Patriotes

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Déc 012016
 

Tous les vendredis, un bout de rue (De Gaspé et Jean-Talon) vibrait fort dans l’air. Sauf l’hiver, aux fenêtres fermées.

La bruyante fanfare (rudimentaire musique d’un corps de clairons et tambours) éclatait, tonnait au jubé de la salle de récréation de mon école. On disait : « Le salut au drapeau! » Un brigadier de neuvième année lisait d’abord une solennelle déclaration patriotique. Ça se terminait par des: « Je jure… ma vaillance, mon drapeau… ma patrie… » et les clairons surgissaient, nous en frissonnions tous.
Un vague nationalisme, lyrique, généreux, aveugle, catholique et empesé se répandait dans ces années 1930. Ce sera pire quand la guerre éclatera, 1940, etc. Nous disions tous en ce temps-là: « Le Canada, mon pays! » Québec, c’était le nom d’une petite ville lointaine, gentille, insignifiante. Nous respections tous notre drapeau national: un grand linge rouge avec des symboles et, dans un coin, l’Union Jack de Londres, ville banale, rien avoir avec « nous tous », Montréalais prétentieux.
C’est avec les années 1960 que débutera l’actuel (encore vibrant?) nationalisme. Pour ma part, c’est avec le début du R.I.N. avec, donc, mon ami tribun, ce prodigieux Pierre Bourgault, une sorte de dominateur aimable, orateur absolument hors du commun, d’une démagogie toute moderne, que je deviendrai un militant.
Un « engagé fier ». Un enragé aussi parfois, scripteur tout dévoué, de LA CAUSE DE NOTRE INDÉPENDANCE. Avant, je me fichais de cela: la politique. Aucun intérêt. Je n’avais nulle autre patrie que le monde des arts. J’étais d’un certain groupe de jeunes intellos qui ne vit que pour peinture, gravure, sculpture…
Ah oui, les arts.
Ah oui, les arts. Fin de tout sur cette terre! Univers unique, comme totalitaire, exclusif et indifférent aux mondes ordinaires. « Les autres », nous tous, aspirants artistes, on les ignorait. À cette époque, nous méprisions volontiers « les gens du commun ». À nos yeux, le peuple (une molle, froide populace, maudite engeance) baignait complaisamment dans sa tiédeur; tous, des ignares crasses; nos voisins, nos parents, tout le monde autour de nous, formait un vaste régiment d’inconscients, de sordides impuissants, des masses d’aveugles automates. D’utiles cibles pour nos adversaires, tous nos ennemis, étaient de niais serviteurs de —entre autres— nos « bons maîtres », les Anglais, LES MAUDITS « BLOKES ».
Collégiens, chez les Sulpiciens du Grasset, certains prêtres, RARES, nous prêchèrent cette foi nécessaire, cette fierté, et même une certaine volonté de combattants. Certains de ces entraîneurs ensoutanés avaient de la faconde… Alors, peu à peu, dès la classe d’Éléments latins, s’éveilla une certaine prise de conscience.
Je l’ai dit, plongé ensuite (École des arts décoratifs, École du Meuble) dans la sphère des jeunes créateurs, ce sera : « Comment devenir ici » un Picasso, un Braque, un Klee ou un Giacometti? Nous rêvions « en folle et grande vitesse », une candeur! Diplôme en mains, ce sera, hélas, le réveil de tous. « À terre avec la dure réalité à étreindre », comme l’écrivait un Rimbaud, rêveur des rêveurs avant son navrant exil en Afrique.
Le flou, la cassure
La patrie? Le patriotisme? Un mot toujours flou alors. On grimaçait, les jeunes. « Une vieille notion à papa », bonne qu’avec les sbires de ce prof-curé, cet historien « premier », ce chanoine d’Outremont, cet Abbé Groulx. Vaillant initiateur désormais! Nous, la jeunesse de 1950, on fuyait. La guerre nous avait rapprochés de l’Europe, de Paris qui était notre « SEULE » Patrie! Les grands combats (on lisait des revues de Paris!) menaient du surréalisme au cubisme, du pointillisme à l’art abstrait. Un certain brillant animateur, Borduas, formait des équipes de révoltés-des-arts et nous étions emballés. Nos pères (sauf Fortin, et encore…) n’étaient plus que des pondeurs de vieilles croûtes à paysages remplis de clichés candides. Le clivage fut impétueux. Les anciens furent fusillés par notre hargne. Les nouveaux, seuls, eurent le droit de vivre. Alfred Pellan, autre prof et animateur, gagna cette bataille. Et tous ses jeunes suiveurs avec lui.
Enfin, la littérature aussi se fit « secouer le pommier », comme tout le reste. Émile Nelligan, mais à peine, fut tout de même respecté. Gaston Miron, pas né encore, dormait dans des langes étheriennes! Tous les disciples de Crémazie et de Fréchette furent anéantis! Et tout finira par changer. Pas une évolution lente, une brutale cassure. Jeunes gens affamés de neuf, on découvrait les poètes dits de La Résistance, devinrent nos modèles. Char, Breton, Supervielle, Desnos…
L’Hexagone, jeune maison pétillante, forma bataillon. Là que fut installée cette floraison de talents inouïs. Parmi eux, triomphante, l’aile des « soldats à plume », celle d’un patriotisme tout neuf. Exemple anecdotique, café sur café, au caboulot souterrain de mon père (Édouard, le peintre naïf connu) se rencontraient des Jean-Paul Filion ou Pierre Perrault, des Brault ou ce bègue, boutonneux, grimaceur si laid —et le plus doué— Roland Giguère.

Juin 022015
 

 

Je le croisais plus souvent quand, dans Outremont, son « bureau » me rejeta brutalement en 1994. On a bien fait de craindre un type qui aurait bafoué « la ligne du parti ». Je rencontrais, toujours très animé, inspiré, volubile, à jamais enthousiaste, un vrai chef. On avait envie d’accompagner cet homme dynamique. Le temps passa et sa bonne santé le lâchera. Il y avait chez cet homme « sur instruit », une flamme inextinguible, dirait-on, un feu sacré. En 1995, ce chef des indépendantistes, campagne intelligente, habile, rassurante aussi… obtenait la quasi-victoire. 50, 000 voix (manquantes) et il y aurait eu « une patrie ». Un pays pour cette nation vaillamment résistante depuis plus de deux siècles —seule nation française dans les trois Amériques !

L’homme en mauvaise santé est mort, ce premier soir du mois de juin et nous sommes des millions de québécois en deuil. Jacques Parizeau fut d’abord un jeune élève —brillant des plus « grandes écoles » ( Londres, Paris). Un surdoué, pas un insignifiant « fils à papa », non, un très grand bourgeois, un « fils de famille » comme on dit. Un richard pas comme les autres car, jeune, il fut vite conscientisé, politisé. Et, fait rare, un « altruiste ». Il va prendre des risques, sera incapable de se taire, incapable de ne pas désirer « un pays ». On imagine le lot de ses adversaires, ceux « sans aucune fibre patriotique », les déracinés volontaires du genre « citoyen-du-monde ». Masque qui signifie : béate soumission à l’empire-USA. Ce Parizeau qui savait compter fut donc haï et combattu par nos « énerveurs » économiques de jadis.

Désormais retiré et sage, heureux en ménage, amateur de vignoble, « monsieur » menait une vie calme mais on le verra, dans une entrevue télévisée troublante, grande sombre auguste, silhouette imposante dans une allée d’arbres…Oh ! Dérangeantes images d’un ex-batailleur —de la cause sacrée. Un militant las, visiblement affaibli et… un peu amer. Les images de la toute fin de ce vidéo sont terribles : Parizeau s’enfonce dans son hiver, muet, vouté, seul, si seul ! Ce référendum perdu, 1995, très, très indigeste ! Échec qui lui a fait très mal. Le grand Dostoïevski, un temps exilé, déclara : « Être apatride est le pire des maux sur cette terre. » Pour plusieurs « la patrie » n’est qu’un « Costco » pas loin, avec un « Walmart », un « McDo » et un gros en vue !

Parizeau est mort, allons-nous guetter longtemps encore l’arrivée d’un tel brillant tribun, à la fougue chaleureuse ? Ce jeune Péladeau est une bonne promesse.

Un temps, je le voyais souvent « ce grand mort » dans son resto favori, au nord de la rue St-Laurent, entouré des fervents et fou de bonheur comme un vieux gamin. Certains jours en prêcheur de philosophie, militant respectueux entier en faveur de la démocratie. Oui, certains adversaires l’aimaient et me le disaient. Je l’ai vu aussi, les yeux trempés de larmes à la « Centrale » de la rue St-Hubert, abattu, déçu, accablé. À la mort de sa première compagne de vie —ma camarade écrivaine, Alice Pozsnenska— j’ai pu un homme très digne, plié de détresse, tête basse, avec le regard perdu au cimetière. Le temps passait et trop vite. Parizeau est donc parti encore et toujours apatride. En 1995, si proche d’une victoire, hélas, il démissionnait; peut-être qu’il a regretté cette grave erreur rendu si proche d’une patrie bien à nous !

Paix à ses cendres !

Claude Jasmin

écrivain, Ste-Adèle

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Mai 292014
 

Mon titre est celui de la chanson nommée « la plus belle de toutes » dans un sondage; Léo Ferré la chante avec cœur. On regarde, ces soirs-ci (archives des guerres) les grandes tueries en Europe; les horreurs du siècle qui vient de finir. On s’incline devant ça, pas par respect, par envie de vomir !

Je me demande : que pensent les jeunes de ces époques à fous furieux (Hitler, Mussolini, Staline) aux manettes de commande. Ici, autour de moi, de nous tous, le monde continue; tenez, ma fille fraîchement rentrée de Floride est bousculée : actions de bénévolat à reprendre. Mon fils, Daniel, plongé en traitements pour de satanés maux de dos. Marco, gendre idéal, tient sa nouvelle voiture, doit vendre la vieille. Thomas, un petit-fils, prépare aux HÉC un stage au Brésil.

Ainsi va le monde, n’est-ce pas ? Du trouble, des énervements. « Le temps, le temps et rien d’autres », chante ma radio, oui, le temps ! Qui se sauve de nous en ricanant. Quoi ? Chanceux, les étendus dans des hôpitaux ? Certes non. Il reste, oui, le temps passe trop vite. Alors je cours me cacher de lui et, sifflotant, le nez en l’air, je baigne dans la piscine d’eau chaude extérieure à L’Excelsior. Chacun dans son coin vit la bousculade familière des éphémérides inévitables.

Brève halte pour regarder passer, ému, le grouillant défilé écolier allant à la plage, reliés par un cordon à la monitrice. Et à la vie. Hélas, voir d’autres visages d’enfants dans le journal. Voir la détresse en Afrique noire, Moyen Orient. Voir un maigre gamin aux yeux intelligents mendier à un coin de rue de Bangkok. Oh ! Pas loin d’ici, dans un taudis des Appalaches (Maine), d’autres miséreux. Mon Dieu, dans quels sales trous avez-vous mis tant d’humains ?

Fin donc des « Guerres Mondiales » mais, toujours la persistance des conflits régionaux. Des enfants armés, enrôlés ! Jadis, on savait rien; à 15 ans, courant les filles —de Villeray— sur mon vélo, alors qu’à Paris des bombes pleuvaient, tu me l’as raconté cher Paul Buissonneau; à Londres, à Berlin, à Rome, des enfants couraient aux abris. 2014 et, désormais, on voit tout dans votre salon. Un Sadam Hussein, sortant de sa cachette, seul et se faisant farfouiller la gueule comme un malpropre. Nous ? Non, on voyait peu le dément Hitler ou le despote tyrannique, Mussolini. Ou ce «  tueur en séries » Staline —un temps notre allié ! Assis au salon, on a vu ce « saudit » Oussama Ben Laden se faire assassiner par la Cia. Meurtriers autorisés par Washington ! Encore ? Assis dans un bon fauteuil, voir, couvert de crachats et pissant le sang à pleine gueule Kadhafi, colonel —vénéré à l’Élysée un temps.

Sainte-Adèle dort sur ses deux oreilles. Chantons « Le temps, le temps et rien d’autre » ou le Trenet de « N’y pensez pas, n’y pensez pas trop »…à ces écolières (au Nigéria) enlevées par des « Fous d’Allah ! Mahomet, détestait-il l’instruction autant que ces cons de Juifs Hassidims tordus de Ste Agathe à Outremont ? Ô pauvres prophètes, pauvre Jésus voyant la vieille catholique dégueulasse Espagne de la sordide « L’Inquisition ». Pauvres évangiles, pauvre bible (Thora), pauvres épîtres (Talmud), vieux grimoires interprétés par des tarés. Bon. Assez. Il y a le quai à « remenuiser », la clôture à redresser, le BBQ à dégraisser juste dire que ceux qui se plaignent, ici, en contrées tranquilles, mériteraient de crever. Un scandale de des braillards râler pour vétilles et broutilles. Des ingrats car nous avons un devoir, privilégiés d’occident : sourire à la vie.

Nov 252013
 

J’aurais jamais cru cela : que je m’attacherais —après quelques décennies à Ste Adèle— à ce point; c’est rendu que je déteste retourner à Montréal, la métropole ! Vendredi dernier, bien obligé (mon éditer XYZ) d’aller Au Salon du livre. Je tempêtais dans ma Honda et mon « chauffer privé » —une femme dont je suis fou— en rigolait. Mais je sais qu’elle est comme moi et que de… «  descendre en ville » ne la réjouit plus du tout.

Ce « Saloon… » à la Place Bonaventure, ouf !, quelle belle grande fête hein ? Illusion car les gens lisent de moins en moins, hélas, une sale vérité souvent niée tant on refuse le fait. Il est têtu pourtant : le monde ne lit plus. Les cinq chers petits-fils du « grand écrivain » ( Louis Cornellier dixit) ne sont pas « des gens à livres ». Ils « très » branchés et foin du papier imprimé et relié. C’est : Vive le Web, vive le Net, google, wikipédia et cie ! Vive l’ère de l’électronique, y compris ses jeux. Quand la pub du Saloon dit : 150 000 visiteurs, comprenez bien qu’il s’agit d’un infime minorité de Québécois car de St Jérôme à St Jean Iberville, vivent 3 millions des nôtres !

À mon kiosque XYZ, néanmoins grand plaisir d’y recevoir quelques chaleureux « fans », dont pas mal d’adèlois ! Ces chaleureux sont venus me serrer la pince, bavarder et m’encourager parfois en se procurant ce « chef d’œuvre » dont parlait « Le Devoir » en début de mars: « Anita, une juive numérotée. » À ce propos, dimanche, au Saloon, Place de l’Agora, l’on m’organisait une sorte de débat entre Dame Ravary, ex-convertie aux juifs Hassidims, et l’éditeur et auteur, Vanasse. Ce dernier publie un bouquin de sa généalogie, cela jusqu’à des ancêtres juifs en Hollande (les Van Hasss), même en Pologne ! À la fin, du petit « show », une vieille dame —de confession juive— est venue aux micros pour m’agonir d’injures (si j’en crois une jolie guide qui en riait). Le malentendant que je suis devenu n’a rien compris, voulant savoir, on m’a dit que « la madame » était toute confuse dans ses griefs, peu claire dans ses horions. Mais la chroniqueuse de Journal de Montréal, Dame Ravary, doit savoir quand elle vante les meilleurs rapports désormais entre sa chère secte et nous (à Outremont sinon ici, à Ste Agathe) que je m’en attribue volontiers les mérites. En 1988, il y a 25 ans, quand tous se taisaient, rectitude de cons, j’ai protesté dans l’hebdo d’Outremont face à un vrai racisme juif. Je fustigeais l’écœurant racisme des orthodoxes juifs. La Ravary a raison, leurs chefs ont compris et ils changent assez vite, une des leurs deviendra même candidate aux élections !

En ce moment, mardi matin, je vois le lac tout proche qui va se figer. Pour des mois. J’observe de la fenêtre de mon petit bureau une virtuelle glace, c’est de l’ardoise, mi vitre, mi pierre, vaste miroir d’un noir d’enfer, recouvert d’une espèce de glauque pellicule. Ça y est, c’est l’hiver qui entre. Il va vraiment neiger. Alors, spectacle magique réjouissant, sur la glace du lac, les samedis, les dimanches ensoleillés, on viendra nombreux. Les promeneurs sur les anneaux balisés vont venir tourner dans la lumière « la plus belle de toute la planète ». Oui, la science l’affirme : au sud, ils n’ont pas cette beauté lumineuse. Ni en Floride, ni aux Antilles. C’est chez nous, par ici, la luminescence vibrante… vive le boréalisme ! Cette luminosité éclatante s’en vient donc, dire merci alors aux millions de millions de cristaux de neige qui la reflète. Ah oui, on se baignera de lumière très bientôt, accompagnés de belles compagnes. Parfois avec, en laisses, les plus jolis spécimens de la race canine. Enfant, j’aimais l’hiver, ses jeux, forts, labyrinthes, traîneaux, patins et skis— vieillard, j’aime de nouveau l’hiver, pour sa lumière.

 

 

Juil 162013
 

 

Haïssez les entrepreneurs cupides qui coupent sans cesse dans les dépenses en vue de profits exagérés mais n’haïssez pas les trains. J’aime les trains, moi ! À cause du tragique accident au Lac Mégantic on a lu : « le maudit train fantôme, le démentiel train fou et ce salaud de train ». N’haïssez pas les trains mais ces avides brasseurs d’affaires qui négligent la sécurité du monde. J’aime les trains, moi.

Par temps « calme », certains soirs rares, enfant, j’entendais rouler —vous savez bien, ce son si caractéristique— le convoi ferroviaire dans la rue De Fleurimont (devenue Rosemomt ) à quatre rues de chez moi. J’ai aimé tout de suite le confessionnal de Josélito Moreau à cause de son train. J’étais fou comme un balai quand papa m’amenait avec lui, en train, au chalet de Pointe Calumet. J’aimais le train, son balancement, ballottement —vous savez bien, debout, il faut parfois s’accrocher— son goguenard conducteur et sa poinçonneuse, ses appels grognés : « All aboad ! Île Bizart, Île Bigras, Ste Dorothée, Laval Links, St-Eustache ! »

J’adorais, les jours de congé, avec les copains, aller flâner à la jolie Gare Jean Talon, près de chez moi, ce bonheur de voir partir ou arriver tous ces trains dans cette sorte d’église-du-chemin-de-fer ! Mon père, lui aussi, aimait les trains qui scandaient ses heures, ayant été élevé Rang du Crochet, à Laval des Rapides. Trains dont celui « Montréal- Québec », sur lequel à 15 ans je fus serveur —« sandwiches liqueurs cafés, thés ». Mon oncle Léo y était le cantinier. Bonheur et fierté d’apprendre à rester debout quand, « à fond de train » ?— file le redoutable et fumant engin noir ! On disait aussi « à l’épouvante ».

Vivre et élever ses deux enfants, durant des décennies, dans le Vieux Bordeaux avec dans l’un des quatre horizons, cette même ligne de chemin de fer et aimer ses convois, de marchandises ou de passagers. Sursauter parfois aux brefs mais alarmants coups de sirène, sourire de sa cloche. Sorte d’horloge en effet tant les passages sont à intervalles prévus, calculés. Plaisir vif d’apercevoir qui nous faisait de vigoureux saluts, ce même frère de papa, l’oncle Léo qui vieillissait fidèle au C.P. R. Dès lors Aimer à jamais le bruit comme fatidique des trains.

Devant aller dormir à notre pied-à-terre, Chemin Bates, (où aurait dû se construire avec bon sens le CHUM) à la frontière nord d’Outremont, c’est, immanquablement, le passage à n’en plus finir des longs convois de (jadis on disait de « freights ») de vrac inconnu. Dan les soirs, ces trains roulent vers l’ouest ou vers l’est avec l’éternel « ronron » à saccades rythmées. L’hypnotique chanson à voix basse, triste litanie prévisible. Un bruitage comme un comme un coeur qui bat. J’écoute cette mélopée triste, ce cantique pesant, qui achève chaque fois de me faire sombrer dans les bras du dieu Morphée. Oui, un somnifère efficace. Écouter cette berceuse un peu acariâtre, cette musiquette d’une mémé grognonne.

Mais oui, j’aime le train, moi ! Haïr ce maudit train fou de Mégantic, non. Haïssez ces maudits harpagons funestes, ces avares égotistes qui coupent ici et là, sans cesse, pour plus de profits aux actionnaires spéculateurs. Haine aussi pour tous nos élus mollusques —« responsables irresponsables de leurs responsabilités ». Honte aux complaisants complices qui ne prévoient rien pour réguler ces escrocs publics.

Et vive les trains !

 

 

MAUDIT TRAIN ?

Haïssez les entrepreneurs cupides qui coupent sans cesse dans les dépenses en vue de profits exagérés mais n’haïssez pas les trains. J’aime les trains, moi ! À cause du tragique accident au Lac Mégantic on a lu : « le maudit train fantôme, le démentiel train fou et ce salaud de train ». N’haïssez pas les trains mais ces avides brasseurs d’affaires qui négligent la sécurité du monde. J’aime les trains, moi.

Par temps « calme », certains soirs rares, enfant, j’entendais rouler —vous savez bien, ce son si caractéristique— le convoi ferroviaire dans la rue De Fleurimont (devenue Rosemomt ) à quatre rues de chez moi. J’ai aimé tout de suite le confessionnal de Josélito Moreau à cause de son train. J’étais fou comme un balai quand papa m’amenait avec lui, en train, au chalet de Pointe Calumet. J’aimais le train, son balancement, ballottement —vous savez bien, debout, il faut parfois s’accrocher— son goguenard conducteur et sa poinçonneuse, ses appels grognés : « All aboad ! Île Bizart, Île Bigras, Ste Dorothée, Laval Links, St-Eustache ! »

J’adorais, les jours de congé, avec les copains, aller flâner à la jolie Gare Jean Talon, près de chez moi, ce bonheur de voir partir ou arriver tous ces trains dans cette sorte d’église-du-chemin-de-fer ! Mon père, lui aussi, aimait les trains qui scandaient ses heures, ayant été élevé Rang du Crochet, à Laval des Rapides. Trains dont celui « Montréal- Québec », sur lequel à 15 ans je fus serveur —« sandwiches liqueurs cafés, thés ». Mon oncle Léo y était le cantinier. Bonheur et fierté d’apprendre à rester debout quand, « à fond de train » ?— file le redoutable et fumant engin noir ! On disait aussi « à l’épouvante ».

Vivre et élever ses deux enfants, durant des décennies, dans le Vieux Bordeaux avec dans l’un des quatre horizons, cette même ligne de chemin de fer et aimer ses convois, de marchandises ou de passagers. Sursauter parfois aux brefs mais alarmants coups de sirène, sourire de sa cloche. Sorte d’horloge en effet tant les passages sont à intervalles prévus, calculés. Plaisir vif d’apercevoir qui nous faisait de vigoureux saluts, ce même frère de papa, l’oncle Léo qui vieillissait fidèle au C.P. R. Dès lors Aimer à jamais le bruit comme fatidique des trains.

Devant aller dormir à notre pied-à-terre, Chemin Bates, (où aurait dû se construire avec bon sens le CHUM) à la frontière nord d’Outremont, c’est, immanquablement, le passage à n’en plus finir des longs convois de (jadis on disait de « freights ») de vrac inconnu. Dan les soirs, ces trains roulent vers l’ouest ou vers l’est avec l’éternel « ronron » à saccades rythmées. L’hypnotique chanson à voix basse, triste litanie prévisible. Un bruitage comme un comme un coeur qui bat. J’écoute cette mélopée triste, ce cantique pesant, qui achève chaque fois de me faire sombrer dans les bras du dieu Morphée. Oui, un somnifère efficace. Écouter cette berceuse un peu acariâtre, cette musiquette d’une mémé grognonne.

Mais oui, j’aime le train, moi ! Haïr ce maudit train fou de Mégantic, non. Haïssez ces maudits harpagons funestes, ces avares égotistes qui coupent ici et là, sans cesse, pour plus de profits aux actionnaires spéculateurs. Haine aussi pour tous nos élus mollusques —« responsables irresponsables de leurs responsabilités ». Honte aux complaisants complices qui ne prévoient rien pour réguler ces escrocs publics.

Et vive les trains !

Avr 232012
 

Le président futur de la France: « Je n’aime pas les riches ». On lit ça… comme médusé. On se dit : Est-ce que j’aime les riches ? Comment mettre tout le monde (des riches) dans un même sac. N’y aurait-il pas des riches aimables. Peut-on dire :  « Je n’aime pas les pauvres ! » Quel risque électoral prend « le socialiste » à proclamer sa haine des riches ? Aucun. Il y a peu de riches et beaucoup de pauvres. Un romantisme datant des « années dix huit cent » criait : les riches, tous des salauds exploiteurs ! Les foules aiment les images…simplistes. Il y a des riches travailleurs, entreprenants, audacieux, acharnés face au succès. Une réalité. Il y a, certes,  des riches chanceux, beaucoup sont né en milieux favorisés et profitent de ce hasard-destinée. C’est injuste ? Fatal ?
Dans un (piètre) documentaire sur « Les belles soeurs » de Tremblay, on a émis l’opinion que c’était un texte sur « la jalousie ». Très vrai. La belle-soeur chanceuse se fera voler ses bons-coupon par ses propres belles-sœurs. Avouons-le, ce je n’aime pas les riches signifie « je suis « jaloux » des riches. J’ai connu des riches merveilleux. Un exemple ? Un très haut fonctionnaire (d’Outremont) qui nous hébergeait, bande de jeunes aspirants-artistes, à son domaine du Lac Brome et qui se faisait volontiers le mentor naturaliste. Claude Mélançon. Un autre ?  M. Chagnon. Qui soutient de son argent (via la vente de Vidéotron à Quebecor) une immense fondation caritative.
La « chasse aux riches » s’avéra un échec et causa le malheur de nations entières martyrisés par despotisme et dictature. On sait la catastrophe de « l’égalitarisme imposé » en pays soviétisés (Chine comprise). Pékin bichonne « ses riches » désormais. Parlant des « Belles soeurs » montrées en 1968,  la caricaturale Madame Courval paraîtra aux québécois —le moindrement lucides— non plus la maudite snob méprisante mais la clairvoyante. En 2012, elle aurait bien raison d’avoir honte de notre parlure brouillonne, de nos accents invertébré et de nos bouches-molles. De notre jargon, argot de paresseux, baragouin pour primates, créole à charabia pour jeunesse molassonne. Charabia « jello ».
Déprimé le chroniqueur ? Non, j’entends des jeunes qui se corrigent, j’en ai croisé en trois endroits :

  1. parmi d’autres opérés comme moi (pour des cataractes),
  2. dans le public d’un film à l’humanité merveilleuse, que je vous recommande chaudement, « Les Intouchables » au cinéma Pine.
  3. au lumineux resto, le plus joli de nos parages, le Viva Vina,  de biais avec le centre commercial de Ste Adèle. Là où l’hôte (sosie de Guy Laliberté), est le petit-fils de notre toute première « Donalda », Nicole Germain. Sa mamie chérie dont il cause et jase sans charabia et avec une belle empathie.

ALEXIS, VIANDE À CHIEN !

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Jan 252012
 


Grignon, dans sa bien longue saga laurentidienne fit de son Alexis un symbole de liberté, un fier beau gars privé de son égérie, la soumise Donalda, « vendue » par son père. Il y a un autre Alexis, acteur et auteur, un petit bourgeois d’Outremont, élève d’une école avant-gardiste et qui aura bien meilleur destin qu’Alexis Labranche. Cet autre Alexis, questionné par Dame Pétrowski m’en apprenait sur mon petit camarade de la SRC, Louis.

Cet Alexis, pondeur de « Matroni et moi, s’installe dans la maison d’enfance, fouille « le tombeau » du papa disparu; comment faire « le ménage » des archives ? J’ai confiance. Louis fut un journaliste emeritus de la jeune télé publique et son fils devra raconter les débuts de la « Révo dite tranquille ». Hâte de lire cette biographie car n’est-il pas étonnant que notre libération ait eu comme riche source une machine fédéraliste d’Ottawa, Radio-Canada. Le fier Pet Trudeau, d’Outremont lui aussi, voyait notre néo-nationalisme comme « plaie d’Égypte ». Il s’écrira : « On va mettre la clé dans cette boîte, Radio Canada, ce nid de séparatistes ! » Ce fut l’annonce de « radio-cadenas » ! De nos jours, Radio Canada a précarisé tous ses employés et « presque tout » est confié aux « privés ». Rien à craindre. Le Radio Canada de feu Martin fut une efficace machine, essentielle à notre nationalisme nouveau.

Son papa, comme tant d’autres, fut de ceux qui devaient calculer les coups portés. Rivaliser d’astuce pour participer au neuf nationalisme qui n’avait plus rien à voir avec le nationalisme duplessiste, clérical et conservateur. Pauvre Trudeau, le dénommé « Réseau français » était un « foyer actif » de nationalistes. Duplessis était hanté par la haine du socialisme, Trudeau, lui,  par ce fringuant Québec nouveau « Deux frères » au fond, Pet et Maurice ! Alexis racontera ce brillant Louis et en viendra forcément à raconter ce beau cortège libérateur.

Cet Alexis-là, jeune choyé, va se passionner pour le théâtre, existence risquée, il va s’associer avec Robert Gravel, le fondateur de la LNI et puis auteur. Robert n’a pas connu la jeunesse outremontaise, il venait d’Hochelaga Maisonneuve. C’est rue Parthenais, angle Ontario, qu’il installera son toujours excitant théâtre. Alexis, jeune, dit Petrowski, dévorait les écrits de Tolstoï mais Gravel s’adonnait, houblon en main, à ses chers « jeux-de-société ». Mort jeune, Gravel inventera une dramaturgie à l’hyperréalisme étonnant, forts textes.

Rue Parthenais, désormais y officie Alexis. Parfois en pièces exotiques bien éloignées de l’essentielle quête d’identité. Le papa d’Alexis, journaliste hertzien donc, fut un ardent acteur et observateur en nos batailles libératrices là où il y avait plein  de collabos fédérats parmi des valeureux « résistants » et, fort  imprudents, certains se firent congédiés. Brutalement. Gérald Godin, Louis Bourdon, aussi un Norman Lester. Paradoxalement ce Radio Canada d’antan, toujours guettée par l’État fédéral, fit naître l’actuel Québec moderne,  Fier-Pet fut cocufié.

 

 

Oct 272011
 

Au « Phénix », Chemin Bates à Outremont—où nous avons un mini appartement (pied-à-terre)— m’arrive une Raymonde excitée : « J’ai jamais vu ça, une bestiole blanche comme neige, albinos, un écureuil habillé d’hermine, déguisée « en immaculée conception ! » Suis jaloux; c’est pas à moi —qui aime tant les p’tites bêtes— que ça arriverait. Le surlendemain, rentrant à pied de « Chez Serge », à ma chère École Hôtelière : un écureuil… d’un noir total, une vraie boule de noir-à-chaussure. Il grimpe sur le Sacré-Coeur devant l’église. Tache noironne sur le cœur très sacré ! Puis s’amène une (pas moins) noire… corneille…qui se pose sur le crâne de béton du Jésus (moulé en série). Une noiraude peluche, trépignante, animée !

En 1945, le grand frère de papa rentre de 20 ans de Chine-du-nord. Il apprivoise sur son balcon du couvent de Pont Viau, des écureuils… « noirs », me disant : «Ça nous vient de Belgique, ces noirauds-là ». Je les observais qui mangeaient dans la main du missionnaire retraité (aux curieux : je raconte mon oncle Ernest dans « Chinoiseries », vlb-éditeur). Rue Beauchamp, mon p’tit nègro court sur le balcon d’une maison « toute bleue », la demeure, m’a-t-on dit, d’un adolescent du nom de Claude-Henri Grignon ! Et de ses frères. Leur papa, veuf mais remarié, vivait juste à côté, rue Morin. La cause ? La haine de ses fils pour « sa » deuxième femme. Le « gros docteur » avait fait construire un tambour-passage reliant cette maisonnette bleue à la sienne et on peut aller voir les traces de ce tunnel autour des deux portes, celle de la « bleue » et celle dans la cour, rue Morin. Allez voir, coin Beauchamp, cette longue maison du « papa boudé » avec sa cocasse rangée de cinq (5) pignons au dessus des cinq (5) mini balcons.

Au « P’tit resto’ —devenu un smoked-meat— rue Valiquette, un soir d’été, il y a longtemps, un quasi centenaire, monsieur Lupien (mort il y a peu), me jasait du passé; ô la belle soirée « d’audience » du souverain-conteur; on me connaît, je buvais ses… souvenirs. Mais comment savoir si cet aïeul n’inventait pas ! Un midi, il y a longtemps, je voulus présenter l’ancêtre Lupien au chanteur Claude Dubois mais, en retard, Dubois resta juché sur son Harley-Davidson. La crédulité du monde ? Dubois me confia : « Écoute bin ça, j’ai loué au Sommet Bleu, juste à coté de la croix lumineuse. Je raconte aux gens que, chaque soir, c’est moi qui plogue le crucifix de fer et que, tous les matins, je dois aller tirer la souitche. On me croit ! » Il riait.

      Bon, vas-y, installe-toi bien novembre. Enfin remplis les sacs orange de feuilles mortes. Pas par moi, trop vieux votre chroniqueux, il ne s’échine plus au râteau. « 81 » sonné jeudi dernier.  Humiliation bégnine ! Me reste à guetter « mon écureuil noir » et espérer en voir un tout blanc. Au fait, à quand la première neige ?,  blanche comme l’écureuil du Phénix à Outremont.

Oct 212011
 

À LIRE POUR PAS MOURIR IDIOT

 

« POING À LA LIGNE » …est un bouquin captivant du Norman Lester ( Intouchables, éditeur) Vous lirez :

1-que le juge Gomery n’a fait mettre en prison AUCUN politicien libéral pourtant mêlé aux « Commandites »; pas un seul

2-que les « Truthers-à-complots » affirment les chefs de la CIA ont versé 700 millions ($) à Al Qaïda pour septembre 2001

3- que nos policiers dirigent souvent une entreprise privée en plus de leur job de flic

4- qu’il y a « une maffia amérindienne » à Akwasasne, nous privant de 2 millions et demi ($) de revenus en impôts

5- qu’un demi-million de francos hors-Québec ne font rien pour combattre à nos côtés (pour le français en péril)

6-qu’au Pentagone —où l’on aurait  initié l’Internet et le GPS— des scientistes planchent sur un avion capable aussi de naviguer sous la mer, aussi à « comment réussir à hiberner »,  avec essais actuels sur des cochons

7- que l’on taisait qu’il y a quatre ans, le frère de Mitterrand, africaniste, Jean-Christophe fit 90 jours de prison pour fraudes

8- que ces Grecs paressent et détestent payer des impôts, victimes « gâtés-pourris » de la longue domination par les Ottomans,

9- qu’Israël, jadis, vendait des armes ($) aux racistes de l’Afrique du Sud solidifiant ainsi leur racisme

10-que l’Ontario (et la Colombie) deviennent bilingues… mais « Anglais-Chinois ! »

11- que des 20 villes les plus polluées,16 sont en Chine

12- que les Mohawks d’Oka, originaires du nord de New York, n’ont pas de « terre ancestrale », installés là par les Messieurs de Saint-Sulpice

13- qu’il y a une milice armée Mohawk, les Warriors, des vétérans du Viêt-Nam souvent et que la population les déteste

14- qu’à Outremont on trouve vingt synagogues juives (20 !) et que seule la ville de  Jérusalem en aurait autant

15- que désormais la police peut vous espionner à volonté via les Blackberry et Cie, ces machins comme centrale d’écoute

16- qu’une fois les Marines partis en Irak—après un demi million de civils tués— il y aura alliance ( des Chiites) avec l’Iran; ainsi la ruineuse « guerre de Bush « …un gaspillage favorisant l’Islamisme

17- que Lise Payette a commis une énorme bêtise en 1978  avec sa « no fault law », des tueurs » au volant riches se retrouvent avec rien à payer en dommages

18- qu’au Rwanda, le protégé des USA, Kagamé, a lui aussi commis un génocide avec l’aide de Congolais

19- que le reporter Bob Woodward (Affaire Watergate) révèle dans son livre « VEIL » :  dès 1984, sous Reagan, la CIA enseigna le terrorisme anti-Urss à de futurs Talibans

Ah oui, lisez ce « Poing à la ligne » révélateur et vive Norman Lester qui fut congédié de Radio Canada quand il fit éclater le scandale des « Minutes du Patrimoine » propagande avec Guy-R. Scully. Ajoutons : cher Pierre-Karl Péladeau, la CBC-SRC mérite du questionnement, c’est plus de 999 millions ($) par année de notre fric public.

 

Août 302011
 

Voici une lettre ouverte refusée partout (ou presque). Ni Le Devoir ni La Presse n’ont accepté ma mise en garde. J’ai l’habitude comme vous le savez. Claude.

 
Thomas Mulcair, que certains Québécois souhaitent comme nouveau chef du NPD, a-t-il des squelettes dans son placard ? Il a attaqué le Bloc, a dit de Gilles Duceppe qu’il n’était qu’un « revanchard ». «  M. Duceppe est contre la paix linguistique et il attise des attitudes revanchardes (… ) le Bloc est né des querelles du temps de l’échec de Meech,  c’est dépassé. »

Cet ancien ministre de Jean Charrette fit partie de « Alliance Quebec », un mouvement, on le sait,  e consacrant à lutter contre le français prédominant, contre la loi 101.  « Qu’il a voulu démolir » —disait la presse du 12 octobre 2007. Mulcair a voulu abattre une loi qui est notre essentielle sauvegarde; loi installée avec courage malgré les réticences de René Lévesque par feu Camille Laurin. Questionné, il répliqua : » J’y suis pas resté longtemps à « Aliance. » Hum…le politicien a senti une soupe chaude mais quelle est le fond de sa pensée ? Hum…

Ironiquement, paradoxalement, Mulcair, ex-député libéral, acceptait plus tard de siéger au Conseil de la langue française.

Devenu démissionnaire du parti libéral fédéraliste et passant carrément au domaine politique d’Ottawa, via le parti NPD-centralisateur, son élection dans Outremont comme député n’effacera pas ses premières amours, premières convictions.

« Bon Jack » Layton, regretté chef du NPD, charismatique et fort jovialiste, guilleret et sautillant, sympathique, tout le monde en convient, est mort et ce Thomas Mulcair serait favori pour lui succéder. Mais « Je me souviens » n’est pas qu’une vaine devise et les Québécois doivent se souvenir d’un Mulcair francophobe qui a milité un temps pour démolir l’indispensable « Charte » de Camille Laurin.

Passé donc à la politique fédérale, notre Thomas affirme encore n’aimer que « la paix » linguistique…  À quel prix ? Il parle de « ponts » entre anglos et francos… À quelle condition ?

Il faut dire aux innocents aveuglés : méfiance.

 

Claude Jasmin

 

(Sainte Adèle)

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