Fév 102017
 

 

Il y a déjà presqu’un demi-siècle, un soir de 1968, une bombe éclate en pleine Avenue des Pins. Sur cette petite scène du théâtre de Quat’Sous, Avenue des Pins, éclate donc de neufs jeunes talents. Show avec des chansons effrontées (la torrentielle Louise Forestier) des dialogues fous (le grand démonté Robert Charlebois) et un culoté fort insolite qui soliloque ( l’efflanqué Yvon Deschamps).

Le public est sur le cul, éloigné très brutalement des vieux classiques (TNM, Rideau Vert, etc.) et va naître un curieux nouveau « classique » : Ostidshow. 1968 et je venais de publier, (chez le Parti-Pris de Gérald Godin) en patois jargonnique bien d’ici : « Pleure pas Germaine ». Bang !, critiques négatives très raides partout pour ce roman qui deviendra pourtant un « classique québécois ». Sera réédité sans cesse (chez L’Hexagone). Québec en « révolution tranquille » se poursuivra partout et vint donc cette bombe que fut l’ « Ostidshow ». Alors, le triste orphelin de Gélinas (« Fridolin ») ne régna plus seul, le vieux « Séraphin » de Grignon était distancé, ce pauvre livreur à vélo, (Raymond Lévesque), ce timoré « Médé » de Marcel Dubé, serait vengé.

Les héros nouveaux vont s’assumer, vont parler cru, blasphèmeront parfois car ce Canada-Français voulait s’épivarder, s’affranchir, se libérer à jamais et il le fera, carrément se révoltera. D’abord au petit « Quat-Sous », dans ce texte devenu aussi un classique. L’Ostidshow fut un cruel miroir, très gênant, une franche glace sans tain braquée sur nos catholiques populations intimidées.

Ce misérable gringalet de St-Henri (Yvon Deschamps), va nous « cracher à la figure » toutes nos « aliénations nationales », il va se démasquer du « colonisé québécois » dominé. Cette virulente catharsis nous sera bénéfique. Ostidshow, oh oui; ou « ainsi débuta notre délivrance ».

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Jan 132015
 

Chapitre dernier, Angela :

Notes : enfin un ciel bleu. Enfin le soleil. Ce massacre des caricaturistes continue de remplir les pages des gazettes.
Et, enfin, je lis de graves reproches à ces déboussolés dessinateurs. Le mot « immondes charges  » est publié. Je me sens moins seul. La « rectitude conne » se corrige un peu. Oui; j’ai raison : les excessifs attirent les excessifs ! Certes le TU NE TUERAS POINT reste fondé.
Je conduis mal, le pare-choc (de plastique) de notre Honda s’est arraché, maudit banc de neige avec glace dedans . Dans lequel j’ai foncé…Grand toto », va ! me dit Raymonde. Elle a raison. Je fais tout trop vite.
Je vais rédiger « LE » dernier chapitre. Ce déménagement subit m’est advenu lors de mon « premier amour ». Même choc à revivre…à l’encre, non au clavier d’ordinateur ! .,
J’étais si jeune alors. . Tout réviser ensuite (23 chapitres) maintenant et hop, chez XYZ.
Rester sans projet va me reposer. Mon dernier récit ? Probable.

NOTE DU WEBMESTRE:

L’AVENTURE EST TERMINÉE. LES ABONNÉS À CE SITE ONT PU LIRE LE BROUILLON DU RÉCIT AU FIL DE SON ÉCRITURE. LES TEXTES SONT MAINTENANT RETIRÉS AFIN D’EN PERMETTRE LA RÉVISION, LA RÉÉCRITURE ET L’ÉDITION.

29 janvier 2015

(mon ange Angela) CHAPITRE 9 (?) – C’te lundi 22 déc.

 Angela  Commentaires fermés sur (mon ange Angela) CHAPITRE 9 (?) – C’te lundi 22 déc.
Déc 222014
 

Notes : vu hier un navet total : « Le maitre de suspense », une horreur de niaiserie visuelle. Des cons, avec nos économies publiques ont financé cette cochonnerie de scénario débile. Puis un bonheur : jacasser avec ma fille. Comme si j’y étais, au soleil, à un rivage de l’Atlantique, en Floride. Surgit soudain à l’écran de mon ordi, merci la technologie actuelle !,le beau jeune prof de musique, Gabriel, petit-fils bien aimé. Et vu aussi mon webmestre, mon gendre. À la télé, vu hier soir, le beau fracas musical de Dan Bigras, le fils de mon ami, feu l’audacieux psychiatre Julien Bigras, le doc et écrivain Ferron me l’a dit : Bigras osait soigner de très dangereux aliénés qu’aucun toubib n’osait approcher ! Ce fut encore un show au dynamisme total. Mais là, faut revenir à ma première blonde.

Notes : ce temps, dit des Fêtes, m’embarrasse. Des cadeaux à faire. Des repas à organiser ? Oui, non ? Inviter, être invité. Ma chère Raymonde devenue très jongleuse : Jacques Boucher, un de ses deux frères, a été hospitalisé et il va pas mieux. Va être ré-opéré peut-être. Pour ses poumons. Téléphones sans cesse. Il y a Marielle, ma quasi-jumelle, ce matin,on l’a libérée de Hochelaga-Maisonneuve. Annulation subite d’une opération. Remis à on ne sait quand, merde. Son désespoir. D’autres téléphones croisés donc. Une étrange préface à ces Fêtes !

Monique Miller, amie de R., distribue des copies de mon compliment écrit pour son anniversaire. J’en suis flatté. Ne pas oublier d’aller voir en 2015, bientôt quoi, cette grande expo sur la Grèce antique et qui « tournera » après Montréal, dans tous les grands musées aux USA. Je lis la vie de Cohen (Léonard), grand et respecté poète et chanteur, né à Montréal. On ira bientôt à un CHSLD de St-Jérôme, pour une sorte de banquet « des pensionnaires », avec la maman de ma bru, Lynn Lapan. J’aime bien cette Denise qui rit volontiers (bon public !) à toutes mes anecdotes, facéties et potins sur les temps de jadis, son monde enfui à elle aussi.

Mon précieux fils de Val David est encore venu ce matin, lundi, mettre à jour mon ordi. Je me demandais ce qu’il ferait depuis qu’il a abandonné sa carrière ( 29 ans !) de designer (de Jeux de société), vaincu par les maudits Jeux Vidéos), Lynn me souffle : « Papi, votre gars s’est mis à la rédaction d’un roman… Oh, oh !

 

Déc 172014
 

 

notes : lectorat cher , pas facile de continuer ce récit. Sans cesse je cherche des…situations ? un lieu, un fait…amoureux, comment « continuer » Ma grande peur de l’échec. De devoir abandonner ANGELA, ce serait quoi ? un avorton de plus. Car il y en a eu en cours de carrière.

Ce tout premier amour, adolescent, en une contrée, le Québec de 1947, en un temps plein de puritanisme ambiant. Triste époque. Bien savoir aussi, et bien me souvenir, des prudences obligées pour ne pas trahir las vérité. Ne pas oublier ce strict moralisme chez les Canadiens-français catholiques (comme on s’appelait) du temps. Une morale omniprésente. Une dictature du clergé présent partout. Une censure (et autocensure donc) fort capricieuse. Avouer aussi ma crainte du péché. Ma crainte d’entrainer celle que « j’aime comme un fou » dans le péché. Mais oui, c’était cela jadis. La découverte inopinée des sens s’imposait comme malgré moi. Oh, le bonheur anticipé —si coupable—, de s’y laisser prendre. Songer en cachette à passer à l’acte. Cela, oh oui ! La masturbation, honte solitaire, onanisme détesté, en compensation adolescente. Envie forte donc de transgresser les tabous répandus, le prêche perpétuel dans nos entourages contre « la chair ». Envie chaque fois, à chaque rencontre, de casser le diktat convenu. « Pas avant le mariage ! »

Déc 092014
 

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Jeunes d’aujourd’hui (et moins jeunes ?) rendez-vous à 18 h., tous les jours, (avec reprises à midi, le lendemain) au canal ARTV. Dès lundi prochain 15 décembre, je veux vous raconter la modeste existence d’un collégien du quartier Villeray. On va rediffuser (en rafale) mon feuilleton, une autobiographie, illustrant la « petite bourgeoisie » de cette époque. Dite « d’après-guerre ». La vie d’un monde de condition modeste : mes parents, l’excellent Jacques Galipeau en papa, petit restaurateur et maman avec l’inoubliable feu-Gisèle Schmidt. Aussi mes sœurs, Louise Laparé, Christiane Pasquier et la très drôle « benjamine », incarnée magistralement par » Louise Rinfret. Ce sera aussi les portraits hilarants des voisins, rue St-Denis, aussi mes « blondes », des « zoots-zoots », des camarades du collège aux prises avec les sévères Sulpiciens. J’avais pris grand plaisir, en 1975, à peindre ce florilège (1948-49) et j’espère un plaisir partagé. Vous allez découvrir des « us et coutumes » disparus. Ces images furent composées avec grand soin par feu-Florent Forget. Je me souviens des recherches (des costumiers) dans de vieux catalogues de chez Eaton ! Le jeune Vincent Bilodeau, frais diplômé, s’est plu à me ré-incarner en grand dadais vaguement rebelle à la recherche de flirts. Bilodeau s’amusa à rencontrer mes « vieux », à jouer dans mes anciens décors.

Ma série fut rediffusée avec succès d’abord en 1980 et une autre fois en 1990. Cette troisième rediffusion par Radio-Canada (que le régime conservateur de M.Harper veut amaigrir) fait bien comprendre le côté « documentaire ». En effet, ce marchand de glace criard —« Glace en haut ? Glace en bas ?— , ce maraicher ambulant de ruelles —« On a des carottes, des radis, de la belle rhubarbe » !— ce cordonnier de la rue Drolet (Pascale Colliza), ce petit épicier (M. Bourdon, toujours là, rue Chateaubriand), etc., forment une fresque désopilante des petites gens d’un monde aujourd’hui disparu.

À lundi donc. À six heures comme on disait jadis ?

 

Claude Jasmin, écrivain, Ste-Adèle

 

Pour plus d’information sur cette rediffusion de La Petite Patrie, cliquez ici

Août 142014
 

Je suis un mourant —mais oui, nous le sommes tous, depuis la naissance, n’est-ce pas ?— qui, en relative bonne santé, veux s’en aller à cent ans ! Viennent certains moments où, réfléchissant, certains se sentent très seuls. Tout jeune, dans ma modeste « petite patrie », j’étais « à part ». Mes parents s’en inquiétaient et des camarades s’éloignaient. Je ne ressemblais pas à la plupart de mes camarades, de mon quartier, de mon collège, tout le monde aimait… ce que moi je méprisais. C’est toujours lourd à constater.

Avez-vous connu cela ? La masse de mes concitoyens vénéraient des choses —des faits, des us et coutumes— pour lesquels je n’avais aucun intérêt. Souvent même, du mépris. Déjà, à quinze, à vingt ans, nous étions ainsi, quelques uns, des étrangers dans notre propre pays. Aucune vanité, croyez-moi, au contraire, une certaine inquiétude. Alors, souvent, je feignais du plaisir, par crainte d’être rejeté, rire jaune alors que je m’ennuyais ferme des populaires ferveurs de mes alentours. Avez-vous connu cela, jeune ? Cette solitude que l’on masque, ce jeu hypocrite d’applaudir à ce qui nous laisse de glace, en vérité ? Tas de secrets que l’on refoule, que l’on déguise, que l’on renie. Juste pour « rester parmi les autres », pour appartenir à sa bande, sa nation, sa société (la Québécoise). Cela se nomme l’instinct grégaire, vieux besoin de ressembler à tout le monde. C’est plus fort que tout, alors on se tait. On fait « semblant » car personne n’aime la solitude.

J’ai applaudi, lâche, à bien des niaiseries, histoire de ne pas me singulariser. En ce moment même, ouvrez bien les yeux, se trouve, à vos côtés, un jeune qui ment, qui triche, qui rit faux, qui mime une mode. Souvent c’est un jeune —votre enfant, un neveu, un petit-fils, votre jeune voisin— qui se masque. Cela juste pour faire partie « du monde ». Le poète se joint aux cohortes : monde du sport, monde des loisirs, monde des conventions communes qu’il maudit. Eh oui, il refoule, il cache, il fait le pitre, hurlant avec les loups, camouflant son dépit, se faisant passer pour « quelqu’un d’ordinaire », de normal, de banal. Cette crainte viscérale que l’on sache qu’il n’appartient pas aux utopistes. « Voyons, maman, papa, oncles, tantes, voisins, copains, ne craignez rien, je suis comme les autres. Malheur à la tête forte ou à l’homosexuel, au socialiste ou au croyant en cette époque d’athéisme mou. » Vouloir être pris pour un membre solidaire du commun des mortels. Tristesse ? Oui. C’est «  la dure loi des hommes ». J’étais si seul même quand je m’agitais à dix sept ans, frénétique, hâbleur, en boogie woogie. Adolescent brûlant au fond de moi de feux interdits, secrets, avec des idéaux fous. Autour de toi, pauvre original, c’est plein de «  fous du hockey », ou fous du bruit con des rockeurs, ou de cinéphiles à la sauce hollywoodienne, ou de ces assoiffés « d’avenir en argent », de grossiers humoristes. C’est la multitude qui occupe les places publiques, t’entourent. Dans le fond de ton âme (je voulais) tu veux, de ces buts lointains —mot tabou « un idéal ». Tu souhaites un horizon doré, difficile à atteindre, bravo. Il te reste la solitude donc. Jadis tu allais seul, aujourd’hui, tu vas seul vers ce que tu crois « mieux ». En silence, jeunes âmes, il y a cette frayeur que l’on devine que tu es « à part ». Ici, aujourd’hui, je te dis : tiens bon. Rêve ! Par exemple à une patrie libre, à une existence de qualité, épanouissante. La foule ne guette que confort et sécurité. Rêve, tiens bon !

Avr 022014
 

 

 

Oui, ça fond maintenant, fonte des restes neigeux qui fait entendre son agréable —bon débarras !— gargouillis aux quatre coins des toits des maisons. Familière petite musique printanière ! Qu’on apprécie, pas vrai ? Partout dans nos chères collines s’enflent ruisseaux, rivières et lacs, « et ça coule ça madame !(la chanson)  »

Tenez, allez donc faire une petite visite dans ce coin sud de Mont Roland. Il y a un pont sous la Nord en furie sous le vent. Un carrefour stimulant où se dévergondent en puissantes tourmentes, la rivière engrossée de tant de…fondues ! C’est ma foi, hugolien ! Pas loin des ex-usines de la papeterie d’antan, voyez ces flots en rage, cette furie aquatique. Cela vous énergira, promis !

Ma joie donc, voyant —enfin, enfin— la gouttière de ma galerie qui bave de sa gueule de tôle pendante. À chaque printemps d’avant Pâques, j’ai souvenir de nus, les gamins qui cassent, à coup de barres de fer, l’épaisse glace des trottoirs. En effet, dès avril, rue Saint-Denis, c’était cette hâte de garçons robustes, celle de revoir le bitume, le ciment, le béton; en finir « au plus sacrant » avec l’hiver. Slogan de Mai’68 : sous les pavés, la plage !, nous ? de pousser aux caniveaux ces oripeaux glacés, sous la glaçons sales la liberté ! Sortir nos scooters, voiturettes, patins à roulettes.

Ces jours-ci, me rendant chaque matin au Calumet —journaux, magazines, cigares rares—, je sors de ma Honda pour affronter la très vicieuse « glace noire ». Chaque matin donc, le risque de me casser la gueule. Fin bientôt de croiser sans cesse dans nos rues d’imprudents enfants les quatre fers en l’air ou des vieilles personnes déambulantes à petits pas calculés; surtout dans la raide Côte Morin. Que de visages effrayés, tremblés par la peur. Moi ? Ah tiens, tiens, je vais m’acheter une canne.

Ô saison, ô glaçons !

Reste un fait : ça y est, ouf !, on y est, terminus ! Avril est la fin du long hiver. Mais oui, bientôt on verra des bourgeons aux arbres. Un premier, coucou !, joli pissenlit —vulgaire dent de lion. Ou encore une touffe de gazon mystérieusement bien vert. Délivrance !

Parfois, Raymonde et moi, on tente d’imaginer les premiers émois de nos ancêtres. Voire la détresse, la stupéfaction de nos premiers émigrés, venus du Poitou, de Normandie, de Bretagne ou de cette douce « Ile de France ». Le choc des hivers ! Oh mon Dieu ! Et en un temps totalement dépourvu des commodités actuelles. Cinq ou six longs mois isolés en leurs terres « de bois debout » , perdus au milieu des « arpents de neige », sacré Voltaire.

Mais bon, résistants farouches, nous voilà toujours ici, descendants des effarouchés. Bien mieux armés par cent et cent progrès. Ce confort, inimaginable jadis. Pourtant on se plaint des hivers « qui n’en finissent plus ». Voir cette année 2014. Bon. D’accord n’en parlons, voici le beau temps revenu. Combien sommes-nous —pas seulement les jeunesses— à nous promettre de jouir mieux que jamais, des trois belles saisons qui s’amènent ? Dont la plus excitante, la toute prochaine, le printemps. Excités, il y a dans l’air, vous le sentez, de vagues espoirs des petits et grands bonheurs. Une joie floue avec des projets naturalistes : randonnées idylliques, fêtes extérieures. Avec des promesses, sorte de résurrection d’après-Pâques ?   Inviter l’ami négligé. Ou ce bon vieux camarade perdu de vue. Inviter une sœur isolée, négligée. Ou un frère perdu de vue. Ou ce papa vieilli et esseulé. Ou une mère. Se réconcilier avec un adversaire. Raccommoder cette rupture bête, d’une vaine chicane, d’une querelle idiote.

Oui, avec le printemps, faisons cela.

Jan 192014
 

Il fait blanc janvier. Voir un jeune du village au coin de ma rue, de beaux grands yeux sombres, sac d’école en bandoulière, éjecté de son bus jaune, il sourit à un matou tigré qui l’attendait. Dehors si blanc janvier avec petit mal à l’âme car je lis la Syrie ensanglantée. Maudit journal du matin, maudit téléjournal du soir. Et puis tousser sans cesse, cracher, grippé horriblement. Alors surgir aux genoux pour implorer le bon grand Saint Pierre…mon toubib à la clinique. Une fiole d’antibiotiks.

Encore, à la radio cette fois, frappes mortelles —chrétiens versus musulmans— cadavres empilés aux terres rouges briques en exotique Afrique ! Celle, désaxé, du centre. Voir des enfants estropiés, Seigneur, on a le cœur en compote. Ces journaux —salut m’sieur Taillon— suis-je masochiste, tous les matins avec ration de sangs. Turquie tiraillé, Tunisie devenue fragile…Des obus au nm d’Allah ! Partout des réfugiés entassés. Assommé encore avant d’aller dormir. Vous aussi ? Où se réfugier ?

Sainte Adèle, bel abri ? Non. Pas assez blindé et les beautés d’ici ne calment pas; telle cette très belle vieille dame, rue Beauchamp, et ce joli poupon rose en carrosse de luxe. Ou ce gras géant et ses rires tonitruants chez IGA. Au Métro, une adolescente danse sur place, sourit au commis dragueur. Mon voisin rétabli sourit à la vie de nouveau. Vive Jodoin ! Quoi, le monde ailleurs… à la page UNE, photos d’enfants syriens dépenaillés qui nous dévisagent, accusateurs. Tristesse. La Birmanie brassée dans des rues violentes. Une envie de fuir. En raquettes au fond de nos bois.

« Dieu », disait l’écrivain, « dans quel trou m’avez-vous mis ? » ( Réjean Ducharme). Il fait mi-janvier déjà, il fait blanc et froid et j’ai mal. Vous aussi ? Marcher à la poste. Des factures. Des publicités. J’ai mal à ce Liban encore mortifié. On a mal au monde. On a mal au cœur. La douleur de ces habitants-sur-pilotis, voir Bangkok-hors-touristes en révoltes. Examiner ces bouches en forme de cris en Irak à kamikazes. Djiadistes fanatiques là aussi ! Somalie ? Poitrines maigrichonnes d’enfants noirs aux écoles fermées.

Regarder ces actualités de maints sangs dans moult querelles et, dehors, beau soleil dans mon village à collines. Besoin de rire aux cabrioles d’un enfant dans des congères démolis. La charrue passe. L’ouvrier crache. Il sort sa pelle. La vie. Pourquoi le mal au monde ? Facile de fermer radio, télé ? Merde ! La misère aussi toute proche ! Ce triste jeune vagabond, rue Valiquette, qui observe une photo de palmiers. Vitrine à touristes. Songer à ma fille fragile exilée au sud. Je reste en ce « pays aux mille collines » —loin du Rwanda— où il fait blanc janvier.

Chemin-Péladeau, un géant attache sa tuque, grimpe dans son camion. Juste un homme qui va filer. En Abitibi. L’autre, son jeune frère, chômeur, reste. Déjà sans domicile fixe. Oui, même ici en jolies collines, une discrète misère. Sur la pointe des pieds. Des voisins ont faim. Rongent des freins. La honte des deux côtés avec l’impuissance. Nos routines : sortir le bac noir hier. Le bac bleu demain. Aube : voir des pistes de raton laveur. Nyctalope comme les chats. Devoir gratter la glace aux vitres de la Honda. Janvier s’en ira-t-il ? L’hiver passera, oui ? Très grippé donc mais nourri, vêtu et bien logé, l’écrivain retraité, chroniqueur de tout et de rien. Encore ça : des enfants en loques à Beyrouth. À Damas. Au Caire. À Bagdad. À Kaboul. Partout. Songer à des parents sur les plages de Palm Beach. Les veinards ! Photos chaudes sur Internet. Le journal lui : cité maganée en beau pays, Haïti, des enfants si beaux les yeux pleins d’eau !

Faut vivre malgré tout et sortir au soleil sur l’anneau du lac, y admirer un chien fou, foufou, d’un beau brun bruant. Dehors, il fait blanc janvier.

Nov 252013
 

J’aurais jamais cru cela : que je m’attacherais —après quelques décennies à Ste Adèle— à ce point; c’est rendu que je déteste retourner à Montréal, la métropole ! Vendredi dernier, bien obligé (mon éditer XYZ) d’aller Au Salon du livre. Je tempêtais dans ma Honda et mon « chauffer privé » —une femme dont je suis fou— en rigolait. Mais je sais qu’elle est comme moi et que de… «  descendre en ville » ne la réjouit plus du tout.

Ce « Saloon… » à la Place Bonaventure, ouf !, quelle belle grande fête hein ? Illusion car les gens lisent de moins en moins, hélas, une sale vérité souvent niée tant on refuse le fait. Il est têtu pourtant : le monde ne lit plus. Les cinq chers petits-fils du « grand écrivain » ( Louis Cornellier dixit) ne sont pas « des gens à livres ». Ils « très » branchés et foin du papier imprimé et relié. C’est : Vive le Web, vive le Net, google, wikipédia et cie ! Vive l’ère de l’électronique, y compris ses jeux. Quand la pub du Saloon dit : 150 000 visiteurs, comprenez bien qu’il s’agit d’un infime minorité de Québécois car de St Jérôme à St Jean Iberville, vivent 3 millions des nôtres !

À mon kiosque XYZ, néanmoins grand plaisir d’y recevoir quelques chaleureux « fans », dont pas mal d’adèlois ! Ces chaleureux sont venus me serrer la pince, bavarder et m’encourager parfois en se procurant ce « chef d’œuvre » dont parlait « Le Devoir » en début de mars: « Anita, une juive numérotée. » À ce propos, dimanche, au Saloon, Place de l’Agora, l’on m’organisait une sorte de débat entre Dame Ravary, ex-convertie aux juifs Hassidims, et l’éditeur et auteur, Vanasse. Ce dernier publie un bouquin de sa généalogie, cela jusqu’à des ancêtres juifs en Hollande (les Van Hasss), même en Pologne ! À la fin, du petit « show », une vieille dame —de confession juive— est venue aux micros pour m’agonir d’injures (si j’en crois une jolie guide qui en riait). Le malentendant que je suis devenu n’a rien compris, voulant savoir, on m’a dit que « la madame » était toute confuse dans ses griefs, peu claire dans ses horions. Mais la chroniqueuse de Journal de Montréal, Dame Ravary, doit savoir quand elle vante les meilleurs rapports désormais entre sa chère secte et nous (à Outremont sinon ici, à Ste Agathe) que je m’en attribue volontiers les mérites. En 1988, il y a 25 ans, quand tous se taisaient, rectitude de cons, j’ai protesté dans l’hebdo d’Outremont face à un vrai racisme juif. Je fustigeais l’écœurant racisme des orthodoxes juifs. La Ravary a raison, leurs chefs ont compris et ils changent assez vite, une des leurs deviendra même candidate aux élections !

En ce moment, mardi matin, je vois le lac tout proche qui va se figer. Pour des mois. J’observe de la fenêtre de mon petit bureau une virtuelle glace, c’est de l’ardoise, mi vitre, mi pierre, vaste miroir d’un noir d’enfer, recouvert d’une espèce de glauque pellicule. Ça y est, c’est l’hiver qui entre. Il va vraiment neiger. Alors, spectacle magique réjouissant, sur la glace du lac, les samedis, les dimanches ensoleillés, on viendra nombreux. Les promeneurs sur les anneaux balisés vont venir tourner dans la lumière « la plus belle de toute la planète ». Oui, la science l’affirme : au sud, ils n’ont pas cette beauté lumineuse. Ni en Floride, ni aux Antilles. C’est chez nous, par ici, la luminescence vibrante… vive le boréalisme ! Cette luminosité éclatante s’en vient donc, dire merci alors aux millions de millions de cristaux de neige qui la reflète. Ah oui, on se baignera de lumière très bientôt, accompagnés de belles compagnes. Parfois avec, en laisses, les plus jolis spécimens de la race canine. Enfant, j’aimais l’hiver, ses jeux, forts, labyrinthes, traîneaux, patins et skis— vieillard, j’aime de nouveau l’hiver, pour sa lumière.

 

 

Août 162013
 

Vendredi, midi, ravis, on entend —une première— les beaux cris d’un engoulevent (whirpool-will ?). Ma thébaïde (lieu où éditer), depuis ma retraite des ondes ) c’est ici, au bord du bien joli Rond. Hélas, août « fait son frais », n’est-ce pas ? On se croirait en début-octobre, cependant, mon aimée, toujours un peu à court de souffle, elle, ne déteste pas ce « fresh air. »

Bon. Je viens de lire John Fante :« Mon chien, Stupide », un grand succès, un bref roman pour faire rire. « Rires jaunes ici et là. Un jumeau de « La petite vie » folichonne de Meunier. Fante raconte, en farces, sa vie d’échoué aux plages californiennes. Malheureux et sinistre dans son spacieux « home ». Il moque « bobonne », l’épouse écœurée et au bord de faire ses valises. Aussi ses quatre ados déboussolés. L’ex-scénariste-à-gages (à Hollywood), en chômage, narre son existence de fainéant raté. Vif récit rempli d’actions dérisoires, avec son « Stupide ». Un grand chien trouvé qui lui sert d’odieux fil conducteur, un défilé de tableaux comiques de désabusement. Au fond, ça glace cette « p’tite vie » !

Ma p’tite vie à moi ? Faite de riens. Avec des visions charmantes. Exemple : regarder se sauvant du IGA-Jasmin, un long chat d’un orangé dense rare, ou observer l’autre midi ce « pic-bois » très agressif qui pique le tronc de mon mahonia (ou sureau ?); arbuste rempli maintenant de bleuets sauvages; cette manne pourpre attire les mignons chardonnerets ( sont-ce des passereaux ?) aux becs grand ouvert; spectacles de la vivacité ailée. Quoi encore ? Rentrant de ma chère baignoire (chauffée) de l’Excelsior-spa, je découvre un chat angora au magnifique pelage —crème, caramel et chocolat— assis et fixant mon camarade mort, Claude-Henri Grignon, mâchonnant —comme un Lucky Luke— un brin de paille dans son pré de foins jaunes; joli placard au parc de la côte Morin. Cet angora est-il à personne ? Envie de l’embarquer, de m’enfuir avec… Hon !

Quoi encore ? Avant-hier, allant au bac noir, qui détale « à la folle épouvante », le raminagrobis de ma voisine (hôtesse du Château Ste-Adèle), ce matou aux poils « violets et suie ». Il cavale chez lui; jamais moyen de lui caresser le collet ébouriffé. Se garde-t-il fidèle qu’à sa maîtresse ? Que de félins ? Hier encore (salut vieil Aznavour ! ) rue Richer, revoir ce faux-tigre-chat-marcoux. Oh, son énorme bedaine ! Promesse de chatons. « Je veux un chat », me dit ma tendre compagne. Moi : « Hum, c’est de l’ouvrage, Raymonde ». Elle : « Ah oui c’est vrai. Bon, plus tard alors », elle va au BBQ pour surveiller nos appétissantes bavettes saignantes. Quoi encore ? Ô Pauvre Égypte en sang et puis lire sur la crise économique en Europe. La cause ? « Vous consommez pas assez ! » Les ingrats, ils me ressemblent car je suis pour « la simplicité volontaire ». Ainsi, tout l’occident (et la Chine désormais) est piégé par cette loi d’airain : « malheur et misère si vous consommez peu ». Le frugal que je suis est donc une nuisance au système ? « Maudit séraphin poudrier » !, me dit un proche. Je fuis ces omniprésents criards, aux pubs incessantes à la télé. Notre protecteur, le traître CRTC permet cette plaie. Le CRTC méprise le peuple. La foule (nigaude) se presse à ses sanctuaires laïcs, les centres commerciaux. Oh, je ne suis pas sans péché, jeune, j’y allais « aux toasts », vieilli, on en revient. Une chorale insatiable me crie : « Quoi, tu ne possède pas « tablette, GPS, portable nouveau, I-ceci et I-cela ? Aucun téléphone intelligent ? Alors, chien, tu fais durer la crise ! »

Avoir honte de ma « p’tite vie », de ma thébaïde, à observer tous ces jolis chats. Ou les canards du lac le cul en l’air !

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