Avr 242017
 

Paul oh Paul,!, tu en avais assez et tu t’en vas ? 

Merde, mon cher vieux comédien-resté-enfant, où donc iras-tu installer ta flamme ? Tu brulais. Sans cesse. Avec discrétion. 

D’où sortais-tu, ivre de scène, certains soirs, mon cher Paul Hébert, toi, jadis, en jeune homme aux perpétuelles sourires de bons jocrisses ? Tu avais des manières étranges et neuves, des sortes de poses modestes. Avec une distinction rare, aristocrate théâtreux toujours déguisé, personnage bizarre, intrigant, surprenant, inédit, étonnant, tu m’offrais, décorateur, un Shakespeare au Chantecler-Hotel. Premier théâtre d’été. …. 1er patron donc, comme un faux-boss, discret, retranché, prudent, méfiant aussi, tout enfoui de la tête aux pieds dans tes secrets, avec tes sourires crasses, tes mines de chat malin, ta voix de velours.

Tu étais bienvenue en métropole, cher Hébert venu de la Vieille Capitale, fantôme parmi nous les bohémiens de Montréal, on te disait « oui », on te disait bienvenu, tout le clan métropolitain. Oui à ce grand déglingué, ce Québécois de Québec aux gestes d’un fieffé ratoureux ! Ta voix comme grincharde (sic), engin curieux, voix de grinçements mais si chaude aussi. Ton bizarre accent bien à toi, séduisant. On saluait ce « retour au pays », ce revenu du prestigieux « Old Vic » d’Angleterre. ! 

Ainsi, tu t’en es en allé. Ainsi ?

Adieu donc. Parti: vite, drette, sec, net…Oh Paul, merde, on va s’ennuyer de toi. Dès ton arrivée à Montréal, on avait bien  senti, nous tous dit du « milieu », ce nouvel apôtre fou, allumé, malin, bourré de dons et on t’ouvrait bien grands les bras alors !

À te revoir camarade Hébert ! Haut.

(30)  

Fév 282017
 

 

L’année 1975, inoubliable pour ma carrière en cours, une année étonnante, ce sera pour moi une année épatante, fructueuse, et qui me combla à fond comme auteur. À la télé, j’ai sans cesse des invitations. Pour des billets. Des débats à Tva, Canal 10. Michel Tremblay en est très souvent et il affirmera s’être fait connaitre grâce à ces prises de bec. Celles surtout sur le « joual ».

On m’offre souvent des participations à des talk-shows, j’y passe l’un après l’autre. Je me ferai vite une réputation de farouche pamphlétaire. Et à jamais.

De plus, en 1975, je serai invité par le fondateur Pierre Péladeau (qui m’appelle son p’tit bum préféré) comme chroniqueur. Il y en avait très peu à cette époque. Cela tous les matins donc 365 articles par année ! Et durant des années ! Cette année-là, le quotidien « La Presse » publie, chaque soir, la biographie de mon enfance, « La petite patrie ». Le quotidien avait été son éditeur.

Comment ? En 1972, j’allais expédier « La petite patrie » à des éditeurs de Paris, me disant, que l’extrême « régionalité » du sujet pourrait justement faire son succès, par exotisme. Le lendemain de Jour de l’An 1972, rencontrant Stanké dans le hall de Radio-Canada il me dit souhaiter très fort publier un texte de moi. Flatté (?), je lui donne le manuscrit et Alain l’accepte le lendemain et il en fera un succès fécond.

Avec femme et enfants ( Éliane et Daniel), en vacances d’été de 1964, ce sera en petite coccinelle-63 le classique « tour de la Gaspésie ». J’en rêvais. Au retour, en janvier de 1965, j’ouvre ma petite « Royale portative ». Et toute l’ossature du roman « Pleure pas Germaine », chapitre après chapitre, va se rédiger fidèlement à partir de mes notes de voyage. De Villeray (rue Drolet) à Percé, et cette nuit de feu-de-camp.

Devenu pigiste à « Québec-Presse »— dirigé par Gérald Godin qui est aussi éditeur de la revue « Parti-Pris » (ainsi que des éditions éponymes), je confie à Godin le manuscrit gaspésien. C’est 1965 et lui-aussi, comme Stanké, me dira « oui » le lendemain de sa lecture. Ce sera un « hit » renversant.

Mon tout premier roman écrit en 1958 (avant 1960 et« La corde au cou ») parut en 1959, dans une revue littéraire à tirage plutôt confidentiel : « Les Écrits du Canada » (le numéro 7). Stanké, bombardé chef-éditeur chez l’énorme « L’Hexagone », ayant lu ce numéro 7 des « Les Écrits…», voulut en faire un livre et le fit. À mon grand contentement.

-30-

Fév 102017
 

 

Il y a déjà presqu’un demi-siècle, un soir de 1968, une bombe éclate en pleine Avenue des Pins. Sur cette petite scène du théâtre de Quat’Sous, Avenue des Pins, éclate donc de neufs jeunes talents. Show avec des chansons effrontées (la torrentielle Louise Forestier) des dialogues fous (le grand démonté Robert Charlebois) et un culoté fort insolite qui soliloque ( l’efflanqué Yvon Deschamps).

Le public est sur le cul, éloigné très brutalement des vieux classiques (TNM, Rideau Vert, etc.) et va naître un curieux nouveau « classique » : Ostidshow. 1968 et je venais de publier, (chez le Parti-Pris de Gérald Godin) en patois jargonnique bien d’ici : « Pleure pas Germaine ». Bang !, critiques négatives très raides partout pour ce roman qui deviendra pourtant un « classique québécois ». Sera réédité sans cesse (chez L’Hexagone). Québec en « révolution tranquille » se poursuivra partout et vint donc cette bombe que fut l’ « Ostidshow ». Alors, le triste orphelin de Gélinas (« Fridolin ») ne régna plus seul, le vieux « Séraphin » de Grignon était distancé, ce pauvre livreur à vélo, (Raymond Lévesque), ce timoré « Médé » de Marcel Dubé, serait vengé.

Les héros nouveaux vont s’assumer, vont parler cru, blasphèmeront parfois car ce Canada-Français voulait s’épivarder, s’affranchir, se libérer à jamais et il le fera, carrément se révoltera. D’abord au petit « Quat-Sous », dans ce texte devenu aussi un classique. L’Ostidshow fut un cruel miroir, très gênant, une franche glace sans tain braquée sur nos catholiques populations intimidées.

Ce misérable gringalet de St-Henri (Yvon Deschamps), va nous « cracher à la figure » toutes nos « aliénations nationales », il va se démasquer du « colonisé québécois » dominé. Cette virulente catharsis nous sera bénéfique. Ostidshow, oh oui; ou « ainsi débuta notre délivrance ».

30

Patriotes

 Souvenirs  Commentaires fermés sur Patriotes
Déc 012016
 

Tous les vendredis, un bout de rue (De Gaspé et Jean-Talon) vibrait fort dans l’air. Sauf l’hiver, aux fenêtres fermées.

La bruyante fanfare (rudimentaire musique d’un corps de clairons et tambours) éclatait, tonnait au jubé de la salle de récréation de mon école. On disait : « Le salut au drapeau! » Un brigadier de neuvième année lisait d’abord une solennelle déclaration patriotique. Ça se terminait par des: « Je jure… ma vaillance, mon drapeau… ma patrie… » et les clairons surgissaient, nous en frissonnions tous.
Un vague nationalisme, lyrique, généreux, aveugle, catholique et empesé se répandait dans ces années 1930. Ce sera pire quand la guerre éclatera, 1940, etc. Nous disions tous en ce temps-là: « Le Canada, mon pays! » Québec, c’était le nom d’une petite ville lointaine, gentille, insignifiante. Nous respections tous notre drapeau national: un grand linge rouge avec des symboles et, dans un coin, l’Union Jack de Londres, ville banale, rien avoir avec « nous tous », Montréalais prétentieux.
C’est avec les années 1960 que débutera l’actuel (encore vibrant?) nationalisme. Pour ma part, c’est avec le début du R.I.N. avec, donc, mon ami tribun, ce prodigieux Pierre Bourgault, une sorte de dominateur aimable, orateur absolument hors du commun, d’une démagogie toute moderne, que je deviendrai un militant.
Un « engagé fier ». Un enragé aussi parfois, scripteur tout dévoué, de LA CAUSE DE NOTRE INDÉPENDANCE. Avant, je me fichais de cela: la politique. Aucun intérêt. Je n’avais nulle autre patrie que le monde des arts. J’étais d’un certain groupe de jeunes intellos qui ne vit que pour peinture, gravure, sculpture…
Ah oui, les arts.
Ah oui, les arts. Fin de tout sur cette terre! Univers unique, comme totalitaire, exclusif et indifférent aux mondes ordinaires. « Les autres », nous tous, aspirants artistes, on les ignorait. À cette époque, nous méprisions volontiers « les gens du commun ». À nos yeux, le peuple (une molle, froide populace, maudite engeance) baignait complaisamment dans sa tiédeur; tous, des ignares crasses; nos voisins, nos parents, tout le monde autour de nous, formait un vaste régiment d’inconscients, de sordides impuissants, des masses d’aveugles automates. D’utiles cibles pour nos adversaires, tous nos ennemis, étaient de niais serviteurs de —entre autres— nos « bons maîtres », les Anglais, LES MAUDITS « BLOKES ».
Collégiens, chez les Sulpiciens du Grasset, certains prêtres, RARES, nous prêchèrent cette foi nécessaire, cette fierté, et même une certaine volonté de combattants. Certains de ces entraîneurs ensoutanés avaient de la faconde… Alors, peu à peu, dès la classe d’Éléments latins, s’éveilla une certaine prise de conscience.
Je l’ai dit, plongé ensuite (École des arts décoratifs, École du Meuble) dans la sphère des jeunes créateurs, ce sera : « Comment devenir ici » un Picasso, un Braque, un Klee ou un Giacometti? Nous rêvions « en folle et grande vitesse », une candeur! Diplôme en mains, ce sera, hélas, le réveil de tous. « À terre avec la dure réalité à étreindre », comme l’écrivait un Rimbaud, rêveur des rêveurs avant son navrant exil en Afrique.
Le flou, la cassure
La patrie? Le patriotisme? Un mot toujours flou alors. On grimaçait, les jeunes. « Une vieille notion à papa », bonne qu’avec les sbires de ce prof-curé, cet historien « premier », ce chanoine d’Outremont, cet Abbé Groulx. Vaillant initiateur désormais! Nous, la jeunesse de 1950, on fuyait. La guerre nous avait rapprochés de l’Europe, de Paris qui était notre « SEULE » Patrie! Les grands combats (on lisait des revues de Paris!) menaient du surréalisme au cubisme, du pointillisme à l’art abstrait. Un certain brillant animateur, Borduas, formait des équipes de révoltés-des-arts et nous étions emballés. Nos pères (sauf Fortin, et encore…) n’étaient plus que des pondeurs de vieilles croûtes à paysages remplis de clichés candides. Le clivage fut impétueux. Les anciens furent fusillés par notre hargne. Les nouveaux, seuls, eurent le droit de vivre. Alfred Pellan, autre prof et animateur, gagna cette bataille. Et tous ses jeunes suiveurs avec lui.
Enfin, la littérature aussi se fit « secouer le pommier », comme tout le reste. Émile Nelligan, mais à peine, fut tout de même respecté. Gaston Miron, pas né encore, dormait dans des langes étheriennes! Tous les disciples de Crémazie et de Fréchette furent anéantis! Et tout finira par changer. Pas une évolution lente, une brutale cassure. Jeunes gens affamés de neuf, on découvrait les poètes dits de La Résistance, devinrent nos modèles. Char, Breton, Supervielle, Desnos…
L’Hexagone, jeune maison pétillante, forma bataillon. Là que fut installée cette floraison de talents inouïs. Parmi eux, triomphante, l’aile des « soldats à plume », celle d’un patriotisme tout neuf. Exemple anecdotique, café sur café, au caboulot souterrain de mon père (Édouard, le peintre naïf connu) se rencontraient des Jean-Paul Filion ou Pierre Perrault, des Brault ou ce bègue, boutonneux, grimaceur si laid —et le plus doué— Roland Giguère.

Nov 042016
 

Écouter  la remise des prix du mercredi 9 novembre 2016 

 

Québec, le 4 novembre 2016. – Le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, M. Luc Fortin, et la ministre de l’Économie, de la Science et de l’Inno2016-11-04-13_38_51-communique-devoilement-pdq-2016-final-pdf-adobe-acrobat-provation et ministre responsable de la Stratégie numérique, Mme Dominique Anglade, sont heureux de dévoiler les lauréates et lauréats des Prix du Québec dans les domaines de la culture et de la science.

Le prix Athanase-David, qui couronne l’ensemble de la carrière et de l’œuvre d’un écrivain québécois, est accordé à Claude Jasmin. Romancier, essayiste, poète et scénariste engagé, il reçoit ce prix pour une carrière et une oeuvre qui ont profondément marqué la littérature québécoise. Le nombre d’ouvrages de M. Jasmin dépasse aujourd’hui la cinquantaine, un bilan auquel il faut ajouter ses nombreuses collaborations journalistiques, médiatiques, dramaturgiques et cinématographiques. Véritable homme-orchestre de sa profession, il a donné avec une égale maîtrise dans l’essai, le journalisme, la critique et la scénarisation.

Par cette haute distinction, le Québec reconnaît le parcours d’exception de personnes qui, par leur créativité et leur savoir-faire, sont demeurées à la fine pointe de leur discipline.

« La remise des Prix du Québec est un moment privilégié pour remercier les artistes et personnalités émérites qui ont forgé et propagé la culture du Québec. Par leur engagement et la force de leur oeuvre, ils font rayonner le Québec au-delà de ses frontières. Les lauréates et lauréats sont des modèles de réussite pour notre collectivité et plus particulièrement pour les jeunes qui leur succèderont », a déclaré le ministre Fortin.

« Je tiens à féliciter et à remercier les lauréats des Prix du Québec qui, par leurs découvertes, contribuent à façonner et à enrichir notre société. Il s’agit de personnes remarquables qui ont travaillé avec passion et persévérance afin de faire évoluer leur domaine respectif. Grâce à leurs réussites exceptionnelles, le Québec continue de se distinguer par son savoir et sa grande expertise », a ajouté la ministre Anglade.

La 39e cérémonie des Prix du Québec sera animée par Sébastien Diaz. Elle sera diffusée en direct le 9 novembre sur le Web et en différé le soir même à la télévision au Canal de l’Assemblée nationale.

 

Mar 102016
 

 

Pour nos assimilés, volontiers aliénés, servites de la déferlante et envahissante culture pop-USA, louanger notre culture pop à nous, est un signe d’égocentrisme. Quelle attitude de colonisé. Pour ces suiveurs-USA, vous sombrez dans le « régionalistes » étroit et ces dominés-contents s’exclament : « Sois « international », « universel », sors de ton cocon (le pays n’est qu’un cocon). « USA » ou rien » ! En effet, aucune information à propos sur des cultures populaires. Sur le Mexique (pourtant un voisin !) la Scandinavie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, etc.

Tous en dociles publicitaires-des-USA dans presse-radio-télé, tous en piteuses courroies de transmission. Lisez, par exemple, La Presse spectacles, les Cormier, Cassivi, souvent Sarfati (aux voyages payés) et surtout Hugo Dumas. Tel le Cormier au Devoir.

Il n’y a à signaler dans tout l’univers que Los Angeles ou New York.

L’Europe entière ? Bouche cousue ! Autres continents de la planète ? Pas un mot. À moins qu’un créateur étranger soit fêté aux USA ! Ainsi le Québécois est transformé en écornifleur de ce qu’écorniflent les USA ! Tout le monde par ici accepte volontiers ce contrôle « all-american », dociles valets consentants du « suprématisme », moutons de l’Impérialisme-USA.

Or, j’ai fait un rêve, j’ai imaginé que, par seul exemple, tout le Massachusetts au 19 ième siècle, aurait pu être envahi d’énormes masses d’émigrants venus, disons, d’Italie. Et qu’ils furent des « résistants », comme nous au Québec. Alors, siècle après siècle, s’installe à nos frontières, la culture italienne ! Maine, Vermont, New Hampshire et New-York state compris; voyez-vous ça ? Nous tous, touristes, visiteurs plongés dans cette vaste « Nouvelle Italie », quel bonheur !

Imaginable certes; un autre beau rêve : imaginez des hordes immenses d’émigrants qui, dès 1700, venus d’Espagne et s’installant partout à nos frontières. Comprenant même le New Jersey, Connecticut, Maryland et Pennsylvanie. Avec la Virginie ? Oui, « New Spania ». En automobile nous nous retrouverions plongés en culture espagnole, sa musique, ses chansons, théâtres, films, et cette si jolie langue !

À bas l’uniformité wasp et, comme tous ces touristes du sud qui estiment notre « vie française », ce serait « Viva Nuovo Spania ». Bon, il est permis de faire un rêve ?

Allons plus avant dans ces hypothèse de migrations massives. Les Allemands en Pennsylvanie ? Ailleurs, les Polonais ou les Grecs, ou les Portugais, cela serait stimulant, formidable ? Adieu rouleau compresseur « only » anglo-saxon. Adieu immense lot d’uniformités avec toutes ces villes semblables, comme formatées, à « Colonel-Machin », à « Hamburgers-McDo », erc. Que vous soyez à Los Angeles ou à Boston, à Boston ou à Miami, au Texas ou au Colorado, c’est les mêmes « us et coutumes » et, partant, l’ennuie, un territoire en assommoir.

Rêvons même d’une grande « Nouvelle Europe » à nos portes. Un vaste « Domino » de lieux très divers. Aux cultures diverses. Oui, de l’universel et en vrai avec las fin de l’idiot-consommateur ! Nos Cormier, Sarfati, Cassivi, Dumas et coetera, pourraient varier leurs éloges. Terminée enfin la monotonie de ces publicitaires avachis, leur agenouillement sous l’actuel impérialisme-USA.

(30)

.

Jan 162016
 

Nous formions un trio de rêveurs : Gréco, Plouffe et moi, il se défait : mort donc de Michel Gréco. On avait vingt ans en 1950, on espérait un avenir fameux, on se prenait pour des Malraux (Gréco), Sartre (Plouffe), Camus (moi). On discutait « arts et lettres » dans ce Québec-duplessiste : jasettes pessimistes sur le balcon du 7068 St-Denis. Gréco détaillait « Le musée imaginaire » de Malraux et puis il se fera (30 ans) réalisateur à la télé publique. Suis le dernier survivant mais ça ne durera pas bien longtemps. Dans la paroisse St-Vincent-Ferrier, rue Jarry, Gréco nous parlait de son voisin aspirant-chanteur, René Angelil; se couchant tard mais pas sans ouvrir la porte de son placard tant, chez lui, on se tassait. Gréco peaufinait sans cesse un roman (à la Malraux), hélas jamais publié ! Adieu mon cher petit camarade ! Si le Paradis promis existe, tu y trouveras peut-être un éditeur… « ailé », Éditions de la Harpe ?

Claude Jasmin
Ste-Adèle

Sep 162015
 

À cette époque, souvent, je racontais à David, l’ainé de mes cinq petit-fils, la guerre en ex-Yougoslavie. Il en était captivé, il avait 10 ans, par là et je lui racontais ces effrayants snippers, —planqués dans les collines— qui mitraillaient les combattants d’en bas, dans Sarajevo. David en était tout démonté et, scandalisé, s’écria : « Si tu savais papi comme je voudrais y aller, tu sais, avec mon avion, je tirerais sur ces « écoeurants » de snippers ! » Amusé, je dis : « Mais ces snippers te fusilleraient mon David ! » Mon intrépide djihadiste s’écria : « À quoi tu penses, j’aurais mon siège éjectable et mon parachute, papi ! » David, les yeux luisants, les poings fermés, triomphait avec un regard illuminé. Courage enfantin.

Ainsi, de très jeunes gens, des adolescents souvent, filent aux aéroports, rêvant d’aller s’entrainer en Syrie. Un idéalisme candide ? Je me suis souvenu encore, à 12 ans, de mon vif désir d’aller combattre les affreux nazis. Pouvoir me rendre un bateau vers la France muselé. Plus tard, 14 ou 15 ans, c’était de m’engager (soldat-enfant ?) pour tuer ces terribles fascistes Japonais ! Fatale attraction infantile ? Jouer les fiers chevaliers. Au Grasset, avec des amis collégiens, nous fomentions —un de notre trio possédait un révolver hérité de son parrain— un complot. Braves libérateurs, nous monterions clandestinement en train vers Québec pour assassiner ce dictateur infâme, ce maudit despote, ce dictateur conspué sans cesse par nos intellectuels (Filion, Laurendeau et Cie). On rêvait d’aller tuer Duplessis !

Voilà, le désir d’action, jeunes. De jeunes cégépiens Québécois et aussi de nombreux enfants d’émigrants musulmans pourtant nés au Québec, ont ce juvénile désir classique. Une quête d’idéal, un besoin… chevaleresque ? Naïve jeunesse qui ignore qu’en débarquant là-bas, ils pourraient bien servir de « chair à canon » aux mains des djihadistes enragés. Vite, mieux les renseigner !

 

Mai 272015
 

Des fées existent ? Oui. Dans mon village, surgit soudain une fée —Annie Depont— qui me dit: « Venez à Traces, Jasmin, parlez sur la patrie à faire advenir. » Je ne rêvais pas ! Alors, de mon balcon, j’inaugure ma neuve chronique ouvrant des bras gaulliens : « Vive, le Québec… libre ! » J’avais 30 ans, au RIN en 1960, nous n’étions pas bien nombreux. Mais en 1995 nous étions 60 sur 100 pour une patrie. Soixante sur cent des électeurs. Si on écarte les Anglos francophobes, des néos en masse et… 40 de nos branleurs. Au soir de cette quasi-victoire du « Oui », Jacques Parizeau, qui devait crier « On y est presque ! On remet ça dans six mois », eh bien non, il démissionne ! Si vous le croisez à Saint-Adolphe —avec ou sans sa Lisette— dites-lui que ce fut une erreur funeste.

Maintenant, la ferveur a diminué car les fédérats sont ultra-prudents. En hypocrites, ils ne font rien pour nous provoquer. Cette archi-prudence fédérate éteint la ferveur, éloigne nos jeunes des hustings pour la « cause sacrée », une patrie. Trop de jeunes se taisent, dégriffés, muets et immobiles. Ces silencieux suivront-ils la course, écouteront-ils ceux qui veulent devenir chef du parti-des-indépendantistes ? Au nouvel essai, L’Écosse —pas encore libre— deviendra-t-elle exemplaire, partout la peur est-elle cette liberticide matraque ? On doit se souvenir des fortunes dépensées par des Libéraux fédérastes — cette dégueulasse inondation en publicité du pays. Et ce juge Gomery, lucide pour condamner mais, hélas, nul pour punir.

Jeunesses, écoutez les propos d’un solide entrepreneur —conseillé par Landry. Un jeune millionnaire désire devenir chef du « parti des patriotes ». Il sait compter les avantages de notre liberté. Je vote pour ce compétent Pierre-Karl Péladeau, le digne fils de mon ami feu Pierre Péladeau —du Chemin Sainte-Marguerite à Sainte–Adèle. Et foin des anciennes peurs. Bien finie la frousse via les convoyeurs de la Brink’s, terminé d’exploiter l’ancienne fragilité car, désormais, des preuves « économiques » reluisent dans le monde entier —de Bombardier à Lavalin, etc. À la prochaine, tous nos intellectuels, vont se lever, avec tous nos artistes, écrivains, tous ceux qui pensent et qui ont la fibre libertaire. Ils ne feront pas comme trop de mes camarades « taiseux », grands peureux de 1980-1995, qui craignaient de perdre en « voyages aux frais de la Princesse-Ottawa », à Banff (salut la Petrovski!), ou à Knotte-le-Zoutte. Cachés et trembleurs, ils furent muets en engagement en 1980, en 1995, ma honte de ces pairs écrabouillés pisseux. Malgré l’aplatissement intéressé (ô subventions !) de proprios de certains médias (La Presse et Cie), examinons bien cette actuelle course et ayons l’espoir d’un vrai chef, vrai meneur en vue d’une normalité. Car l’ONU l’affirme toute nation a droit à une patrie.

(fin)

Jeudi, 1er JANVIER Suite et fin. Chap 10 (?)

 Angela  Commentaires fermés sur Jeudi, 1er JANVIER Suite et fin. Chap 10 (?)
Jan 012015
 

Jeudi, 1er JANVIER

Suite et fin. Chap 10 (?)

Notes : que de jolies carters du Jour de l’An reçues, que de coups de fil joyeux aussi. On se couche à 10 h.et demi désormais, maximum. Parfois même avant. Et on sortira du lit à neuf heure, parfois même après. L’âge ? Aussi, on a remis à demain (aujourdhui) la revue-2014 de Radio-Canada.

On veut cesser de fumer ( 10 par jour) et on se donne jusqu’aux Rois (*mages). J’ai Nadeau sur ma liseuse. Le conte des « grèves à casseroles »… J’ai lu aussi « Promesses de l’Aube » de Romain Gary. Une redite du Grand Vestiaire. Cette mère veuve folle de son fils unique.

Gary, avec ironie, lui rend un (un peu long) hommage. Il laisse entendre que cette fascination maternelle l’a aidé dans sa vie. Ma mètre, moi ? Oui, Germaine était confiante et stimulante. Pas mon père. Ma grand’mère Jasmin ? Oh oui. «  Toi, mon petit Claude, tu seras pape un jour à Rome ! » Oh !, c’est dire…

Sharing Buttons by Linksku