Avr 242017
 

Paul oh Paul,!, tu en avais assez et tu t’en vas ? 

Merde, mon cher vieux comédien-resté-enfant, où donc iras-tu installer ta flamme ? Tu brulais. Sans cesse. Avec discrétion. 

D’où sortais-tu, ivre de scène, certains soirs, mon cher Paul Hébert, toi, jadis, en jeune homme aux perpétuelles sourires de bons jocrisses ? Tu avais des manières étranges et neuves, des sortes de poses modestes. Avec une distinction rare, aristocrate théâtreux toujours déguisé, personnage bizarre, intrigant, surprenant, inédit, étonnant, tu m’offrais, décorateur, un Shakespeare au Chantecler-Hotel. Premier théâtre d’été. …. 1er patron donc, comme un faux-boss, discret, retranché, prudent, méfiant aussi, tout enfoui de la tête aux pieds dans tes secrets, avec tes sourires crasses, tes mines de chat malin, ta voix de velours.

Tu étais bienvenue en métropole, cher Hébert venu de la Vieille Capitale, fantôme parmi nous les bohémiens de Montréal, on te disait « oui », on te disait bienvenu, tout le clan métropolitain. Oui à ce grand déglingué, ce Québécois de Québec aux gestes d’un fieffé ratoureux ! Ta voix comme grincharde (sic), engin curieux, voix de grinçements mais si chaude aussi. Ton bizarre accent bien à toi, séduisant. On saluait ce « retour au pays », ce revenu du prestigieux « Old Vic » d’Angleterre. ! 

Ainsi, tu t’en es en allé. Ainsi ?

Adieu donc. Parti: vite, drette, sec, net…Oh Paul, merde, on va s’ennuyer de toi. Dès ton arrivée à Montréal, on avait bien  senti, nous tous dit du « milieu », ce nouvel apôtre fou, allumé, malin, bourré de dons et on t’ouvrait bien grands les bras alors !

À te revoir camarade Hébert ! Haut.

(30)  

Patriotes

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Déc 012016
 

Tous les vendredis, un bout de rue (De Gaspé et Jean-Talon) vibrait fort dans l’air. Sauf l’hiver, aux fenêtres fermées.

La bruyante fanfare (rudimentaire musique d’un corps de clairons et tambours) éclatait, tonnait au jubé de la salle de récréation de mon école. On disait : « Le salut au drapeau! » Un brigadier de neuvième année lisait d’abord une solennelle déclaration patriotique. Ça se terminait par des: « Je jure… ma vaillance, mon drapeau… ma patrie… » et les clairons surgissaient, nous en frissonnions tous.
Un vague nationalisme, lyrique, généreux, aveugle, catholique et empesé se répandait dans ces années 1930. Ce sera pire quand la guerre éclatera, 1940, etc. Nous disions tous en ce temps-là: « Le Canada, mon pays! » Québec, c’était le nom d’une petite ville lointaine, gentille, insignifiante. Nous respections tous notre drapeau national: un grand linge rouge avec des symboles et, dans un coin, l’Union Jack de Londres, ville banale, rien avoir avec « nous tous », Montréalais prétentieux.
C’est avec les années 1960 que débutera l’actuel (encore vibrant?) nationalisme. Pour ma part, c’est avec le début du R.I.N. avec, donc, mon ami tribun, ce prodigieux Pierre Bourgault, une sorte de dominateur aimable, orateur absolument hors du commun, d’une démagogie toute moderne, que je deviendrai un militant.
Un « engagé fier ». Un enragé aussi parfois, scripteur tout dévoué, de LA CAUSE DE NOTRE INDÉPENDANCE. Avant, je me fichais de cela: la politique. Aucun intérêt. Je n’avais nulle autre patrie que le monde des arts. J’étais d’un certain groupe de jeunes intellos qui ne vit que pour peinture, gravure, sculpture…
Ah oui, les arts.
Ah oui, les arts. Fin de tout sur cette terre! Univers unique, comme totalitaire, exclusif et indifférent aux mondes ordinaires. « Les autres », nous tous, aspirants artistes, on les ignorait. À cette époque, nous méprisions volontiers « les gens du commun ». À nos yeux, le peuple (une molle, froide populace, maudite engeance) baignait complaisamment dans sa tiédeur; tous, des ignares crasses; nos voisins, nos parents, tout le monde autour de nous, formait un vaste régiment d’inconscients, de sordides impuissants, des masses d’aveugles automates. D’utiles cibles pour nos adversaires, tous nos ennemis, étaient de niais serviteurs de —entre autres— nos « bons maîtres », les Anglais, LES MAUDITS « BLOKES ».
Collégiens, chez les Sulpiciens du Grasset, certains prêtres, RARES, nous prêchèrent cette foi nécessaire, cette fierté, et même une certaine volonté de combattants. Certains de ces entraîneurs ensoutanés avaient de la faconde… Alors, peu à peu, dès la classe d’Éléments latins, s’éveilla une certaine prise de conscience.
Je l’ai dit, plongé ensuite (École des arts décoratifs, École du Meuble) dans la sphère des jeunes créateurs, ce sera : « Comment devenir ici » un Picasso, un Braque, un Klee ou un Giacometti? Nous rêvions « en folle et grande vitesse », une candeur! Diplôme en mains, ce sera, hélas, le réveil de tous. « À terre avec la dure réalité à étreindre », comme l’écrivait un Rimbaud, rêveur des rêveurs avant son navrant exil en Afrique.
Le flou, la cassure
La patrie? Le patriotisme? Un mot toujours flou alors. On grimaçait, les jeunes. « Une vieille notion à papa », bonne qu’avec les sbires de ce prof-curé, cet historien « premier », ce chanoine d’Outremont, cet Abbé Groulx. Vaillant initiateur désormais! Nous, la jeunesse de 1950, on fuyait. La guerre nous avait rapprochés de l’Europe, de Paris qui était notre « SEULE » Patrie! Les grands combats (on lisait des revues de Paris!) menaient du surréalisme au cubisme, du pointillisme à l’art abstrait. Un certain brillant animateur, Borduas, formait des équipes de révoltés-des-arts et nous étions emballés. Nos pères (sauf Fortin, et encore…) n’étaient plus que des pondeurs de vieilles croûtes à paysages remplis de clichés candides. Le clivage fut impétueux. Les anciens furent fusillés par notre hargne. Les nouveaux, seuls, eurent le droit de vivre. Alfred Pellan, autre prof et animateur, gagna cette bataille. Et tous ses jeunes suiveurs avec lui.
Enfin, la littérature aussi se fit « secouer le pommier », comme tout le reste. Émile Nelligan, mais à peine, fut tout de même respecté. Gaston Miron, pas né encore, dormait dans des langes étheriennes! Tous les disciples de Crémazie et de Fréchette furent anéantis! Et tout finira par changer. Pas une évolution lente, une brutale cassure. Jeunes gens affamés de neuf, on découvrait les poètes dits de La Résistance, devinrent nos modèles. Char, Breton, Supervielle, Desnos…
L’Hexagone, jeune maison pétillante, forma bataillon. Là que fut installée cette floraison de talents inouïs. Parmi eux, triomphante, l’aile des « soldats à plume », celle d’un patriotisme tout neuf. Exemple anecdotique, café sur café, au caboulot souterrain de mon père (Édouard, le peintre naïf connu) se rencontraient des Jean-Paul Filion ou Pierre Perrault, des Brault ou ce bègue, boutonneux, grimaceur si laid —et le plus doué— Roland Giguère.

Fév 102016
 

Dévoué longtemps à « Médecins sans frontière », un humanitaire belge, Alain Destexte, publie : « des quartiers entiers sont devenus des « zones ». Des lieux à éviter avec attaques de toutes sortes à toutes heures du jour. Dont des outrages racistes aux juifs belges !
Verra-t-on cela à Montréal un jour ? Non ? Alors il faut contrôler les ghettos. Pas facile car dès que des migrants trouvent logis, on fait venir des parents, des proches, des amis. Viendront les castes, les rejets d’ordre identitaire, l’invivable « zone ».
Dans ces quartiers de Bruxelles, incessantes attaques aux policiers. Chasse à « femmes osant se dévoiler ». Homophobie criante. Intimidateurs encouragées. Antisémitisme actif et l’enseignement sur la Shoah est refusé.
En France, ça va pas mieux, les ghettos pullulent. Un magazine parisien vient de publier un reportage sur une « enclave salafiste ». Où ? À Avignon, là où un grand nombre d’adultes (comme d’adolescents) sont fous d’Allah et ivres du Coran ». Des islamistes radicaux, sans doute pas vraiment antipathique aux terroristes.
Avignon est devenue « La cité d’Allah », constate un barman; comment c’est arrivé ? Trois causes : naïveté, complaisance et aveuglement », dit-on. Le « Figaro », et « Marianne » aussi, signalent des travailleurs refusant de prendre un ordre d’une femme ! Dans des aéroports, on ouvre des mosquées clandestines ! Des « Frères musulmans » surveillent les cafétérias, cantines, restos : 100% halal » sinon…
Les « accommodements » vont se multipliant et cette sorte de communautarisme (religieux) est toléré par les syndicats, pourtant laïcistes de vocation.
Le tour de Montréal ? À quand… ?

Claude Jasmin
Écrivain
Ste-Adèle

Sep 092015
 

Le temps s’avance… le si beau vitrai des feuilles mourantes vient, le froid d’octobre vient lui aussi et ne plus pouvoir nager jusqu’au quai de l’ami. Fini de commérer et de…radoter (?) sur habitus, us et coutumes observés des laurentidiens (sic) des alentours. Cet autre voisin et ses yeux si malades, la jeune femme d’en haut de la côte qu’on entend pleurer sobrement car elle a perdu son emploi, ce gaillard musclé qui part concourir avec espoir, cet enfant —pas noyé au rivage de la mer Égée mais— hospitalisé, à cinq ans ! Cette fillette adoptée qu’on a vu rire hier matin les bras chargés de jouets neufs. La vie, la vie…
Le temps s’avance…Ce cher vieux voisin « à quai », 89 ans, toujours admirateur fou de nos collines, qui perd la voix on dirait, qui cligne des yeux et qui me confie : « J’ai eu une belle vie, mon Claude, et ça me fait rien de m’en aller ! » Pars pas Jean-Paul ! Avec qui irais-je jacasser ? À qui j’irais me confier. À propos d’un frère cadet soudain disparu de nos radars, mystère, qui ne veut plus parler (ni voir) avec personne de ma petite tribu. De ma grande —et vieille— soeur, notre deuxième mère, rue Saint-Denis dans La petite patrie, devenu inapte à tant et qui refuse d’aller en Résidence. Petit drame courant…n’est-ce pas ? Aimer tant notre village ici que ma compagne de vie et moi éprouvons la même hantise: il faudra bien y aller un de ces jours, non ? Oh merde !
Le temps s’avance… les neiges vont redescendre du ciel et nous reverrons ces hordes de jeunesses glissantes, bâtons sous les bras, vêtus d’habits multicolores. Il y a un plus d’un demi-siècle, nous n’avions, enfants Montréalais, que le Mont-Royal —tramway à sept cennes pour un aller-retour, que la Côte des Hirondelles à l’est d’Ahuntsic.
Le temps s’avance, nos testaments sont faits, tout est en ordre pour « ceux qui viennent » mais je garde l’espoir de mourir…à cent ans, riez ! Ou même un peu plus, quoi ?, les nouvelles médicales sont si prometteuses dans nos gazettes, pas vrai ? Un parent cher et très proche —60 ans— m’écrit qu’il s’arrangera pour « partir », avec sa dulcinée du même âge, rendu à 70 ! Oh, ma peine ! J’ai vite expédié un long courriel : « …que je te vois pas, mon sacripant, tu verras, la vie livre encore de sacrés bons moments, malgré tout, malgré les douleurs de dos, ou le souffle devenu rare, où ce coeur qui bat des chamades bêtes, ou l’arthrose qui s’épand partout…et le reste. Oui, l’existence ne cesse pas de nous épater tout jeune ou devenu tout vieux. Des riens : un beau matin clair, un étonnant soir de lumière rare, un petit resto gouteux découvert mal caché entre deuz de nos collines, un oiseau qui reste encore avec nous. Cardinal, hier, ce matin colibri et deux tourterelles tristes. Aussi : un ami oublié qui surgit, un livre épatant ou un film de grand talent, un documentaire étonnant à la télé, à la radio, hier, entendre, surprise, une musique exotique enchantée…
Le temps s’avance… face aux horreurs, réfugiés sans nombre en Proche Orient, au Moyen Orient, face à ce célèbre gamin noyé, non, pas le droit de toujours chialer, de râler. C’est une insulte grave à tous ces malchanceux du sort (géographique) de jouer l’accablé… pour des sottises. Je me suis promis, j’ai pris la résolution de rester optimiste, d’afficher l’appréciation de vivre par ici, de tenter de partager ma joie de vivre avec tout le monde.
Quoi ? Mais oui le temps d’avance et il en est ainsi pour tous, pour l’ado dans sa petite détresse, pour le bambin inconsolable d’un jouet cassé, pour ce vieillard cacochyme qui peste, ne trouvant plus sa belle canne ciselé à pommeau d’ivoire ! Face au bambin couché à jamais sur la grève…silence au moins —pudeur, une p’tite gène essentielle— silence les grogneurs perpétuels ! Vos gueules !

Mai 062015
 

Cher webmestre :

Voici un projet. Pour mettre sur notre site peut-être, tu décideras. Il s’agit d’une ponte fraiche, une jonglerie récente.

Mais d’abord mettre aussi cette facétie de Roland Devos, celui de «  À « quand » le train pour « Caen ? » et : « La mer est démontée ? À quelle heurte, ils la remontreront ? »

Voici :

– L’OUÏE DE L’OIE DE LOUIS-XII A OTÙ 

-ET QU’A DONC OTÙ L’OUÏE DE L’OIE DE CE LOUIS ?

-ELLE A OTÙ CE QUE TOUTE OIE OÏT !

-ET QUOI DONC QUEW C’RE ST QU’OïT L’OIE ?

-TOUTE OIE OÏT, QUAND LE CHIEN ABOIE DANS LES BOIS, DES « OUAh ! OUAh » !  

FOU HEN ?

BON : Corrigeant mon manuscrit « Angela » (sortie cet automne) il me prend une fringale nouvelle, me voilà parti dans un projet fou : un premier ouvrage de « SF », de l’anticipation avec du parascientifique.

Je nagerais dans ces toutes neuves notions apprises ici et là, glanées dans mers lectures diverses récentes. À SAVOIR : Les trous noirs. La physique quantique. Les drones. La biologie-électronique. Le fameux et dangereux Système « HAARP » (attaques climatiques) Ce mystérieux « GAKONA »( voir Google ). ENFIN : l’intelligence artificielle.

Et j’y introduirais ce célèbre MICHAEL TALBOT, aussi cette fameuse voyante-médium : YAGUEL DIDIER.

Tu vois ma soupe ?

De la S.F., te disais-je, oui, et une première expérience chez Jasmin. Ça se passerait en 2055 ? Hum…Je verrai. Ou bien ce sera une série-télé en 8 épisodes, eh !

LE SUJET ? En cours de déroulement, on constate que l’univers, le monde entier, la planète quoi, est devenue une sorte de « SUPER- ONU ». Avec siège à Montréal. Ou à Zurich. Et qui fonctionne cette fois. Bien mieux que l’ONU actuelle.

Fin des patries, des nations (états-nations), il n’y a plus que cette MACHINE-ONU. Avec en partenariats, d’immenses « corporations », gigantesques compagnies qui entretiennent des armées de « MERCENAIRES ».

L’écriture a disparu. Les livres aussi, journaux etc. Il n’y a que l’audio-visuel. Des bandes. Il y aurait une sorte de langue universelle, sorte d’ESPÉRANTO nouveau, avec, par exemple du Chinois certes et beaucoup d’expressions en anglais (des USA).

Parvenu au siège suprême, mon (ou mes) héros conduisant « l’enquête des enquêtes » ( devoir trouver le sujet) découvrira qu’en bout de piste, au sommet des sommets, il n’y a… personne absolument personne !

Il n’y a qu’un super-ordinateur !

Une intelligence artificielle quoi, comme Grand souverain, empereur, roi, président, gouverneur général !

On sait qu’une machine battit le célèbre champion d’échec, Kasparov, en 1997. C’est donc le triomphe total (totalisateur !) de la machine. Avec sa toute petite équipe qui la nourrit, qui obéit, est aux ordres de l’ordinateur suprême !

Et voilà, cher Marco.

Bon… je m’y jetterai quand ? Hum, pas en belle saison, tu le sais je n’écris toujours (mon livre annuel) que octobre ou novembre revenu.

Saluts,

Claude J.

Jeudi, 1er JANVIER Suite et fin. Chap 10 (?)

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Jan 012015
 

Jeudi, 1er JANVIER

Suite et fin. Chap 10 (?)

Notes : que de jolies carters du Jour de l’An reçues, que de coups de fil joyeux aussi. On se couche à 10 h.et demi désormais, maximum. Parfois même avant. Et on sortira du lit à neuf heure, parfois même après. L’âge ? Aussi, on a remis à demain (aujourdhui) la revue-2014 de Radio-Canada.

On veut cesser de fumer ( 10 par jour) et on se donne jusqu’aux Rois (*mages). J’ai Nadeau sur ma liseuse. Le conte des « grèves à casseroles »… J’ai lu aussi « Promesses de l’Aube » de Romain Gary. Une redite du Grand Vestiaire. Cette mère veuve folle de son fils unique.

Gary, avec ironie, lui rend un (un peu long) hommage. Il laisse entendre que cette fascination maternelle l’a aidé dans sa vie. Ma mètre, moi ? Oui, Germaine était confiante et stimulante. Pas mon père. Ma grand’mère Jasmin ? Oh oui. «  Toi, mon petit Claude, tu seras pape un jour à Rome ! » Oh !, c’est dire…

Mercredine 31 décembre (ange-là encore…)

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Déc 312014
 

Mercredine 31 décembre

(ange-là encore…)

notes : ici, en Laurentides, un ciel bleu ensoleillé mais avec du frette noère ce matin. Lot d’offres de rigolades télévisées (avec piques et horions comme le veut le genre « revue »), facéties (subtiles et grotesques) inévitables à la télé de cette veille du Jour de l’An. Nous ? Paix chaude de deux amoureux perpétuels, de la sérénité et le « home sweet home ».

Pour « les vieux », comme moi et ma chère R., rien, mais oui, que de bonss souvenirs…

Hier soir, à mille kilomètres !, aux tympans heureux du bonhomme de Ste Adèle, la voix d’Éliane, ma fille étendue avec son cell sur sa plage maritime, en Floride et Marco, mon webmestre, pas loin qui jase. Puis c’est celle de leur jeune hôte, mon « archange » Gabriel, le prof de musique à Villa Maria. Bonheur ! Jadis que des lettres (cartes postales) et du long temps avant de les recevoir. Ô progrès !

J’imagine tous ces gens, plus jeunes que nous, des femmes bien entendu, à leurs cuisines qui fricotent pâtés à viande, « dingue », atocas, etc. Raymonde, pas moins liseuse compulsive que moi, veut aller au Renaud-Bray de St Jérôme… n’a plus rien à lire. Ah ces chers polars scandinaves ! Que 2015 s’amène !

Allons-y, j’ouvre mon calepin d’idées :

(mon ange Angela) CHAPITRE 9 (?) – C’te lundi 22 déc.

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Déc 222014
 

Notes : vu hier un navet total : « Le maitre de suspense », une horreur de niaiserie visuelle. Des cons, avec nos économies publiques ont financé cette cochonnerie de scénario débile. Puis un bonheur : jacasser avec ma fille. Comme si j’y étais, au soleil, à un rivage de l’Atlantique, en Floride. Surgit soudain à l’écran de mon ordi, merci la technologie actuelle !,le beau jeune prof de musique, Gabriel, petit-fils bien aimé. Et vu aussi mon webmestre, mon gendre. À la télé, vu hier soir, le beau fracas musical de Dan Bigras, le fils de mon ami, feu l’audacieux psychiatre Julien Bigras, le doc et écrivain Ferron me l’a dit : Bigras osait soigner de très dangereux aliénés qu’aucun toubib n’osait approcher ! Ce fut encore un show au dynamisme total. Mais là, faut revenir à ma première blonde.

Notes : ce temps, dit des Fêtes, m’embarrasse. Des cadeaux à faire. Des repas à organiser ? Oui, non ? Inviter, être invité. Ma chère Raymonde devenue très jongleuse : Jacques Boucher, un de ses deux frères, a été hospitalisé et il va pas mieux. Va être ré-opéré peut-être. Pour ses poumons. Téléphones sans cesse. Il y a Marielle, ma quasi-jumelle, ce matin,on l’a libérée de Hochelaga-Maisonneuve. Annulation subite d’une opération. Remis à on ne sait quand, merde. Son désespoir. D’autres téléphones croisés donc. Une étrange préface à ces Fêtes !

Monique Miller, amie de R., distribue des copies de mon compliment écrit pour son anniversaire. J’en suis flatté. Ne pas oublier d’aller voir en 2015, bientôt quoi, cette grande expo sur la Grèce antique et qui « tournera » après Montréal, dans tous les grands musées aux USA. Je lis la vie de Cohen (Léonard), grand et respecté poète et chanteur, né à Montréal. On ira bientôt à un CHSLD de St-Jérôme, pour une sorte de banquet « des pensionnaires », avec la maman de ma bru, Lynn Lapan. J’aime bien cette Denise qui rit volontiers (bon public !) à toutes mes anecdotes, facéties et potins sur les temps de jadis, son monde enfui à elle aussi.

Mon précieux fils de Val David est encore venu ce matin, lundi, mettre à jour mon ordi. Je me demandais ce qu’il ferait depuis qu’il a abandonné sa carrière ( 29 ans !) de designer (de Jeux de société), vaincu par les maudits Jeux Vidéos), Lynn me souffle : « Papi, votre gars s’est mis à la rédaction d’un roman… Oh, oh !

 

FRAPPEZ TROIS COUPS ET VOILÀ MONIQUE !

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Déc 182014
 

FRAPPEZ TROIS COUPS ET VOILÀ MONIQUE !

par Claude jasmin

Monique a tout été, elle a tout fait. À la radio, à la télé, au cinéma. Sur les scènes de tous nos théâtres. Toute jeune, tout de suite, nous avons aimé son visage anguleux, ses hautes pommettes, ses yeux de charbon ardent, son profil grec et asiatique à la fois, l’allure souvent d’une esquimaude de conte. Sans oublier, son essence même : sa voix polyvalente, de métal et de velours, d’acier et de soie, de barbelé, outch ! Ou de…fée « shéhérazade ». Cette emblématique comédienne, venue de Rosemont-La petite patrie, pratiqua d’abord en sous-sol-Audet, rue St-Hubert à Montréal mais dès 1950, il y a plus d’un demi-siècle, tous les collégiens des collèges classiques se bandaient vers elle au dessus de ce « trou du Gésù » (habité longtemps par la vieille Nana de Varennes). Tous les gars rêvaient de cette jeune gitane, rue Delorimier dans une « ex-mitaine protestante, chez Les Compagnons du père « Toto » Legault. Oui, nous les gars du Grasset, nous fument hypnotisés par cette noironne rebelle. « Ciboulette » sauvageonne délinquante en trafic illégal en « faubourg à mélasse » de Marcel Dubé. OH, la belle révoltée de « Zone » en un horizon de hangars, sous le Jacques-Cartier. On découvrait le beau masque aux beaux yeux sombres, bouche d’angoissée, long cou fragile hantant un voyou, Tarzan, Guy Godin. Robert Prévost, un génie, lui inventa un abri de toile peinte, utile au surdoué dramaturge débutant, Marcel Dubé.

Cette électrisante ne cessera plus de nous fasciner dès ce « Festival du Dominion »; puis ce sera à jamais, pour toujours ! Cette fille encore bien vivante (à « De Grâce Notre-Dame »), a foulé des « planches » couvertes de mille et un micros. Miller : mille et un réflecteurs, mille et un costumes pour mille et une métamorphoses. Rieuse, pleureuse, criarde, agonisante, espérante, désespérée, c’est « la » Monique-aux-mille-âmes ! Bonne fête belle Miller et bravo pour tous tes fantômes, gigantesque panthéon de femmes épanouies, de filles cassées, de putains (« Montréal,-P.Q. »de VLB, ) et de candides, aussi, de démones et de saintes. Chère Monique, merci pour tes miroirs multiples. D’avoir été si vraie, si charnelle et si spirituelle à la fois Merci.

Oct 112014
 

 

Le surdoué poète venu de Charleville, dans les Ardennes, erre dans Paris. En 1870, on se tue vraiment dans ces féroces batailles pour sauvegarder « La Commune ». Le jeune Rimbaud, perdu, cherchant son identité en jeune vagabond, fugueur de sa province, écrit : « On est fou quand on a dix-sept ans. »

Oh oui ! Âge pour rêver, pour imaginer des mondes, pour fuir « la famiglia » qu’on juge oppressante, dominatrice. Son coin de pays qu’on juge plat, inerte, sans vie, pas bruissant du tout, quoi. Paris, morne. Partir pour Paris alors, ah, Paris ! Du temps que j’étais montréalais (et « montréaliste » fier) j’en rencontrais aux alentours des bouches de métro du bas de la ville, de ces jeunes gens aux habits débraillés, aux regards un peu vague, perdus, aussi avec des yeux plein d’espérance…l’amour ? Parfois, où j’enseignais à l’IAA, j’avais peur pour ces grands enfants venus de Rimouski ou de Chicoutimi, ma crainte de fracas prévisibles.

Hélas à cet âge, on s’imagine aussi souvent qu’un premier amour va durer la vie entière. Seigneur ! On se colle sans cesse et on s’embrasse sans fin. On se cache, malingres jeunes duettistes humains, où l’on peut. Parc boisé, jardins touffus, grands portiques anonymes si utiles le soir , biblios publiques ou salles de cinémas bien obscurs. S’étreignant fermement, on se fait des beaux serments et, sans cesse, nos jeunes coeurs soupirent, battent à l’unisson, n’est-ce pas ? J’ai connu et adoré une belle âme pure et si jolie de sa pâleur bien romantique. J’étais tout entiché par ses regards de feu, ses lèvres de soie, ses caresses tendres, je vous le dis, tout devenait « le ciel sur la terre », dans sa rue Cherrier ou au fond du Parc Lafontaine, au Chalet du mont Royal, sur un simple banc sous les si belles frondaisons feuillues du Carré Saint-Louis, tout près de chez elle.

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Élyse, était son prénom et notre idylle c’était pour la vie, c’est entendu. « Élyse… » est aussi le titre de mon récent récit paru il y a quinze jours chez « XYZ ». Un autre « devoir de mémoire » ? Oui. Quoi, « la mission de l’Homme sur terre est de se souvenir », pas vrai bonhomme Hemingway ? Lecteurs, vous vous souvenez encore de vos candides premières flammes, de vos amours folles, de ces embrassades aux sueurs de la jeune passion. Rendez-vous parfois clandestins. « Il y a la crainte des cris d’orfraie des vilaines bigotes, « grenouilles de bénitier » ! Des puritaines « rongeuses de balustres » ! En ce temps-là, années 1940, ça pullulaient partout dans nos paroisses; et l’amour était un péché, virtuellement au moins, alors nous nous cachions comme si nous étions, ma foi, des musulmans « islamofascistes » de 2014 ! L’amour : une bombe méprisante pour les coeurs secs qui nous guettaient.

Comme on s’entendait bien tous les deux, la belle Élyse, collégienne à Villa Maria, et moi, un des grands slacks du collège Grasset, j’allais rater, oui, couler, mon année, pleuvaient sur ma carcasse mal grandie les « Cette satanée Élyse aussi… » que grondaient maman. « Toujours sur la trotte, tu étudies plus. » Papa s’énervait. Mais quoi, Élyse et moi, on allait si bien ensemble, elle embrassait si bien et elle disait que j’embrassais si bien. « Oh, comme on était jeunes, une fois… », a écrit madame Duras. J’aimerais bien que lisiez « Élyse… », vous allez découvrir comment et pourquoi (et par quelle main) s’est fait tuer mon beau rêve. Merci de votre curiosité.

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