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L'un des auteurs québécois parmi les plus connus, Claude Jasmin est (ou a été) céramiste, acteur, marionnettiste, critique d'art, professeur d'histoire de l'art (moderne), pamphlétaire, chroniqueur de radio et de télé, peintre (aquarelliste), illustrateur, scénographe de télévision, etc.

Claude Jasmin (c) 2008 Marc Barrière

Claude Jasmin fait tout d'abord des textes dramatiques pour la radio, puis pour la télé et pour le cinéma. Il a fait beaucoup de journalisme et il publie un livre nouveau chaque année. Depuis 1960, Jasmin a donc publié plus d'une cinquantaine de livres, des romans et des récits surtout.

Jasmin poursuit encore et toujours l'expérience d'écrire avec ses journaux intimes chaque semaine en publiant depuis plus de sept ans un blogue (carnet) dans son site Web . On trouve ici son avis, ses opinions sur les actualités, des critiques de spectacles, de théâtre, de films ou de télé. En somme, il raconte son quotidien. Il parle de lui mais aussi des autres. Jasmin ne laisse personne indifférent, admirateurs ou contempteurs.

Ici, un grand nombre de textes publiés au fur et mesure: lettres ouvertes, projets de romans, humeurs, portraits, extraits... Voici un raccourci vers la liste de tous les textes publiés dans ce site Web. Vous pouvez aussi laisser traces, les commentaires sur les textes de Jasmin sont acceptés et publiés en autant qu'ils s'en tiennent au sujet et demeurent respectueux.

De passage sur cette page ou de retour, pour le plaisir ou pour le travail (l'école), bonne lecture et bonnes découvertes!

Lettres ouvertes, Poing-comme-net, Tout | 23 juillet 2008

HARO SUR… LES MÉDIAS ?

     Je viens de lire encore une attaque contre les médias; les communications quoi. Comme chez le fabuliste Lafontaine (« puisqu’il  faut l’appeler par son nom »), on y voit « le » coupable, « le » grand responsable de nos malheurs. Tirons sur le messager ! Cassandre, annonceur de nouvelles embarrassantes, gênantes ? À fusiller ! Un Mario Roy vient de fustiger… la presse. et autres canaux. Un Pratte le fit et tant d’autres. Des éditorialistes, juges haut-perchés, nous disent en pleine face que leurs collègues, confrères en tous genres, sont des filous, des macaques, des ganaches…des dangereux ! Étonnante attitude  cela, non ?

      Le Mario de La Presse, s’attaquant aux « mauvaises nouvelles stressantes »  termine sa charge anti-médias (anti La Presse donc ?) par : « Le Prozac a maintenant triplé chez les ados ». On sait pourtant que les ados ne lisent guère les journaux ! Il écrit aussi : « le bon peuple en redemande », (des frousses, des peurs). Oh, cette hauteur : « le bon peuple » ! Quel mépris ! Plein de Roy, bien au dessus des mêlées populistes,  de cette manière noble,  s’en prennent à « la présence médiatique, ses frissons virtuels…dans une société au fond sécuritaire mais qu’on finira par voir comme la plus dangereuse, la plus violente. »

      Chez moi « l’heure des actualités » est comme sacrée en début comme en fin de journée mais je connais des citoyens ultra sensibles (?) qui ne lisent plus les nouvelles dans les journaux ni ne les écoutent à la radio ou à la télé. On plaque un bâillon perpétuel sur la sale gueule à débiter des pronostics sombres. Tous les Cassandre de ce monde empêchent nos petits bonheurs ! «  Ferme-la! » Et puis quoi ? Bouchons-nous les yeux et les oreilles ? C’est vrai et je ne suis pas sans péché qu’il nous arrive parfois de ces envies de fermer le clapet des annonceurs déprimants. Par santé mentale. Par besoin d’hygiène primaire. Mais je résiste. Il importe que le citoyen reste lucide, courageux aussi. Qu’il sache bien que l’humanité contient sans cesse son lot de voleurs, de bandits, de rastaquouères vicieux. Certains jours, c’est du « Allo Police » sordide à toutes les manchettes, non ? Pédophilie, suicides, infanticides, viols horribles, etc.  

     On peut bien reprocher la tendance (très ancienne) de faire grande part de ce qui va mal. On peut souhaiter plus d’espace et de temps d’antenne aux bonnes nouvelles que l’on néglige (qui ne feraient pas lire, pas vendre le journal, dit le petit chef à son pupitre). Cela souhaité -davantage de clarté sur ce qui fonctionne- il n’en reste pas moins qu’il serait imbécile de cacher tout ce qui grince dans le monde, loin d’ici (Irak ou Iran) ou à nos portes. Mais cette crainte de voir les jeunes déprimer est une très sotte bêtise. Allons, allons, chaque être vivant normalement constitué sait faire la part des choses. La jeunesse comprend bien que l’être humain, dans sa grande majorité, est bon. Sain. Qu’il sait de quel côté se situe le bien et le mal. La jeunesse actuelle est ni meilleure ni pire qu’avant. Elle fait face évidemment à de terribles situations, inédites aux aînés. Et puis quoi ? Étant optimiste -normal- de nature, je fais le pari que les jeunes sont très capables de lire, d’entendre,  à 17 h. ou à 22 h., le sombre menu des « nouvelles du jour » et cela sans sombrer dans la dépression totale.

       Vive les places, désormais multiples, où l’on append tout sur les actualité. Il y a eu assez d’époques quand l’on dissimulait les réalités aux peuples, à ces masses indignes, n’est-ce pas de tout savoir, jauger, analyser. Assez de ces temps anciens où les nouvelles étaient cachées, censurées, réservés seulement aux aristocrates et autres décideurs, potentats, seuls détenteurs du bon jugement. La démocratie exige le dévoilement des actes de ceux qui règnent, avec des moyens énormes, ou qui nous gouvernent, élus aimés ou, au contraire, regrettés. Ceux aussi qui nous exploitent sans vergogne ! La seule affaire à craindre est le silence imposé (salut pauvre Afrique !) par des potentats, des tyrans, des despotes maléfiques. Et la puissance étonnante de certains proprios de médias qui, mauvais citoyens, très capables de camoufler les horreurs perpétrés. Non, l’homme n’est pas un animal inquiet, cher Mario, l’homme est un être qui tend à la lumière.               

              

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Poing-comme-net, Tout | 19 juillet 2008

« LET IT BE »…

  Le Québec est situé loin de la France mais tout est relatif. En 2008, la planète se rapetisse. La vitesse par ordinateur. La France, mère-patrie, c’est juste six heures en avion. Je m’approche lentement d’un Paul McCartney qui est venu de Londres pour chanter en anglais sur les Plaines. Là où se célèbre la [...]

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Tout | 14 juillet 2008

AMOURS D’UN GOÉLAND ET D’UNE BERNACHE

Vous avez vu au petit écran ces drôles de cigales rongeuses d’hêtres. Ouash ! Et, toujours à la télé, ces larves verdâtres écoeurantes dévoreuses de récoltes ? Re-ouash ! Ma Raymonde : « Tu vois ça ? Cesse un peu de louanger le monde des bibites, il y en a d’indignes. » Quoi, me rabattre sur le règne minéral ? Je collectionne de jolis galets, « mes chères pierres chanceuses », mais de là à en faire de grands éloges, cela qui ne remue jamais. Elles, les bipites bougent.

Matin de brume, ce jeudi au ciel mat et nos collines laurentiennes sont toutes enveloppées d’une très pâle ouate. Rideaux diaphanes, sorte d’entoilage, l’ouvrage d’un Christo. Midi s’amène et le paysage est vite dégagé de ses tentures romantiques. À l’eau canard ? Oui. De mon rivage, je tend l’oreille : Marc Labrèche ? Où se cache-t-il ? Je parle de son laideron favori, la célèbre grimaçante grenouille, Yolande.

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Tout | 8 juillet 2008

LE CAS D’UN «  ADÉLIGATOR » ?

Il y a des limites. J’ai parlé de l’ours-du-Sommet-Bleu, sorte de yéti, des chevreuils en dévoreurs de haies de cèdres. De l’orignal-aux-pommettes chez Jodoin. J’ai narré mes bêtes rôdeuses, racoons, moufettes, rats musqués et marmotte- Donalda sous la galerie; il y a couple désormais, sachez-le. Vous savez mon bouffon Jambe-de-bois la queue en [...]

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Tout | 3 juillet 2008

Ô ANIMAUX !

C’est vraiment l’été. Le temps donc des animaux en plus grande visibilité. Ainsi, certains des canards migrants nagent encore sur le lac. Ils n’iront pas plus loin donc et pas plus au nord ? Ma voisine Savard -madame-docteur hilare- me raconte ses marmottes à elle -là où jadis La Chaumière régnait avec raison et mérites. [...]

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Lettres ouvertes, Poing-comme-net, Tout | 30 juin 2008

DEUX GRAVES CONNERIES

La première ? Les (perpétuelles) excuses envers nos indigènes. Peu pour moi. Et vous ? On a pas à s’excuser, gens de 2008, pour des cochonneries commises jadis, par des gens en place, de pouvoir, et très stupides. Pour des saloperies commises il y a des centaines d’années ou… il y a 50 ans.  Point [...]

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Poing-comme-net, Souvenirs, Tout | 23 juin 2008

JE VOULAIS VOIR LA MER

C’est fou. Une obligation que l’on se fait à soi-même : voir la mer quelques jours, l’été retrouvé. Comme le pieux mahométan à son pèlerinage, j’éprouve dès juin venu, le besoin lancinant de voir la mer. Oui, comme le musulman ira à la Mecque pour prier. J’avais 27 ans pourtant quand je pus voir un rivage océanique pour la première fois de ma vie. 1958, c’était au Cap Cod avant que Provincetown ne se transforme en « mecque-exclusive-pour-homos ».

Juin s’en allait donc et je sifflotais : « je voudrais voir la mer », comme dans la chanson populaire. J’en arrive. Lundi, sortant de Concord et puis de la 95-north, je l’ai revue au carrefour d’Ogunquit, sur Beach Road. Heureux, je me suis assis sous les auvents, là où tournoient des faux-tramways. Ô la belle beauté ! Envie de marmonner le Charles Trénet : « La mer, bergère d’azur infini… »

Avec son pâle fin sable tapé sur des centaines de pieds à marée basse, ses blancs oiseaux à la douzaine, comme toujours, j’en aime encore et encore le fascinant chuintement, répétitivité hallucinante, ses vastes eaux qui roulent depuis les débuts du monde, ses moutons frisés, collets fougueux dévorant la rive. Ce ciel violet et puis mauve au fond de l’horizon, en son milieu, les variétés de verts sur lesquels s’amusent des surfers et où « surlignent » à l’horizon quelques véliplanchistes, plus au large, de rares blancs yachts.

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Portraits, Requiems, DEVOIR DE MÉMOIRE, Souvenirs, Tout | 18 juin 2008

CE CHEMIN PIERRE-PÉLADEAU ?

Je vois son nom désormais, il a un chemin à son nom. Parler souvent de quelqu’un qui est mort c’est le faire revivre sans cesse. Roulant sur la 117 vers Saint-Jérôme, notre capitale (régionale), je vois des tentes, des ballons. Je songe aussitôt au gros party annuel de l’adélois Pierre Péladeau. Fête géante en été, qu’il aimait organiser pour « son monde ». Que de belles et bonnes heures passées là, au bord de la rivière, invité car « ancien » rédacteur. Comme René Lévesque, Marcel Dubé ou Bourgault etc.

Quand je lui dis à un de ces fameux pow-wows : « Pierre, vous ne craignez pas la construction de blocs de condos sur votre rivage d’en face ? Il rigole : « Non, aucun danger, j’ai pris des options sur tous les terrains de cette rive ! » J’entends encore l’éclat de ses rires, sorte de gloussements à l’étouffé, le rire des timides ?, en tous cas gargantuesques ! Je m’ennuie du bonhomme. Un sacré bonhomme.

J’ai connu ce diable d’homme, culotté courageux, affairiste audacieux, et malin. Rare chez les nôtres, un entreprenant sans vergogne, c’était au temps fou de la Crise d’octobre en 1970. Je me cherchais de l’espace pour chroniquer. Ayant quitté La Presse (1967), ensuite voyant agoniser Québec-Presse (1969) (les syndicats n’y croyaient, diminuaient le financement) et puis le Sept-Jours (1970),celui de Bernard Turcot, au bord de la faillite aussi, je souhaitais « le grand public ». Donc je visais le jeune quotidien de Pierre Péladeau.

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Lettres ouvertes, Poing-comme-net, Tout | 11 juin 2008

DE LA SÉDUCTION SEXUELLE

Des féministes bornées -et autres énervés des deux genres- parlent ces temps-ci d’une théorie (!) néfaste : la séduction juvénile chez des adolescentes. Allons, il ne s’agit pas d’une théorie, il s’agit d’un vieux besoin, d’un instinct : attirer, séduire le mâle. Cela vient du fond des âges, des débuts des civilisations. C’est tout entendu, ce très antique instinct a mué. Oh oui ! Les temps modernes y ont mis bien du piquant. Les temps actuels connaissent même du dérapage. Des exagérations qui offusquent les gens de bon sens. On n’a pas tort de mettre en garde de jeunes fillettes déguisées bien tôt en aguicheuses de garçons.

Il y a le monde du commerce aux attrayants colifichets variées qui collabore, Qui contribue volontiers, il y va de son intérêt financier, aux pétaradantes modes en cours. Reste que « plaire », « séduire » sont des besoins fondamentaux. On perdrait son temps à souhaiter le retour de la retenue d’antan, de la modestie, du bon goût, de l’intelligence. Notre époque veut confondre « sex appeal » et appâts de jeunes « grues ». Les allures de putes amusent une couche de la population, la plus fragile, la moins instruite et, conséquence, la plus vulnérable. On verra donc de ces très jeunes filles soumises aux commandements folichons d’une séduction vulgaire. Clinquante. Se transformer en simples « objets » à collectionner, à « user » vite fait. Plus tard, on les entendra, vieillies, solitaires, se lamenter : « Pas d’amour, jamais, nulle part ! »

Nos joyeux jeunes drilles de 2008 auront 50 ans un jour et il y aura « le retour du réel ». Inévitable. Pour avoir voulu vider la sexualité de tout sentiment, de la moindre émotion humaine, ce sera un goût de cendres aux bouches siliconées ridées, la défaite et l’échec regretté. Des cendrillons anciennes aux maquillages défaits pourront pleurer, il sera tard. Trop. Les humains doivent rester des humains. Jouer la bestialité, l’arrogance des unions d’un seul soir -sacrifice consenti aux dieux de la consommation- juste des frictions d’organes en chaleur… c’est se mépriser.

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LES BELLES HISTOIRES LAURENTIENNES, Poing-comme-net, Tout | 10 juin 2008

SAINTE-ADÈLE, VILLAGE DU PÉCHÉ ?

J’ÉCOUTE JASER LES GENS QUI ATTENDENT COMME MOI LES VENTES « DES DEVOIRS CULINAIRES ». ON S’INQUIÈTE : « ENCORE DES CHARS DE POLICE DANS NOTRE RUE ».

À les écouter ce n’est pas la première visite de nos constables en voiture au Sommet Bleu. À les entendre, il y a « du monde bien louche » dans leurs parages. Comme toujours, je lis. Ne capte que des bribes des conversations, assez pour saisir qu’il ne se passe jamais beaucoup de temps entre une arrivée des policiers et… une autre ! Comme tant de gens d’ici, j’ai déjà entendu la rumeur publique : « L’ancien village de Séraphin Poudrier est devenu une place-de-pègre ».

Hon ! Inflation verbale ? Comme on dit : « théorie de complot » ? Un loustic m’énumérant un lot de commerces : « Tout ça, mon cher, c’est la propriété d’une « famille de bandits » originaire de Saint-Henri ! » Ouen ! Tu me dis pas, chose ? Un hurluberlu en rajoute : « Si tu questionnes en haut lieu, tu sauras que la place icitte est infestée de dealers de drogues. Tu as bien vu, récemment, ces deux importantes descentes de police ? »

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