Avr 242017
 

Paul oh Paul,!, tu en avais assez et tu t’en vas ? 

Merde, mon cher vieux comédien-resté-enfant, où donc iras-tu installer ta flamme ? Tu brulais. Sans cesse. Avec discrétion. 

D’où sortais-tu, ivre de scène, certains soirs, mon cher Paul Hébert, toi, jadis, en jeune homme aux perpétuelles sourires de bons jocrisses ? Tu avais des manières étranges et neuves, des sortes de poses modestes. Avec une distinction rare, aristocrate théâtreux toujours déguisé, personnage bizarre, intrigant, surprenant, inédit, étonnant, tu m’offrais, décorateur, un Shakespeare au Chantecler-Hotel. Premier théâtre d’été. …. 1er patron donc, comme un faux-boss, discret, retranché, prudent, méfiant aussi, tout enfoui de la tête aux pieds dans tes secrets, avec tes sourires crasses, tes mines de chat malin, ta voix de velours.

Tu étais bienvenue en métropole, cher Hébert venu de la Vieille Capitale, fantôme parmi nous les bohémiens de Montréal, on te disait « oui », on te disait bienvenu, tout le clan métropolitain. Oui à ce grand déglingué, ce Québécois de Québec aux gestes d’un fieffé ratoureux ! Ta voix comme grincharde (sic), engin curieux, voix de grinçements mais si chaude aussi. Ton bizarre accent bien à toi, séduisant. On saluait ce « retour au pays », ce revenu du prestigieux « Old Vic » d’Angleterre. ! 

Ainsi, tu t’en es en allé. Ainsi ?

Adieu donc. Parti: vite, drette, sec, net…Oh Paul, merde, on va s’ennuyer de toi. Dès ton arrivée à Montréal, on avait bien  senti, nous tous dit du « milieu », ce nouvel apôtre fou, allumé, malin, bourré de dons et on t’ouvrait bien grands les bras alors !

À te revoir camarade Hébert ! Haut.

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Mar 162017
 

      Lire si (trop) souvent, dans journaux et revues, (aussi à la radio comme à la télé) de ces actuelles accusations retardataires … face aux curés aux nains longues et vicieuses. Pouah ! Ça pue parfois Car il y a eu « domination » sur enfants. Cela grandit en nombre, non ? Y a-t-il eu des « épargnés » !
Et moi ? Et moi ? chantait l’autre. Chez ces dignes et nobles « messieurs de Saint-Sulpice » ( ô supplice), rue Crémazie, le vice qu’on disait effroyable, se répandait. Il y avait, on les oublie, des profs fameux, si dévoués et si compétent. Salut à ta mémoire Paul Legault, prêtre !)
Il y avait aussi de ces sombres et tristes malades sexuels ! Aux moins deux à qui j’ai eu affaire. C.S. et  G. F. Deux prêtres vicelards bien « ensoutanés ». Chercheurs pathétiques d’affections… masculines bien charnelles ! Le vœu de chasteté pesait trop lourd !
Monstrueux guetteurs d’ados, ces jeunes gars appétissants à leurs yeux de « pédés-pédagogues » était une obsession morbide chez ces rôdeurs acharnés, parfois terreur des récréations, ou des mis en « retenues » après cours. Et cela  jusque dans le vaste boisé derrière le collège Grasset. Obsédés maudits !  On se sauvait de ces satyres et parfois littéralement ! Mais des jeunes d’un  « genre » mou, fragile, hésitant (des futurs fifis ?) cédaient à leurs avances charnelles. Des sataniques perfides filous et, profiteurs car « en autorité ».
Les plus forts rigolaient. On a vu des cas cruels: un élève jouait le consentant, rendez-vous et paf, bang !, sur le « lieu du crime », c’était coups de batte et regroupements subit d’élèves-témoins. Les moqueries, le chantage, donc, menaces de dénonciation ! Oh ! Que d’humiliations alors pour le « moine » déculotté et dénoncé. Cette misère sexuelle dans un monde de bigots et de dévots était lamentable. Des curés « invertis » furent exilés. On ne savait où. On parlait entre nous d’une « prison des prêtres », au fond des Laurentides.

Vérité ou rumeur, comment savoir ? Ces subits déménagements de  ces profs  « aux mains trop longues » nous intriguait fort ! Et puis, adieu les études, on part travailler dans la vie courante. Moi ? À vingt-cinq ans, parmi les  scénographes de la télé publique, devoir faire face encore à une bonne part de ces invertis. Certains aînés farauds, fort entreprenants, cherchant activement des complices, des co-religionnaires quoi.
Hyènes, des chacals impatients parfois ( à nos yeux) des séducteurs aveuglés, tous incapables de bien voir « qui en est » et « qui n’en est pas ». Parfois, des confrontations profitables certes. Des couples se formaient ! Alors il y eut des clans et des chapelles ardentes. Des factions aux cloisons solides. Aussi, une sorte de tolérance. Un drôle de marché, clandestin marché aux fesses. Moqué, ridiculisé. Une cruauté puisque l‘on naît homo, comme l’on naît les cheveux noirs ou blonds. Non ?
Découverte aussi, surprise, que les plus créateurs, les plus brillants décorateurs étaient souvent …des homos ! Silence alors. Justice alors. « La pire tapette » des lieux est « la plus folledingue ». Eh oui ! C’est parfois une sorte de génie !
Voilà donc que le plus sensible, le plus doué s’avère « en être !. Je deviendrai, je le souhaitais, son meilleur camarade mais ce cher R.P. s’exilera volontairement (* avec un « lui », plus jeune) en Italie, à Rome et à jamais ! Mes regrets de perdre un compagnon radio-canadien précieux, avec qui, les lunchs du midi dans une modeste gargote voisine devenaient comme de riches et instructifs cours d’histoire de l’art ! Éblouissant R.P. !
Plus tard, devenu aussi écrivain, je rédige mon deuxième roman ; « Délivrez-nous du mal », qui est le récit d’une « passion homosexuelle ». Une pré-publicité énerve un camarade (Jean-Marc) qui, inquiet, tourmenté, vient me questionner dans mon cagibi de scénographe : «  J’espère, Claude, que tu ne t’es pas servi de l’un d’entre nous, et pour le salir ? » Non. Homos, mes deux « héros » illustraient une incompatibilité de caractère et aussi « la honte » d’un père puritain. Le jeune (alors) cinéaste, J.-C. Lord en fit un (pas bien fort) film. En noir et blanc. Yvon Deschamps et Guy Godin jouaient ma paire d’amis contrariés. Via ILLICO ou autre machin, on peut se le visionner ; dépourvu de moyens, le film est faible et TVA (financier du film) le montre parfois à des heures impossibles.

Fév 282017
 

 

L’année 1975, inoubliable pour ma carrière en cours, une année étonnante, ce sera pour moi une année épatante, fructueuse, et qui me combla à fond comme auteur. À la télé, j’ai sans cesse des invitations. Pour des billets. Des débats à Tva, Canal 10. Michel Tremblay en est très souvent et il affirmera s’être fait connaitre grâce à ces prises de bec. Celles surtout sur le « joual ».

On m’offre souvent des participations à des talk-shows, j’y passe l’un après l’autre. Je me ferai vite une réputation de farouche pamphlétaire. Et à jamais.

De plus, en 1975, je serai invité par le fondateur Pierre Péladeau (qui m’appelle son p’tit bum préféré) comme chroniqueur. Il y en avait très peu à cette époque. Cela tous les matins donc 365 articles par année ! Et durant des années ! Cette année-là, le quotidien « La Presse » publie, chaque soir, la biographie de mon enfance, « La petite patrie ». Le quotidien avait été son éditeur.

Comment ? En 1972, j’allais expédier « La petite patrie » à des éditeurs de Paris, me disant, que l’extrême « régionalité » du sujet pourrait justement faire son succès, par exotisme. Le lendemain de Jour de l’An 1972, rencontrant Stanké dans le hall de Radio-Canada il me dit souhaiter très fort publier un texte de moi. Flatté (?), je lui donne le manuscrit et Alain l’accepte le lendemain et il en fera un succès fécond.

Avec femme et enfants ( Éliane et Daniel), en vacances d’été de 1964, ce sera en petite coccinelle-63 le classique « tour de la Gaspésie ». J’en rêvais. Au retour, en janvier de 1965, j’ouvre ma petite « Royale portative ». Et toute l’ossature du roman « Pleure pas Germaine », chapitre après chapitre, va se rédiger fidèlement à partir de mes notes de voyage. De Villeray (rue Drolet) à Percé, et cette nuit de feu-de-camp.

Devenu pigiste à « Québec-Presse »— dirigé par Gérald Godin qui est aussi éditeur de la revue « Parti-Pris » (ainsi que des éditions éponymes), je confie à Godin le manuscrit gaspésien. C’est 1965 et lui-aussi, comme Stanké, me dira « oui » le lendemain de sa lecture. Ce sera un « hit » renversant.

Mon tout premier roman écrit en 1958 (avant 1960 et« La corde au cou ») parut en 1959, dans une revue littéraire à tirage plutôt confidentiel : « Les Écrits du Canada » (le numéro 7). Stanké, bombardé chef-éditeur chez l’énorme « L’Hexagone », ayant lu ce numéro 7 des « Les Écrits…», voulut en faire un livre et le fit. À mon grand contentement.

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Mar 102016
 

 

Pour nos assimilés, volontiers aliénés, servites de la déferlante et envahissante culture pop-USA, louanger notre culture pop à nous, est un signe d’égocentrisme. Quelle attitude de colonisé. Pour ces suiveurs-USA, vous sombrez dans le « régionalistes » étroit et ces dominés-contents s’exclament : « Sois « international », « universel », sors de ton cocon (le pays n’est qu’un cocon). « USA » ou rien » ! En effet, aucune information à propos sur des cultures populaires. Sur le Mexique (pourtant un voisin !) la Scandinavie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Italie, etc.

Tous en dociles publicitaires-des-USA dans presse-radio-télé, tous en piteuses courroies de transmission. Lisez, par exemple, La Presse spectacles, les Cormier, Cassivi, souvent Sarfati (aux voyages payés) et surtout Hugo Dumas. Tel le Cormier au Devoir.

Il n’y a à signaler dans tout l’univers que Los Angeles ou New York.

L’Europe entière ? Bouche cousue ! Autres continents de la planète ? Pas un mot. À moins qu’un créateur étranger soit fêté aux USA ! Ainsi le Québécois est transformé en écornifleur de ce qu’écorniflent les USA ! Tout le monde par ici accepte volontiers ce contrôle « all-american », dociles valets consentants du « suprématisme », moutons de l’Impérialisme-USA.

Or, j’ai fait un rêve, j’ai imaginé que, par seul exemple, tout le Massachusetts au 19 ième siècle, aurait pu être envahi d’énormes masses d’émigrants venus, disons, d’Italie. Et qu’ils furent des « résistants », comme nous au Québec. Alors, siècle après siècle, s’installe à nos frontières, la culture italienne ! Maine, Vermont, New Hampshire et New-York state compris; voyez-vous ça ? Nous tous, touristes, visiteurs plongés dans cette vaste « Nouvelle Italie », quel bonheur !

Imaginable certes; un autre beau rêve : imaginez des hordes immenses d’émigrants qui, dès 1700, venus d’Espagne et s’installant partout à nos frontières. Comprenant même le New Jersey, Connecticut, Maryland et Pennsylvanie. Avec la Virginie ? Oui, « New Spania ». En automobile nous nous retrouverions plongés en culture espagnole, sa musique, ses chansons, théâtres, films, et cette si jolie langue !

À bas l’uniformité wasp et, comme tous ces touristes du sud qui estiment notre « vie française », ce serait « Viva Nuovo Spania ». Bon, il est permis de faire un rêve ?

Allons plus avant dans ces hypothèse de migrations massives. Les Allemands en Pennsylvanie ? Ailleurs, les Polonais ou les Grecs, ou les Portugais, cela serait stimulant, formidable ? Adieu rouleau compresseur « only » anglo-saxon. Adieu immense lot d’uniformités avec toutes ces villes semblables, comme formatées, à « Colonel-Machin », à « Hamburgers-McDo », erc. Que vous soyez à Los Angeles ou à Boston, à Boston ou à Miami, au Texas ou au Colorado, c’est les mêmes « us et coutumes » et, partant, l’ennuie, un territoire en assommoir.

Rêvons même d’une grande « Nouvelle Europe » à nos portes. Un vaste « Domino » de lieux très divers. Aux cultures diverses. Oui, de l’universel et en vrai avec las fin de l’idiot-consommateur ! Nos Cormier, Sarfati, Cassivi, Dumas et coetera, pourraient varier leurs éloges. Terminée enfin la monotonie de ces publicitaires avachis, leur agenouillement sous l’actuel impérialisme-USA.

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Jan 132016
 

Un jeudi soir à Ste Adèle, une pleine salle d’Adélois regarde ce « Ste Adèle en 1890 », la peinture de Grignon et, à la fin, ce sera des éclats d’applaudissements.
Ce fut deux heures de bonheur pour eux tous, et pour moi, admirant cette toute nouvelle mouture d’un long récit (radio et télé) à l’époque plutôt statique. Et souvent « prédicateur pieux ».
Vraiment étonnante, séduisante, active, cette audacieuse nouvelle version visuelle et langagière du village des Pays d’en haut, de Ste-Adèle. C’est le travail et il est épatant d’un certain Archambault, réalisateur. Il est un surdoué de la caméra, mirifique travail sur les brillants textes de Gilles Desjardins.
En bas de la fameuse côte Morin, nous étions étonnés et ravis par cette incarnation —revenue en force— du célèbre avare des Laurentides, Séraphin Poudrier et qui est montré, cette fois, en être humain. On le verra même attendri dans une scène !
Ce téléroman de Radio-Canada en pays adélois fera florès, nous en étions assurés, tous, au très ancien cinéma Pine de la rue Morin. Desjardins a su efficacement, et sans trahison aucune, faire renaitre —décors, costumes, etc.— cette saga populaire. Tous les personnages —vraiment tous— nous font voir une vitalité étonnante, nous entrainent de façon extrêmement séduisante dans cette plongée de la fin du siècle (1800). Cela avec des talents forts. Aucun doute, voyant la réaction enthousiaste des invités adèlois ce jeudi soir- là, « Les pays d’en haut » rassemblera des foules heureuses. Mon ex-petit-camarade, et ex-voisin, rue Morin, Claude-Henri, ne se retournera pas dans sa tomber tant ce Gilles Desjardins a su le ressusciter avec un immense talent. Chapeau !

Claude Jasmin
Écrivain,
Ste-Adèle.

Sep 092015
 

Le temps s’avance… le si beau vitrai des feuilles mourantes vient, le froid d’octobre vient lui aussi et ne plus pouvoir nager jusqu’au quai de l’ami. Fini de commérer et de…radoter (?) sur habitus, us et coutumes observés des laurentidiens (sic) des alentours. Cet autre voisin et ses yeux si malades, la jeune femme d’en haut de la côte qu’on entend pleurer sobrement car elle a perdu son emploi, ce gaillard musclé qui part concourir avec espoir, cet enfant —pas noyé au rivage de la mer Égée mais— hospitalisé, à cinq ans ! Cette fillette adoptée qu’on a vu rire hier matin les bras chargés de jouets neufs. La vie, la vie…
Le temps s’avance…Ce cher vieux voisin « à quai », 89 ans, toujours admirateur fou de nos collines, qui perd la voix on dirait, qui cligne des yeux et qui me confie : « J’ai eu une belle vie, mon Claude, et ça me fait rien de m’en aller ! » Pars pas Jean-Paul ! Avec qui irais-je jacasser ? À qui j’irais me confier. À propos d’un frère cadet soudain disparu de nos radars, mystère, qui ne veut plus parler (ni voir) avec personne de ma petite tribu. De ma grande —et vieille— soeur, notre deuxième mère, rue Saint-Denis dans La petite patrie, devenu inapte à tant et qui refuse d’aller en Résidence. Petit drame courant…n’est-ce pas ? Aimer tant notre village ici que ma compagne de vie et moi éprouvons la même hantise: il faudra bien y aller un de ces jours, non ? Oh merde !
Le temps s’avance… les neiges vont redescendre du ciel et nous reverrons ces hordes de jeunesses glissantes, bâtons sous les bras, vêtus d’habits multicolores. Il y a un plus d’un demi-siècle, nous n’avions, enfants Montréalais, que le Mont-Royal —tramway à sept cennes pour un aller-retour, que la Côte des Hirondelles à l’est d’Ahuntsic.
Le temps s’avance, nos testaments sont faits, tout est en ordre pour « ceux qui viennent » mais je garde l’espoir de mourir…à cent ans, riez ! Ou même un peu plus, quoi ?, les nouvelles médicales sont si prometteuses dans nos gazettes, pas vrai ? Un parent cher et très proche —60 ans— m’écrit qu’il s’arrangera pour « partir », avec sa dulcinée du même âge, rendu à 70 ! Oh, ma peine ! J’ai vite expédié un long courriel : « …que je te vois pas, mon sacripant, tu verras, la vie livre encore de sacrés bons moments, malgré tout, malgré les douleurs de dos, ou le souffle devenu rare, où ce coeur qui bat des chamades bêtes, ou l’arthrose qui s’épand partout…et le reste. Oui, l’existence ne cesse pas de nous épater tout jeune ou devenu tout vieux. Des riens : un beau matin clair, un étonnant soir de lumière rare, un petit resto gouteux découvert mal caché entre deuz de nos collines, un oiseau qui reste encore avec nous. Cardinal, hier, ce matin colibri et deux tourterelles tristes. Aussi : un ami oublié qui surgit, un livre épatant ou un film de grand talent, un documentaire étonnant à la télé, à la radio, hier, entendre, surprise, une musique exotique enchantée…
Le temps s’avance… face aux horreurs, réfugiés sans nombre en Proche Orient, au Moyen Orient, face à ce célèbre gamin noyé, non, pas le droit de toujours chialer, de râler. C’est une insulte grave à tous ces malchanceux du sort (géographique) de jouer l’accablé… pour des sottises. Je me suis promis, j’ai pris la résolution de rester optimiste, d’afficher l’appréciation de vivre par ici, de tenter de partager ma joie de vivre avec tout le monde.
Quoi ? Mais oui le temps d’avance et il en est ainsi pour tous, pour l’ado dans sa petite détresse, pour le bambin inconsolable d’un jouet cassé, pour ce vieillard cacochyme qui peste, ne trouvant plus sa belle canne ciselé à pommeau d’ivoire ! Face au bambin couché à jamais sur la grève…silence au moins —pudeur, une p’tite gène essentielle— silence les grogneurs perpétuels ! Vos gueules !

Chapitre :22 Angela…

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Jan 122015
 

 

notes : ce formidable film vu au Pine, «  Le jeu de la tentation » ne me lâche pas. Hier soir, aux Golden Globes, il n’a pas gagné. C’est une grave injustice selon moi. Cette histoire vraie d’un décodeur de génie, histoire dans l’Histoire, se suicidera à 41 ans, menacé de prison pour cause d’inversion sexuelle ! En 1945, c’était, l’homosexualité, un tabou effrayant. Quelle piètre civilisation en ce temps pas si lointain. Pas plus qu’on choisit la couleur de ses yeux ou de ses cheveux on ne choisit sa sexualité. Un jeune voisin de Ste Adèle n’en revient pas et je me suis souvenu de nos farces plates, de notre conne intolérance dégueulasse en ces années-là de très grande noirceur. J’en ai honte encore.
Temps doux subitement, ça fait du bien.

Jeudi, 1er JANVIER Suite et fin. Chap 10 (?)

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Jan 012015
 

Jeudi, 1er JANVIER

Suite et fin. Chap 10 (?)

Notes : que de jolies carters du Jour de l’An reçues, que de coups de fil joyeux aussi. On se couche à 10 h.et demi désormais, maximum. Parfois même avant. Et on sortira du lit à neuf heure, parfois même après. L’âge ? Aussi, on a remis à demain (aujourdhui) la revue-2014 de Radio-Canada.

On veut cesser de fumer ( 10 par jour) et on se donne jusqu’aux Rois (*mages). J’ai Nadeau sur ma liseuse. Le conte des « grèves à casseroles »… J’ai lu aussi « Promesses de l’Aube » de Romain Gary. Une redite du Grand Vestiaire. Cette mère veuve folle de son fils unique.

Gary, avec ironie, lui rend un (un peu long) hommage. Il laisse entendre que cette fascination maternelle l’a aidé dans sa vie. Ma mètre, moi ? Oui, Germaine était confiante et stimulante. Pas mon père. Ma grand’mère Jasmin ? Oh oui. «  Toi, mon petit Claude, tu seras pape un jour à Rome ! » Oh !, c’est dire…

FRAPPEZ TROIS COUPS ET VOILÀ MONIQUE !

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Déc 182014
 

FRAPPEZ TROIS COUPS ET VOILÀ MONIQUE !

par Claude jasmin

Monique a tout été, elle a tout fait. À la radio, à la télé, au cinéma. Sur les scènes de tous nos théâtres. Toute jeune, tout de suite, nous avons aimé son visage anguleux, ses hautes pommettes, ses yeux de charbon ardent, son profil grec et asiatique à la fois, l’allure souvent d’une esquimaude de conte. Sans oublier, son essence même : sa voix polyvalente, de métal et de velours, d’acier et de soie, de barbelé, outch ! Ou de…fée « shéhérazade ». Cette emblématique comédienne, venue de Rosemont-La petite patrie, pratiqua d’abord en sous-sol-Audet, rue St-Hubert à Montréal mais dès 1950, il y a plus d’un demi-siècle, tous les collégiens des collèges classiques se bandaient vers elle au dessus de ce « trou du Gésù » (habité longtemps par la vieille Nana de Varennes). Tous les gars rêvaient de cette jeune gitane, rue Delorimier dans une « ex-mitaine protestante, chez Les Compagnons du père « Toto » Legault. Oui, nous les gars du Grasset, nous fument hypnotisés par cette noironne rebelle. « Ciboulette » sauvageonne délinquante en trafic illégal en « faubourg à mélasse » de Marcel Dubé. OH, la belle révoltée de « Zone » en un horizon de hangars, sous le Jacques-Cartier. On découvrait le beau masque aux beaux yeux sombres, bouche d’angoissée, long cou fragile hantant un voyou, Tarzan, Guy Godin. Robert Prévost, un génie, lui inventa un abri de toile peinte, utile au surdoué dramaturge débutant, Marcel Dubé.

Cette électrisante ne cessera plus de nous fasciner dès ce « Festival du Dominion »; puis ce sera à jamais, pour toujours ! Cette fille encore bien vivante (à « De Grâce Notre-Dame »), a foulé des « planches » couvertes de mille et un micros. Miller : mille et un réflecteurs, mille et un costumes pour mille et une métamorphoses. Rieuse, pleureuse, criarde, agonisante, espérante, désespérée, c’est « la » Monique-aux-mille-âmes ! Bonne fête belle Miller et bravo pour tous tes fantômes, gigantesque panthéon de femmes épanouies, de filles cassées, de putains (« Montréal,-P.Q. »de VLB, ) et de candides, aussi, de démones et de saintes. Chère Monique, merci pour tes miroirs multiples. D’avoir été si vraie, si charnelle et si spirituelle à la fois Merci.

Déc 092014
 

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Jeunes d’aujourd’hui (et moins jeunes ?) rendez-vous à 18 h., tous les jours, (avec reprises à midi, le lendemain) au canal ARTV. Dès lundi prochain 15 décembre, je veux vous raconter la modeste existence d’un collégien du quartier Villeray. On va rediffuser (en rafale) mon feuilleton, une autobiographie, illustrant la « petite bourgeoisie » de cette époque. Dite « d’après-guerre ». La vie d’un monde de condition modeste : mes parents, l’excellent Jacques Galipeau en papa, petit restaurateur et maman avec l’inoubliable feu-Gisèle Schmidt. Aussi mes sœurs, Louise Laparé, Christiane Pasquier et la très drôle « benjamine », incarnée magistralement par » Louise Rinfret. Ce sera aussi les portraits hilarants des voisins, rue St-Denis, aussi mes « blondes », des « zoots-zoots », des camarades du collège aux prises avec les sévères Sulpiciens. J’avais pris grand plaisir, en 1975, à peindre ce florilège (1948-49) et j’espère un plaisir partagé. Vous allez découvrir des « us et coutumes » disparus. Ces images furent composées avec grand soin par feu-Florent Forget. Je me souviens des recherches (des costumiers) dans de vieux catalogues de chez Eaton ! Le jeune Vincent Bilodeau, frais diplômé, s’est plu à me ré-incarner en grand dadais vaguement rebelle à la recherche de flirts. Bilodeau s’amusa à rencontrer mes « vieux », à jouer dans mes anciens décors.

Ma série fut rediffusée avec succès d’abord en 1980 et une autre fois en 1990. Cette troisième rediffusion par Radio-Canada (que le régime conservateur de M.Harper veut amaigrir) fait bien comprendre le côté « documentaire ». En effet, ce marchand de glace criard —« Glace en haut ? Glace en bas ?— , ce maraicher ambulant de ruelles —« On a des carottes, des radis, de la belle rhubarbe » !— ce cordonnier de la rue Drolet (Pascale Colliza), ce petit épicier (M. Bourdon, toujours là, rue Chateaubriand), etc., forment une fresque désopilante des petites gens d’un monde aujourd’hui disparu.

À lundi donc. À six heures comme on disait jadis ?

 

Claude Jasmin, écrivain, Ste-Adèle

 

Pour plus d’information sur cette rediffusion de La Petite Patrie, cliquez ici

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