseignants religieux, une entreprise malveillante,un ouvrage maléfique, entretenu par certains laïcistes fanatiques.

      Hélas, nous sommes nombreux à nous taire, intimidés par la mode du jour : le vice répandu partout. Allons.  Plein de Québécois se taisent peureusement face à ce déferlement, à cette infâme généralisation.

        Ce « tous les curés  dans le même odieux sac » accable des gens âgés ayant consacré une vie en dévouement. Toute une existence à enseigner aux enfants du peuple Québécois,  sans aucune discrimination. Je souhaite entendre, lire quelques témoignages de reconnaissance désormais. Innombrables sont ces anciens gamins qui ont une dette d’honneur envers des religieux enseignants, dont des pédagogues absolument merveilleux. Il faut les nommer. En toute justice. Il faudrait pour chaque mille dollars arrachés à une congrégation accusée, verser « neuf fois » cette somme, cela  correspondrait en toute équité à ce 7% de vicelards versus ce 93 %  d’intègres religieux.

       Pour ma par je dis « merci » aux dévoués Clercs de Saint Viateur de ma « petite école », rue De Gaspé dans Villeray (frère Foisy, frère Carpentier, salut !); comme je dis « grand merci » aux Sulpiciens du collège Grasset (Père Amyot, père Legault, salut !) à Ahuntsic. J’invite mes compatriotes à ne plus se taire face à l’actuelle mode de déclamer : « Tous les ensoutanés furent d’horribles vicieux ! » Malgré notre très vive solidarité et sympathie aux malheureuses victimes du 7%, proclamons que ce 93 % du clergé enseignant formait  une aide indispensable pour nous tous, écoliers des masses laborieuses. Osons nous lever pour les en remercier chaleureusement.

(30)

MOURIR À SAINTE ADÈLE, P.Q.

 1-Tout, LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES  Commentaires fermés sur MOURIR À SAINTE ADÈLE, P.Q.
Jan 102010
 

Il y a des chansons sur mon village : « Dans l’train pour Sainte-Adèle, tchou, tchou » du géant Félix. Celle de Ferland, « P.Q. ». Et d’autres encore. Jeune, ce lieu était comme mythique. Avec la radio, et la télé plus tard, le prolifique  Grignon, le premier, contribua fortement à « mettre sur la carte » ce village laurentidien (*) entre Saint Jérôme et Saint Agathe, juste au nord du dynamique Saint-Sauveur. Ceux qui estiment ma prose à La Vallée voudront sans doute me retrouver avec ma vie racontée quand j’étais petit garçon et puis gamin intrépide aux (hélas !) mauvais coups flagrants, enfin en adolescent romantique comme nous le sommes tous à cet âge, tourmenté par un avenir imprécis.

Ces fidèles croisés dans nos rues et qui me disent apprécier mon écriture voudront (chez un Renaud-Bray par exemple) se procurer « Enfant de Villeray ». Livre de poche pas cher frais sorti des presses. Ilustré de 25 portraits (parents et gens du quartier) dessinés de ma blanche main ». « Toute enfance est un roman », a-t-on écrit. « Enfant de Villeray » est mon autobiographie. Ma jeunesse. À la dernière page, c’est septembre 1951, je dis adieu à Villeray et à ma mère qui a les yeux pleins d’eau sur le balcon de la rue Saint-Denis. Je pars pour Sainte Adèle.

Est-ce que je vais y mourir, l’âge est arrivé pour me poser la question. Quand je songe à 1951, je revois l’époque des jobs d’étudiant. En milieu modeste, les ados cherchent des emplois d’été. Je serai « planteur » dans un bowling, puis emballeur dans un marché Steinberg rue Saint-Hubert. À coté du ciné PLaza où le remuant Norman Bratway (né dans ce coin !) enregistre « Belles et bommes ». Avant Sainte Adèle pour organiser mon atelier-écurie, j’aurai appris, rue Clark,  à démonter les parapluies (Brophey Umbrella), rue De la Gauchetière, à assembler des sandales de plastique ( Smith’s shoes). Je fus refusé chez KIK COLA rue Villeray, mais interrompant monsieur Laroche, directeur d’un Business College voisin, qui causait avec monsieur Lapierre, gérant chez « Seven Up », j’obtiendrai son « oui » et j’allai corder des caisses par rangés de douze de haut ! Hasard ? Quand « Seven up » fermera, c’est feu M.Laniel, mon voisin de Sainte-Adèle qui ouvrira là son « Laniel’s amusement. »; un Jean Coutu actuellement. Les fils de richards, comme Elliott Trudeu, ne s’éreintent pas trop, font du canotage derrière Morin Heights, ou villégiaturent à Ogunquit.

Je recommande aux parents ces jobs d’été, le jeune y découvre la vie du plus grand nombre, l’existence rude de la majorité. À seize ans, à dix-huit ans, j’ai pu m’humaniser et comprendre le terrifiant réalisme du populo. En fabriquant des « fudsicles », sorbets variés,  chez Lowney’s, usine devenue une jolie bibliothèque rue Lajeunesse, à Ahuntsic. Ou en fabriquant, rue William, des bustes de papier-maché pour les vitrines de la PLaza. Sainte Adèle, son centre d’art, allait me délivrer de ces pénibles emplois. Je rêvais. Même Picasso aurait honte de ses céramiques made in Vallauris. Je rêvais beaucoup à la fin de mon enfance dans Villeray (Michel Brûlé, éditeur).

* j’écris « laurentidien » désormas car « laurentien » s’est toujours appliqué à tous les habitants de toutes les vallées du fleuve Saint-Laurent; cela de Gaspé à Gatineau, n’est-ce pas ?

C.J.

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